Calvaire, une agression homophobe qui tourne (très) mal

Calvaire, de Elhadji Malick Ndong Mbaye

Elhadji Malick Ndong Mbaye vient de publier un roman captivant à propos d’un crime homophobe ignoble qui se déroule au cœur d’une cité. Le style est maîtrisé et le sujet décrit de manière objective, sans condescendance, ni larmoiement. Le texte exploite habilement la double peine, pour un sénégalais, d’être soudain exposé sous le spectre de l’homosexualité, alors que ce pays condamne encore les gays à la prison.

 

Culture Gay : Vous signez un roman autour d’un groupe de jeunes désoeuvrés vivant dans une cité. Dans un élan supposé héroïque, ils décident de bannir les dealers et les homosexuels du quartier. Cette expédition punitive se termine en viol collectif cruel sur un jeune homme gay. Les protagonistes se font arrêter et c’est le début de la prise de conscience, le retour à la réalité. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

 

Elhadji Malick Ndong Mbaye : D’abord pour l’époque. Je crois que nous vivons dans une époque où la question de l’homosexualité est abondamment abordée. Pas hélas pour ce qu’elle représente, c’est-à-dire une nature humaine inviolable, mais pour ce qu’elle peut malheureusement encore provoquer en matière de réaction violente chez une partie de la population mondiale. Je dirais donc que c’est l’époque avant tout qui le demande. 

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Ce que j’ai subi est et restera impardonnable, David Vigrid

Après notre chronique à propos de “Des trucs de grands”, excellente biographie romancée de David Vigrid, l’éditeur nous a permis d’entrer en contact avec cet auteur qui nous a ému et tant donné envie d’en savoir plus.

Culture Gay : Vous signez un livre-confessions magnifique dans lequel vous dénoncez les abus sexuels dont vous avez été victime de 6 ans à 14 ans. Qu’est-ce qui vous a décidé à vous livrer dans un texte, plutôt que d’en parler à quelqu’un ? Avez-vous envoyé un exemplaire de votre texte à Tom, votre agresseur ?

Premièrement, encore merci pour votre post sur votre site. Ecrire, dessiner, peindre ont toujours été des médias plus simples et plus sibyllin pour moi que de me livrer oralement. Comme je le dit à plusieurs reprises dans mon roman : mon histoire, ma peine, ma souffrance… Ma façon de vivre avec et d’avancer, de positiver. Et non, contrairement à mon alter ego de papier, je n’ai plus jamais revu « Tom ». J’ai tenté de le chercher mais sans succès et sans réelle envie non plus, je dois en convenir, de le retrouver.

Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais
Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais

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