Homophobie dans Nice-Matin « Nous avons été choqués par tant de haine et d’ignorance »

Suite à un article dans Nice-Matin annonçant leur mariage, un couple gay a été la cible de commentaires homophobes sur le site internet du journal. La rédaction de Nice-Matin, indignée par les propos haineux, homophobes, racistes, etc, de ses lecteurs avait décidé de publier certains d’entre eux.

 

Culture Gay : Bonjour Vincent. D’abord recevez tout le soutien de toute la communauté de Culture Gay. Comment avez-vous appris que vous étiez la cible de commentaires homophobes sur le site du journal Nice-Matin ?

Vincent : Nous vous remercions pour votre soutien. Nous nous sommes mariés le 27 juillet et nos amis nous ont informé de la publication de commentaires ignobles à caractère homophobe sur le site en ligne du journal Nice matin. Ce journal a pour tradition de prendre les photos des mariés du week end et de les féliciter. Nous avons été informés dès le lundi. Ce sont nos proches qui nous ont alerté. Nous étions encore dans le tourbillon de l’émotion du mariage. C’était le plus beau jour de notre vie. Cette nouvelle n’a pas entaché notre bonheur. Elle le renforce.

 

Culture Gay : Certains commentaires vous ont-ils blessés ?

Vincent : Nous avons été choqués et surpris par tant de haine et d’ignorance…

 

Culture Gay : En s’insurgeant contre tous ces homophobes qui vous attaquaient, Nice-Matin vous a encore plus mis en avant et cette affaire a eu un retentissement national. Avez-vous été davantage soutenus, à ce moment-là ?

Vincent : Nous n’en faisons pas un combat personnel. Nous nous insurgeons contre l’homophobie car elle n’est pas une opinion mais un délit. De même l’injure rendue publique ne doit pas rester impunie. Nous avons reçu d’innombrables soutiens de citoyens, monsieur Estrosi, le Maire de Nice nous a appelé personnellement. Mme la Députée Laëtitia Avia nous a écrit par mail. Nous avons été soutenus par le centre lgbt de Nice et l’association Stop Homophobie. Nous sommes très touchés par tout ça

 

Culture gay : Lors de votre dépôt de plainte, est-ce que les policiers ont été sympathiques, compréhensifs ?

Vincent : Nous sommes accompagnés par un avocat et c’est lui même qui a déposé notre plainte

 

Culture gay : D’une façon générale, recommandez-vous aux LGBT+ de suivre votre chemin et de porter plainte dès qu’ils sont insultés, harcelés, sur les réseaux sociaux ou dans la vie de tous les jours ?

Vincent : Nos démarches sont justes. Il faut que cela cesse. Ces insultes sont inadmissibles. Elles blessent dans la rue mais aussi sur Internet. Nous sommes posés et sereins. Nous avons un regard distancié par rapport à tout cela. Mais imaginons que ces insultes soient dirigées contre des personnes plus fragiles , des ados notamment… elles peuvent avoir des conséquences dramatiques

 

Culture gay : Merci beaucoup. N’hésitez pas à revenir vers nous si vous avez du nouveau. 

Vincent : C’est bien nous qui vous remercions de votre soutien et de votre écoute et suivi. Merci pour tout.

Viré de chez mes parents le jour de mon coming out

Nolan a été expulsé de chez ses parents à 18 ans, le jour de son anniversaire.

Culture Gay : Salut Nolan, ton coming out a viré au drame. Peux-tu nous dire quel âge tu avais et comment tu t’étais préparé à cet évènement ?

Nolan : C’était début janvier, le jour de mon anniversaire, pour mes 18 ans. À l’époque je n’avais pas de petit copain, mais je savais que j’étais gay. J’en avais marre de vivre caché. J’ai pensé que ça me libérerait et que ce serait mieux au niveau de mes amis et de mes proches. J’ai profité du fait que toute la famille soit réunie pour faire mon annonce. Je n’avais aucune idée de comment ça allait se passer. Comme tous les ans, nous avons fait un grand repas. J’ai ensuite soufflé les bougies sur mon gâteau. Les gens sont arrivés avec des cadeaux et j’ai rassemblé tout mon courage pour annoncer à tout le monde que j’étais gay.

 

Culture Gay : Comment tes proches ont-ils réagi ?

Nolan : C’était le drame ! Ma mère a éclaté en sanglots et mon père a dit devant tout le monde “Prends la porte ! Tu n’es plus notre fils !” J’étais désemparé. Je ne savais plus quoi faire. Sous la pression de mon père, je suis sorti dans la rue, sans savoir où aller. Heureusement, mes grands-parents m’ont couru après. Ils ont été formidables, immédiatement. Ils m’ont dit “va chercher tes affaires, tu vas venir à la maison”. Quand je suis revenu, il y avait tout mes cadeaux. Je n’en ai ouvert aucun, sauf celui de mes grands-parents.

