Calvaire, une agression homophobe qui tourne (très) mal

Calvaire, de Elhadji Malick Ndong Mbaye

Elhadji Malick Ndong Mbaye vient de publier un roman captivant à propos d’un crime homophobe ignoble qui se déroule au cœur d’une cité. Le style est maîtrisé et le sujet décrit de manière objective, sans condescendance, ni larmoiement. Le texte exploite habilement la double peine, pour un sénégalais, d’être soudain exposé sous le spectre de l’homosexualité, alors que ce pays condamne encore les gays à la prison.

 

Culture Gay : Vous signez un roman autour d’un groupe de jeunes désoeuvrés vivant dans une cité. Dans un élan supposé héroïque, ils décident de bannir les dealers et les homosexuels du quartier. Cette expédition punitive se termine en viol collectif cruel sur un jeune homme gay. Les protagonistes se font arrêter et c’est le début de la prise de conscience, le retour à la réalité. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

 

Elhadji Malick Ndong Mbaye : D’abord pour l’époque. Je crois que nous vivons dans une époque où la question de l’homosexualité est abondamment abordée. Pas hélas pour ce qu’elle représente, c’est-à-dire une nature humaine inviolable, mais pour ce qu’elle peut malheureusement encore provoquer en matière de réaction violente chez une partie de la population mondiale. Je dirais donc que c’est l’époque avant tout qui le demande. 

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Culture Gay bannie de Facebook

Après de très nombreux blocages, l’équipe de Culture Gay a décidé de ne plus s’investir dans le réseau social Facebook. Notre communauté de 100.000 doit désormais nous rejoindre sur Twitter pour continuer l’aventure.

En octobre et en novembre 2019, la page Facebook a été bloquée en permanence par le réseau social (voir nos autres articles à ce sujet). Les motifs répétés sont toujours fallacieux… Lire la suite…

Interview : Djalil Djezzar, victime d’inceste dans un milieu maghrébin musulman

 

Djalil Djezzar propose une autobiographie bouleversante dans laquelle il livre les abus sexuels dont il a été victime de la part de son père. Grâce à son bon sens, son intelligence, sa ténacité et son ouverture d’esprit, Djalil va franchir d’innombrables embûches, jusqu’à transformer un destin abîmé en une formidable aventure humaine. Le Salon Marocain a reçu le Prix Découverte du roman Gay 2019.

 

Culture Gay : Dans la préface de votre autobiographie vous prévenez que votre témoignage pourra en aider certains et leur donner de l’espoir. Qu’est-ce qui vous a davantage motivé dans cette aventure, aider les autres ou plutôt poser des mots sur vos souffrances passées ?

Djalil Djezzar : Aux Etats-Unis, j’étais loin de ma famille de coeur, seul. Je m’interrogeais sur le sens de ma vie. J’ai pris conscience que dans mon passé, je n’avais vécu égoïstement que pour ma carrière professionnelle afin de m’extraire de ma situation familiale et me construire un meilleur avenir. Etait ce que je voulais laisser dans ce monde? Qu’avais je fait pour apporter ma contribution sur Terre? Qu’allais je laisser comme héritage pour aider d’autres dans le besoin. J’ai aiguisé ma plume et j’ai commencé à me confier sur un bout de papier. Je souhaitais faire de ma vie un témoignage et donner du courage aux femmes battues et soumises, aux victimes et témoins d’attouchements pour qu’ils brisent le silence sur les pratiques parentales incestueuses dans la communauté maghrébine et musulmane.

 

Culture Gay : Lorsque vous révélez à votre mère que votre père abuse de vous, votre père vous déclare qu’il préférerait vous voir mort. Comment survit-on à une telle violence quand on est encore qu’un enfant ?

Djalil Djezzar : Face à la réponse apportée par ma mère lors ma révélation “ce n’est rien ce n’est qu’un jeu”, j’ai décidé d’intégrer sa réponse. Elle devait avoir raison. Elle était l’adulte, j’étais l’enfant. Je ne pouvais que m’en remettre à sa parole. Qui étais-je pour mettre en doute la parole de ma mère?

Paradoxalement, les gestes et les attentions de ma mère m’ont apporté l’amour nécessaire pour rester en vie et faire de mes rêves une réalité. J’ai appris à faire du silence mon allié et à accueillir différemment les mots et insultes de mon père.

