Homoparentalité : Pour certains, nous sommes des phénomènes de foires

Cécilia : Pour certains, nous sommes comme des phénomènes de foires

Cécilia se décrit ainsi : “Je suis assez compliquée, car je suis hétéro (j’ai 3 enfants), en couple avec une jolie demoiselle depuis presque 11 ans (mais pas lesbienne, ni bi) et j’ai un faible pour les homosexuels depuis toujours. Je les trouve tellement beaux !!! Je me suis toujours dit que j’étais attirée parce qu’ils sont sans doutes inaccessibles…”

 

Culture Gay : Bonjour Cécilia, vous vivez avec une femme et vous avez des enfants ?

Cécilia : J’ai rencontré ma compagne chez des amis communs. On ne parlait pas plus que ça à l’époque. Et puis un jour on s’est croisée dans la rue et elle m’a vue dans un état de désarroi. Et depuis, c’est devenue mon ange gardien. Elle s’est occupée de nous alors que nous n’étions qu’amies. Un rapprochement si fort ! Notre amitié a duré 7 mois durant lesquels ne nous faisions plus rien l’une sans l’autre. On s’appelait plusieurs fois par jour. Elle habitait encore chez sa mère et ne rentrait plus chez elle. Après le travail elle venait directement chez moi. J’étais en couple à l’époque avec un homme et c’était assez compliqué. Elle a même assisté à l’accouchement de mon dernier. Et puis le rapprochement était de plus en plus fort jusqu’au soir ou nous nous sommes vraiment aimées.

 

Culture Gay : Vous n’avez donc aucune relation sexuelle ou affectives ?

Cécilia : Non, c’était une première pour moi.

 

Culture Gay : Votre amie est lesbienne ou bien, comme vous, elle se contente de cette amitié fusionnelle ?

Cécilia :  Elle avait un petit copain, à l’époque. Mais plusieurs membre de sa famille m’ont dit qu’ils ne l’avait jamais vu avec quelqu’un.

 

Culture Gay : Vous formez une famille originale. Deux filles hétéros qui s’aiment et qui élèvent des enfants. Quel regard portent sur vous vos vos amis, famille, collègues ou voisins ?

Cécilia : Ça dépend. Je ne parle pas de ma vie personnelle au travail, car je travaille avec des personnes âgées. La plupart des anciens sont homophobes. J’ai déjà vécu une mauvaise expérience professionnelle en racontant ma vie. Ça m’a coûté une dépression et un arrêt de travail de 9 mois. Pour certains, nous sommes comme des phénomènes de foires. Pour d’autres, ils kifferaient de se glisser entre nous deux. Sinon en général, ça va. Mais on ne leur laisse pas le choix de toute façon !

 

Culture Gay : Vous êtes mère d’un ou plusieurs enfants. Comment se passe leur relation avec votre conjointe ?

Cécilia : Oui, à l’époque de notre rencontre  ils l’avait 6 ans, 3 ans et le dernier allait naître. Ma compagne joue plus qu’un rôle de belle mère. Ils l’appellent “Tata” parfois “Mamou” et “marraine” pour un de mes garçons. Pour elle ce sont les siens. Elle fait leur éducation et leur donne autant d’amour que si elle était leur propre maman.

 

Culture Gay : Comment vos enfants perçoivent votre relation ? Est-ce qu’ils ont déjà montré une gène vis-à-vis de leurs camarades d’écoles ou subi des pressions à cause de cela ?

Cécilia : Non pas vraiment. Il faut dire qu’on reste discrètes, car les enfants sont méchants entre eux. On est dans notre petit cocon. Mais les écoles savent très bien que nous sommes en couples. Et pour les enfants tout ce qui compte c’est que nous soyons une famille unie.