 

Culture Gay : Les autres membres de ta famille ne t’ont pas défendu ?

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Théâtre : Un Cœur Sauvage

Casting de Un Cœur Sauvage, Douglas Lemenu, Léa Malassenet et Thomas Violleau

Culture Gay : « Un Cœur Sauvage » revient au théâtre pour 4 mois de représentations au Théâtre Le Funambule – Montmartre. Après presque 15 ans de représentations peut-on parler d’un grand succès ?

Douglas Lemenu : Je ne sais pas si on peut parler de grand succès mais cette pièce qui est le premier volet de la trilogie (Un Cœur en Herbe et Un Cœur de Père sont les volets suivants) écrite par Christophe Botti, est la pièce la plus mise en scène depuis sa création en 2005. Nous sommes heureux de la jouer pendant 4 mois dans le 18ème ! C’est une pièce encore tellement utile aujourd’hui… Nous nous réjouissons déjà de partir jouer les 7, 8 et 9 à Bordeaux au Théâtre La Lucarne.

C’est une pièce qui ne doit pas être pensée comme une nécessité d’être uniquement jouée à Paris et pour laquelle le fait d’être jouée en terrain conquis, à la capitale, serait une fin en soi. Elle doit vivre sur l’ensemble du territoire national. Nous nous attelons tous les jours avec notre chargé de diffusion à organiser des représentations dans des collèges, des lycées, des municipalités !

Culture Gay : La pièce met en scène des adolescents confrontés à la sexualité, à la difficulté de s’accepter en tant que gay et du suicide chez les jeunes. Comment « Un Cœur Sauvage » est-elle perçue par les nombreux lycéens qui viennent la voir ?

Douglas Lemenu : C’est la force de cette pièce et c’est pour cela qu’elle est reprise depuis 14 ans maintenant. Les questions qu’elle soulève, les sujets traités sont intemporels et universels.

J’aime l’intelligence de cette pièce dans sa construction. Tout y est ! Les gens viennent et repartent enchantés. Des larmes, parfois. Des rires, souvent. Les 3 personnages sont des adolescents et cette pièce invite véritablement le public pendant 1h15 à refaire le film de leur adolescence.

La question de l’orientation sexuelle y est centrale mais pas seulement. Le sujet de la frontière entre l’amour et l’amitié à un âge de la vie parfois difficile est à mon sens le fil rouge de cette histoire.

La thématique gay est pour moi un détail même si elle met en avant des problématiques qui sont intrinsèquement liées. Il ne s’agit pas de dénoncer des comportements mais d’amener à une vraie prise de conscience de la question de l’orientation sexuelle qui n’est pas – rappelons le encore une fois – un choix.

Si les gens repartent en se disant « Peut-être que je ne me suis pas toujours bien comporté quand j’étais au collège ou au lycée » ou « J’ai peut-être pas voulu voir ce qui se passait », alors le pari est gagné ! Le théâtre a précisément dans ce cas là une portée éducative, pédagogique.

C’est un âge de la vie compliqué et l’inconnu effraie.  L’âge de l’adolescence c’est véritablement le rendez-vous de tellement de premières fois !

Culture Gay : Frédéric Maugey, ainsi que tout le casting, se distinguent en mettant un point d’honneur à se mettre au niveau des jeunes. Les problèmes des jeunes d’il y a quinze ans de ceux d’aujourd’hui sont-ils les mêmes ? Sentez-vous une évolution des LGBTQ ces dernières années ?

Douglas Lemenu : Comme je le disais plus haut, ce sont des thèmes universels et intemporels et de toute évidence les problématiques sont les mêmes. Ce qui a cependant évolué en presque 15 ans c’est la prise de conscience majeure par une bonne partie de la population du rejet des minorités. Je parle là de toutes les minorités.

Nous travaillons avec SOS Homophobie, Urgence Homophobie, Le Sidaction et nous saluons leurs initiatives pour faire reculer toutes les formes de violences que beaucoup ont à subir encore aujourd’hui du fait de leur orientation sexuelle.

Le mariage pour tous a suscité de vives tensions dans tout le pays pendant plusieurs mois. Aujourd’hui, les gens qui souhaiteraient le remettre en cause sont à la marge.

Tous les jours, les associations font un travail extraordinaire pour mettre en lumière les actes de violences, les agressions, le harcèlement scolaire etc.

Il y a 15 ans, les réseaux sociaux n’étaient pas un vecteur de communication aussi omniprésent qu’aujourd’hui et je reconnais bien volontiers que les réseaux sociaux ne présentent pas que des avantages ! Ils sont aussi le terrain de bien des lynchages ici ou là…

Mathan, adolescent de 17 ans que j’interprète dit d’ailleurs une chose très juste : « Il y aura toujours un crétin pour crier « Sale Pédé », mais le jour où il y aura une loi contre la bêtise, je promets que je porterais plainte » !

