Romance : « L’Inconnu de la table 3 » Par Darian Salvaterra Chapitres 1 à 3

« L’Inconnu de la table 3 » Par Darian Salvaterra

« L’Inconnu de la table 3 » chapitre 1
Par Darian Salvaterra


Dans cette histoire les héros n’ont pas de nom. Si l’on en avait cela ne serait pas mentionné car peu importe nos nom, vous les oublierez demain.
Je passais souvent dans ce café, assis à la table 5 mon carnet à la main sirotant un verre ; café le matin, une bière la journée et l’après midi, un mojito. Je n’y passais jamais le soir. L’ambiance de la nuit ne m’intéresse pas le moins du monde en plus il fallait que je dorme. Je prends toujours la table 5 car elle domine la salle et je pouvais tout voir de là, le cuisinier qui s’acharnait sur ses aides, le caissier qui volait quelque sous dans sa caisse, les clients qui étaient toujours les mêmes chaque fois :
A la table deux le matin il y avait les pingouins ; des hommes d’affaire qui y venait parler des bourses avec leurs costumes-cravates ridicules qui leurs ont valu le surnom de pingouins. A midi mademoiselle wifi de la table 1, une étudiante qui venait surtout pour squatter l’internet du café ; elle étudie certainement les lettres ou la philosophie. je la vois souvent avec des grandes littératures à la main, Osho « la liberté » était sa dernière corvée. Et puis vers 17h à la table 6, venait Romeo et Juliette deux amants qui trouvaient refuge dans ce bistro. Romeo était marié et Juliette était sa secrétaire ou peu importe car lui, avait une alliance et pas elle. Leur amour était un péché et c’est pour ça que je les appelle Romeo et Juliette.
Je passais mon temps à écrire leurs histoires, dessiner leurs visages et comme je ne connaissais pas leur nom je leur en donnais de nouveaux.


Comme j’aimais les observer. C’était comme aller au zoo mais à 2 franc moins cher.
Je leur donnais des surnoms mais ils en avaient certainement pour moi aussi.
Un après midi, vers 16h et 16h30, une table attira mon attention. La table trois. Il était assis là avec un verre de vin à la main. Grand, roux, les yeux verts et très beau. Il avait l’air absent. A la différence des autres il semblerait même que ce soit le hasard qui l’a mené là. Je me suis approcher de lui et le salua.
Bonjours !
Bonjours ! répondit-il étonné de me voir m’installer à sa table. Je m’app…
Ne me le dit pas car moi non plus je ne te dirais pas comment je m’appelle sinon nous deviendrons des connaissances, des amis et voir plus. Tout ça c’est compliqué mieux vaut être de simples inconnus ça n’engage à rien.
Le pauvre se sentait encore plus perdu et ne savais plus quoi dire. Dans son regard je voyais qu’il attendait des réponses mais, moi je n’en avais pas.
Pendant un long moment il resta muet, tentant de comprendre ce que j’étais entrain de faire là, alors que moi-même je ne le savais pas. Ça lui a pris du temps avant de relâcher un mot :
– Etes-vous fou ?
– La folie n’est pas l’absence de la raison ; rétorquais-je, amusé par la gêne qui naquit dans son être. Jouons à un jeu.
– Quel jeu ? (il voulait refuser mais sa curiosité l’a amené à accepter)
– Parlons. Parlons mais ne parlons pas de nos vies. Racontes-moi des choses que tu n’as jamais raconté à personne. Ne me parle pas d’amour car je n’y crois pas.
– Ton jeu est nul
– Certes mais tu t’y habitueras. Une des règles les plus importants du jeu sera que ne n’auras pas le droit de me mentir.
– Et comment le saurais-tu?
– Dans tes yeux verts. Tes yeux deviendront plus foncés si tu mens et plus brillant si tu parles avec ton cœur. Parles-moi avec ta bouche.
– Tu sais parler avec ton nez ?
– Oui.
– Es-tu magicien ?
– Non
– Est-tu réel ?
– Seulement si tu y crois
Sans le savoir il était devenu fort à ce jeu. C’est drôle car le temps passais et au fur et à mesure plus il parlait plus je le connaissais ; et plus je le connaissais plus il devenait étranger.
18h, l’heure pour moi de partir et de lui dire au revoir
Je me suis levé en lui faisant un signe de la tête
– tu pars déjà ?
– je ne reste jamais la nuit, lui répondis-je
– allons-nous nous revoir ?
– oui
– comment ?
– comme aujourd’hui par pur hasard.
– Où donc ?
–  Ici même.
J’ignorais tout de lui et lui de moi, mais j’étais sûr de le revoir car il allait me chercher et je ferai tout pour qu’il me trouve pour pouvoir fuir loin de lui. Il en ferait de même.

 

« L’Inconnu de la table 3 » chapitre 2
Par Darian Salvaterra

 

Quelque jour plus tard,  nous nous sommes recroisés vers 8h du matin. Je venais d’arrivé mais lui, il avait l’air d’y avoir été depuis plutôt que ça. Bien habillé et parfumé comme s’il allait à un rendez-vous. Il était assis à sa table et moi j’ai pris place à la table 5 comme à mon habitude. Je fis mine de ne le pas voir mais je vis tous ce qu’il faisait. De ma table j’avais une belle vu sur la sienne ; il semblait mal à l’aise, ça m’amusais. Malgré cela, il était trop orgueilleux pour s’approcher de moi. Temps mieux pour lui et temps mieux pour moi ; après tous ce n’était qu’un  jeu et dans tous les jeux il y a des gagnants et des perdants. Et dans mon jeu, je gagne.