 

Culture Gay : On sait que les adultes sont cruels entre eux, mais toujours moins que des adultes comme Christine Boutin, Frigide Barjot, Ludovine de La Rochère, Laurent Wauquiez, qui ont eut des propos terribles envers les enfants de couples homosexuels. Comment vivent-ils cette forme de ségrégation dont ils sont la cible dans les médias ?

Cécilia : Ben on en parle pas vraiment. Nous sommes catholiques malgré le rejet des autres croyants. Les enfants et nous savons bien que seul Dieu peut nous juger. Si notre relation est un péché pour les catholiques, nous savons bien que Dieu n’est qu’amour.

 

Culture Gay : Au niveau de l’éducation, est-ce que les enfants sont mieux cadrés, sachant qu’ils ont deux mamans ? Ne manquent-ils pas une présence masculine à la maison pour tempérer les caractères féminins ?

Cécilia : Je sens bien que leur papa leur manque. Mais c’est son choix à lui. Leur vrai exemple masculin était mon papa à moi. Il nous a quitté il y a presque 3 ans. Ma femme est l’autorité et moi je suis un peu plus laxiste…

 

Culture Gay : Si l’un de vos enfants vous annonçait qu’il était gay, qu’elle serait votre réaction ?

Cécilia : Je serais triste qu’ils aient à affronter ce que nous surmontons au quotidien mais tellement heureuse qu’il se sentent aimés ! Peut importe leur choix je serai avec eux car je les aime et j’aimerai aussi leur futur(e)s conjoint(e)s.

 

Culture Gay : Merci beaucoup !

Cécilia : Tout le plaisir était pour moi je vous souhaite une bonne continuation !

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Homoparentalité : Nos enfants sont plus libres que ceux des couples hétéros

Julien a décidé d’assumer son homosexualité et de refaire sa vie à l’âge de 30 ans.

Julien et son mari ont d’abord été mariés pendant plusieurs années avec des femmes avant de se rencontrer. C’est seulement à l’âge de 30 ans que Julien a réalisé qu’il était vraiment homosexuel. Au beau milieu de la nuit, il a senti une forme de rejet qui l’a conduit à penser que ce n’était plus possible de rester avec sa femme. Il vit désormais dans les environs de Lille avec son mari et ses trois enfants..

 

Culture Gay : Bonjour Julien, comment s’est déroulée votre transition avec vos enfants ?

Julien : Nos trois filles étaient jeunes lorsque je me suis installé avec mon mari. Elles ont toutes les trois deux ans de différence (14, 16 et 18 ans lors de notre mariage) et elles  étaient ravies de notre union, surtout d’être nos demoiselles d’honneur !

 

Culture Gay : Elles étaient également en pleine adolescence, à l’âge où on cherche des repères par rapport aux garçons…

Julien : On les a toujours protégé. On ne cotoie pas trop le milieu gay, même si nous avons des amis homos et hétéros. Elles ont reçu une éducation ouverte. Nos filles ont eu une période où elles se sont cherchées à travers des aventures avec d’autres filles. Évidemment, nous ne sommes pas intervenus. Mais nous les avons jamais influencé vers l’homosexualité ou l’hétérosexualité. Elles ont fait leur choix. Nous aurions aussi bien accepté l’un que l’autre. Elles sont peut-être plus libres que les enfants de couples traditionnels. Elles n’ont pas de tabou, car elles savent qu’elles peuvent parler de tout avec nous. Nous n’étions pas très démonstratifs devant elles. Mais nous ne nous cachions pas. Lorsque nous avions envie de nous embrasser ou autre, nous le faisions. Nous voulions également leur inculquer que si nous nous étions séparés de leurs mamans, nous vivions désormais une nouvelle histoire d’amour dans laquelle nos enfants avaient toute leur place.

 

Culture Gay : Vos filles ont-elles jamais abordé le thème général de l’homosexualité avec vous ?