 

Douglas Lemenu

Culture Gay : Vous jouez donc le personnage de Mathan, rôle titre de la pièce « Un Cœur Sauvage », c’est pour vous le moyen d’aider les jeunes gays en souffrance ?

Douglas Lemenu : Le personnage de Mathan est extraordinaire ! Il est le personnage central autour duquel qui gravitent Virginie (Léa Malassenet) et François (Thomas Violleau). Un adolescent de 17 ans profondément attachant. Tantôt solaire, tantôt plus sombre. Tantôt interrogatif, tantôt affirmatif. Tantôt ami, tantôt amant. « Un Cœur Sauvage » c’est la mise en lumière d’un questionnement intérieur et de ce qui peut être tragiquement vécu par beaucoup de gays lorsque vient la révélation de son homosexualité. Une pièce profondément optimiste !

C’est effectivement un moyen d’aider les jeunes (et les moins jeunes !) gays en souffrance, bien sûr.

Je crois qu’il est assez aisé de s’identifier aux épreuves que traversent Mathan. C’est là le super travail de Christophe Botti dans l’écriture. Il n’y pas eu de tricherie. C’est simple d’accès et c’est ça qui la rend aussi pure, je crois.

On ne parle de rien d’autre que d’amour et le texte porte ce sentiment dans un véritable écrin du début à la fin. La mise en scène de Frédéric Maugey est au service du texte et renforce encore davantage ce que je viens de dire.

Mais cette pièce à un double objectif : aider, accompagner les gays dans leur coming-out bien sûr, mais aussi sensibiliser et amener à réfléchir sur des comportements qui n’étaient pas acceptables il y a quelques années, qui ne le sont pas plus aujourd’hui et qui ne le seront davantage demain.

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Culture Gay censurée 3 jours par Facebook

Facebook a de nouveau décidé de bloquer la page Culture Gay (92.000 followers, près de 90.000 fans).

Nous apprenons ce matin que nous ne pouvons plus contrôler la page Facebook Culture Gay. En effet, l’un de nos sondages ludiques a semblé heurté la sensibilité de certains censeurs :

“Préférez-vous les visages lisses ou les visages barbus ?”, aurait enfreint les “règles de la communauté”.

Cette nouvelle censure intervient après des posts à propos du “dérapage” du Pape François qui faisaient un véritable buzz sur la toile et connaissant énormément de réactions et de partages.

L’administrateur principal de Culture Gay à demandé à ce que cette décision soit réétudiée… sans obtenir de réponse pour l’instant.

Un mail a été envoyé mais la requête a été refusée.

Mon coming out a été catastrophique !

Nicolas a attendu la quarantaine avant de faire son coming out. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Peut-être se doutait-il qu’on ne l’accepterait pas si facilement. Ses appréhensions se sont finalement révélées parfaitement fondées. Malheureusement. Il a accepté de répondre à nos questions.

 

C’est le 20 avril 2012 que Nicolas décide de réunir tout son courage pour affronter le regard familial en leur révélant la vérité. Il ne s’attend certainement pas à ce que ses parents l’accueillent à bras ouverts, mais encore moins à des réactions qui vont le marquer pour le restant de ses jours :

-Je voulais vous dire que je suis amoureux d’un homme, leur dit-il, un peu hésitant.

Aussitôt le regard de son père s’assombrit. Il frappe deux fois son poing sur la table si fort que Nicolas se demande si elle ne va pas se casser en deux. Il devient aussitôt incontrôlable. Loin de calmer son mari, la mère en rajoute :

– Tu n’es plus notre fils ! hurle-t-elle aussitôt. Lorsque tu as eu cette bronchite aiguë, à l’âge de 7 ans, j’aurais mieux fait de te laisser mourir !

Nicolas explique aujourd’hui  leur réaction, comme pour les excuser : “Mes parents sont pentecôtiste et Italiens”

-Je veux ma place au ciel, poursuit son père qui ne décolère pas. Je préfère perdre mon fils, plutôt que de perdre ma vie eternelle !!

Nicolas comprend très vite que la situation est irréparable, “Pour eux, je suis mort. Je n’existe plus”, confie-t-il. “Je n’ai plus aucun contact avec eux depuis 6 ans. Ma seule chance a été d’être bien entouré, grâce à mon petit frère et à ma cousine. Parce que je l’avoue, j’ai souvent pensé au suicide, dans ces moments-là. Le stress qui a suivi mon coming out a été extrêmement difficile à supporter.”

Malgré toute la détresse qu’il a connue, Nicolas ne regrette rien :

-Si c’était à refaire, je recommencerais. Le coming out est une véritable libération. D’ailleurs, même si pour moi ça a été horrible, je conseille toujours aux autres de dire la vérité. Mais il faut d’abord bien réfléchir aux conséquences de cette révélation, car elles peuvent être très graves, même si au bout du compte il en ressort toujours quelque chose de positif.