Des trucs de grands, coup de cœur littéraire de Culture Gay

« Quand enfin il relevait la tête, je croisais son regard, hagard, fébrile. C’était celui d’un camé qui savourait le shoot qu’il venait de se faire. »

 

David Vigrid publie un livre courageux dans lequel il décrit les abus sexuels dont David Mills, son alter égo littéraire, a fait l’objet pendant de nombreuses années. Au fil des pages on se surprend à partager l’intimité douloureuse et l’incompréhension d’un jeune enfant manipulé à qui on va voler tous les repères de sa future vie sexuelle d’adulte. Pendant un labs de temps interminable, il subit dans un silence imposé, contre des promesses enfantines et des cadeaux disproportionnés, les assauts réguliers de cet ami de la famille qui ressemble à Mac Gyver et que chacun apprécie. David Mills est impatient de devenir adulte et son prédateur va utiliser cette brèche pour l’entraîner dans son sillon destructeur :

« — Oui, tu m’as demandé si je voulais faire des trucs de grands.

— Chhhhhut, pas si fort. Son visage se rapprocha à nouveau du mien. Mais il faudra que cela reste un secret. Il ne faudra jamais le dire. »

Avec une plume habile et sensible, l’auteur nous confie tous les secrets de David, faisant de nous les témoins stupéfaits d’un récit passionnant. Car le récit de David ne s’arrête pas à son enfance. Il va partager avec nous les conséquences de ces abus scandaleux, lors de ses premiers rapports avec des jeunes de son âge qui vont s’avérer désastreux…

https://livre.fnac.com/a12433640/David-Vigrid-Des-trucs-de-grands

« Parfois, à le voir jouer avec mon corps, je me faisais l’impression d’être l’une de mes figurines, ne revêtant de l’intérêt que dans les mains de celui qui les manipulait »

 

« encore aujourd’hui, il m’arrive de me demander comment mes parents n’ont pu ne rien voir, ne rien deviner »

 

Victime d’homophobie j’ai tenté plusieurs fois d’en finir

Homophobie-suicide

 

Romain est originaire de Haute Provence, dans la Vallée du Rhône, un petit village de 3500 personnes où l’homosexualité est encore une « maladie » pour la grande majorité des habitants. Efféminé, Romain a subi insultes et exclusions jusqu’à tenter de se suicider à l’âge de 8 ans, puis à 12 ans et 16 ans. Il évoque aujourd’hui ses blessures qui lui font mal dès qu’il effleure à nouveau tous ces sujets. Il a accepté de se confier à Culture Gay car il espère que son témoignage aidera des jeunes qui se reconnaitront dans son portrait.

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Discriminations : « Je souffre encore de ce que j’ai vécu pendant mon enfance »

Discriminations
Culture Gay a interrogé des lecteurs au sujet de l’homophobie vécue depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Nous publierons ces interviews sur cette page.
CG : Vous souvenez-vous quel âge vous aviez quand vous vous êtes senti discriminé pour la première fois ? 
Greg : J’avais 16 ans, j’étais très mal dans ma peau mais en couple avec un garçon qui avait 10ans de plus que moi. J’ai eu une torsion testiculaire un an avant cette rencontre que j’ai très mal vécu, d’autant plus qu’il y a eu ablation d’un testicule, autant vous dire que mon adolescence fût un enfer! Déjà car je me sentais différent au niveau de ma sexualité, j’ai toujours su que j’étais homosexuel dès mon plus jeune âge et en plus je n’avais plus qu’un testicule, dur à supporter quand on prend les douches ensemble pendant les cours de sport. Je me suis senti discriminé à l’école envers les autres garçons ce qui m’a complètement isolé à l’époque. Stigmatisé sur ma différence par les garçons, j’appréhendais, la boule au ventre chaque jour  avant de rentrer dans la cour d’école. Ce que j’avais le plus peur c’était d’affronter le regard des autres, je ne m’aimais pas, ne m’acceptais pas et me sentais en marge et inférieur aux autres.

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