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Sève brute, orgasmes jubilatoires

Sève brute surprend par son style littéraire parfaitement maîtrisé. C’est la première nouvelle qui scotche le lecteur grâce à des descriptions érotiques recherchées, toujours justes et incroyablement efficaces. Bruno Ay emporte le lecteur à haute vitesse sur une route où la testostérone est le moteur de toutes les envies, la justification de tous les excès.

 

Sève brute, le roman brûlant de Bruno Ay

Culture Gay : Bonjour Bruno Ay, vous publiez « Sève brute » aux Éditions Textes Gais. Pouvez-vous nous en dire un peu plus à votre sujet et nous raconter la genèse de votre premier ouvrage ?

Bruno Ay : Au tout début, c’était l’envie d’écrire des textes courts autour de fantasmes strictement érotiques. L’envie d’aborder de front des situations très sexuées, de trouver ma propre manière d’écrire sur ce thème-là. C’est un sujet qui m’a toujours paru au moins aussi intéressant que d’autres en tant que lecteur. Je trouve même que c’est, en soi, un beau matériau littéraire. J’avais envie de m’y essayer.

Puis je me suis attaché à certains personnages. J’ai éprouvé le besoin de les étoffer, de les rendre un peu moins “mécaniques”, moins strictement porno ; puis de les entrecroiser d’un récit à l’autre pour ne pas les perdre de vue complètement, et donner cet aspect choral dans la dernière partie. 

Et peu à peu, j’ai décidé de ne rien m’interdire. J’ai voulu qu’il y ait du fantastique, des vampires, un côté polar, Éros et Thanatos à la fois. Et de l’humour, si possible. Je voulais que ce soit léger, plutôt enjoué, j’y tenais beaucoup. Personnellement je trouve que l’érotisme et l’humour ne sont pas forcément incompatibles. Certains films pornos gay le prouvent, parfois même avec un brio qui m’épate.

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Culture Gay bloquée à cause de la vidéo d’un étudiant en esthétique !

Culture Gay, trois blocages en un mois.

Alors que la page Facebook Culture Gay a déjà été bloquée 2 fois en l’espace de 15 jours, nous recevons aujourd’hui ce mail du réseau social qui nous informe que la page est de nouveau bloquée 6 jours de plus, jusqu’au 13 novembre 2019. Nous sommes extrêmement surpris, sachant que nous n’avons même pas pu publier de nouveau post… 

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Culture Gay, 100.000 fans à nouveaux bloqués

La page Culture Gay (100.000 fans), déjà bloquée 7 jours, il y a quinze jours, a de nouveau été bloquée une semaine par Facebook, sans aucune information précise motivant cette décision. Il est à déplorer que Facebook fasse la chasse aux contenus gays, alors que les contenus homophobes, racistes, machos, religieux, haineux, ont toujours leur place sur ce réseau social. Nous invitons les membres de nos groupes à poursuivre l’aventure sur Twitter, beaucoup plus tolérant, @culturegay1

S’aimer sans être jugés

Les sacrés Bons Dieux de Jean-Marc-Brière

Sacrés bons dieux de Jean-Marc Brière

Les romans de Jean-Marc Brière jalonnent les bibliothèques numériques comme de délicieuses pâtisseries dans la devanture d’un salon de thé. Tout le monde adore ce littéraire dont la plume précise glisse souvent dans l’érotisme le plus exacerbé. Mais on sait peu de choses de l’homme derrière ses livres. Il a accepté notre interview.

 

Culture Gay : Bonjour Jean-Marc Brière, pourriez-vous lever le voile sur qui vous êtes dans la vie ? (Où vivez-vous, quels sont vos auteurs favoris, que faites-vous dans la vie, quelles sont vos passions ?)

Jean-Marc Brière : Je vis en Angoumois (Angoulême). Je vis de mes rentes après environ 34 ans de travail acharné (pas que…) et une vie mouvementée mais pas trop dissipée au cours de laquelle j’ai connu le bonheur auprès d’un homme (aujourd’hui décédé) pendant 33 ans. Enfant oublié par sa famille, j’ai vécu en pension jusqu’à l’âge de 18 ans. Serveur de restaurants, j’ai suivi des cours de droit pour devenir conseiller juridique et fiscal puis expert comptable. Exclusivement gay depuis toujours, je m’en suis trouvé très heureux. J’estime que parler de sexe est aussi normal que de parler de son boulot.

J’adore lire, la musique Classique ou non, visiter des musées, voir des spectacles mais surtout errer dans des régions ou des pays que je ne connais pas.

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