Julien : Elles n’ont pas besoin d’en parler parce qu’elles comprennent qui nous sommes. Elles n’ont pas le regard homophobe que peuvent porter certains jeunes d’aujourd’hui (pas tous). Les gens sont souvent surpris quand ils savent que nous sommes gays, en couple, avec des enfants. Pour certains, l’homoparentalité, c’est encore la cage aux folles. Pour nos filles notre couple est normal et stable depuis 14 ans, avec beaucoup d’amour. Elles ne nous voient pas comme un couple gay, mais comme un couple, tout simplement.

 

Culture Gay : Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui sont en couple depuis six mois et qui rêvent de fonder une famille ?

Julien : Il faut qu’ils aient une relation très forte, car un enfant c’est pour la vie. Je pense qu’à vingt ans on est un peu trop jeune, il faut être mature, soi-même, car c’est beaucoup de responsabilités. Mais quand la confiance est là, mon conseil c’est de foncer et de tout faire pour en avoir ! Je me rends compte que j’ai beaucoup de chance avec nos trois filles. En France, nous avons tout de même la chance de pouvoir vivre notre vie. S’ils forment un couple stable et qu’ils ont les moyens, il faut se lancer. Pour moi, un enfant c’est très important pour un couple gay. Si je n’en avais pas, je pense que cela m’aurait manqué. Cela permettra au couple d’avoir un lien avec la jeunesse d’aujourd’hui. J’ai passé une première partie de ma vie à faire des efforts. Passé trente ans, on a envie d’être soi-même. Et aujourd’hui, je peux le dire, je suis libre et très heureux avec mon mari et nos trois enfants.

 

Culture Gay : Merci beaucoup !

Julien : Merci à vous !

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Mes parents m’interdisent de voir mon copain

Alexandre, 15 ans : Mes parents m’interdisent de voir mon copain

Âgé de 15 ans, Alexandre a appelé Culture Gay à l’aide, car ses parents lui ont interdit de voir son copain de 17 ans. Il a accepté de témoigner pour nous.

 

Culture Gay : Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Alexandre : Bonjour. J’ai 15 ans. J’ai deux sœur 12 ans et 18 ans et mais parents sont toujours ensemble. Il a un peu plus d’un an je me suis rendu compte que j’étais attiré par des garçons et que les filles ne m’attiraient plus du tout.

 

Culture Gay : Tu étais seulement attiré par les garçons ou tu en fréquentais déjà ?

Alexandre : Non. J’étais en couple avec mon premier copain qui a 17 ans avec qui j’avais des relations.

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La route de la dune de David Mansac

« La route de la dune » de David Mansac

« La route de la dune » de David Mansac

Résumé du roman : Après la fin de ses études, Dylan, vingt et un ans, décide de reprendre le snack-bar hérité de son grand-père sur la côte Atlantique. Les souvenirs d’enfance vont et viennent dans sa tête, les campings, les forêts de pins et les plages interminables, mais aussi la dune qu’il voyait depuis la fenêtre de sa chambre, et derrière elle l’océan qu’il devinait. Fuyant des parents hostiles à son désir d’indépendance, Dylan a les coudées franches et peut compter sur ses amis Esther et Erwan pour venir l’aider à faire quelques travaux avant l’ouverture. Dès son arrivée, il se sent chez lui et à sa place, avec Marguerite la gentille voisine et Tibère le chien affectueux. Son avenir est là, pour lui c’est certain, il est si fier de son snack face à la dune. Mais son courage et la fidélité de ses amis ne sont pas toujours suffisants pour dépasser et affronter ses parents qui ont le don de toujours piquer là où ça fait mal. En trouvant un jour une lampe qui ressemble à celle du génie, Dylan fait un vœu pour plaisanter : que tous ses fantasmes se réalisent. N’aurait-il pas jeté son dévolu sur Alex, le beau campeur tatoué ? Et si au bout de la route l’amour prenait le dessus ? Mais ce n’est pas si simple…

David Mansac signe avec La route de la dune un roman où les personnages attachants donnent envie de croire que la liberté vaut bien qu’on la désire.

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