Les heures passèrent et ni lui ni moi n’étions décidés à perdre contre l’autre ; et pourtant nos corps s’appelaient. Hors de question de perdre. Notre ego nous l’empêche. Le jeu ne rime à rien mais c’était notre jeu. Mon bel inconnu de la table 3….

Au bout de 4h à espérer que l’autre fasse le premier pas, une chose étrange se passa. Il prit son téléphone, envoya quelque message et une demi-heure plus tard un autre homme entre de le bistro et s’approcha tout content de la table 3. Un peu trop excité de voir son ami il ne remarqua même que le jeune qui était assis à la table une lui avait piqué son porte monnaie. En observant son enthousiasme, j’ai vite compris pourquoi il était là. Il l’aime. Et lui, l’inconnu de la table trois l’utilisait pour me faire réagir. Mais déteste réagir. J’exècre ce mot ; je préfère agir. L’action est nettement mieux que la réaction. Aucune circonstance ne me dictera que faire. Je décide seul de mes pas.

En voyant la scène j’aurais  pus être jaloux. En les voyant s’embrasser, s’enlacer et se caresser  dans mon bistro mais, mais la jalousie était bien trop facile. J’aurais perdu sinon et de plus je ne connaissais pas ce mot.

Le temps passait et j’avais oublié leur table. Je me suis remis à mes occupations. J’observais comme à mon habitude les gens qui animaient la taverne. De temps en temps mon regard tombait sur lui. Sans relâche il me fixait d’un air contrarié comme si sa compagnie l’exaspérait ; d’autant plus l’autre n’arrêtait pas de parler des voyages qu’il a fait, de son chien, sa grand-mère et dieu seul sait de quoi d’autre encore. C’était surement l’ennui. Et pour lui c’était ma faute, seul moi pourrais mettre fin à ce monologue embarrassant. Mais je trouvais cela tellement drôle et de plus ce n’était pas mes affaires.

Je me suis levé pour partir aux toilettes et en même temps lui aussi se leva. Nous avons fait nos besoins cote à cote

– A quoi tu joues ? murmura-t-il.
– De quoi tu parle. Rétorquais-je d’une voix plus sonore avec un petit sourire au bout des lèvres.
– Je croyais qu’on devrait se voir ?
– On s’est vu ?
– Regarde ce que tu a fais. Avança-t-il en murmurant encore plus bat.
– Dit lui de s’en aller, il comprendra.
– Ce n’est pas correct comprends le.
– Il ne fallait pas l’appeler dans ce cas.
– Je sais mais ça ne se fait pas.
– Oh que si ?

Je suis sorti pour me diriger vers la table 3, le pauvre était assis espérant que son ami ne revienne. Je me suis penché pour m’approcher de lui toujours plus près et l’embrassa sur la bouche, au même moment  l’autre sorti des toilettes feignant d’être outré et déclencha un scandale. C’était la meilleure excuse de faire partir l’autre.

Quand les choses se sont calmées nous nous sommes assis à la table trois. Mais ça ne servait plus à rien je regardais ma montre et aussi tôt je me suis levé pour partir.
– Tu pars ?
– Non je vais juste sortir pour prendre un taxi et rentrer chez moi. Bien sûr que je pars ! lui répondis-je avec le plus grand des sarcasmes qui me caractérisaient.
– Nous n’avons pas encore parlé pourtant.
– Et ?
– Reste.
– Je suis ponctuel. je dois m’en aller.
– A quoi ça a servi de prendre un rendez-vous dans ce cas ?
– C’est le jeu

Je ne sais pas mais, quand je franchis le seuil de la porte, je senti l’envie de rester. Je marchais lentement espérant qu’il vienne  me rattraper. Mais il me laissa partir car il était sûr qu’on allait se revoir.

A suivre…

« L’Inconnu de la table 3 » chapitre 3
Par Darian Salvaterra

j’avais peur de perdre et lui ne voulait pas gagner mais ne voulait pasnon plus que je gagne. Cela fait des jours que je ne vois plus ce qui se passait dans ma taverne et pourtant j’y étais quasiment tous les jours.

Ce qui était bien avec le jeu c’est que les règles changeaient à chaque fois ; sauf une : « toujours parler avec la bouche » car les autres parties du corps ne savent pas mentir. La bouche peut transformer la vérité à sa convenance et quand il ne veut pas mentir il se tait. Les paroles peuvent tout faire ; mais s’il y avait une chose dont je suis sûr c’est que les paroles n’étaient pas le reflet de nos penser. C’est pour ça que qui si tu ne veux pas que l’on sache se que  tu pense, fixe les yeux de ton interlocuteur et il oubliera les tiques qui pourront te trahir.

Cela l’ennuyait de ne rien savoir de qui je suis ni ce que j’attendais de lui. Ce qu’il ne savait pas, c’est que je n’attendais rien de lui ; je voulais juste vivre ces instants passés avec lui sans penser  à demain ni à hier car j’avais peur de faire des plans, penser à un avenir encore incertain. Et lui, il ne faisait que jouer, car s’était devenu sa messe.

— N’as-tu pas peur de te lasser ?

— Tu es tellement différent à chaque fois que je n’y pense même pas.

— Ne tombes pas amoureux.

— Tu as peur de l’amour ?

— C’est une philosophie adoptée par les faibles d’esprit pour trouver un refuge et un semblant de sécurité.

Je ne voulais pas qu’il tombe amoureux de moi. De l’amour à la haine il n’y a qu’un seul pas et je ne voulais pas le haïr. Tout sentiment  détruit.

— De toute façon jamais je ne serais amoureux de toi. Me dit-il espérant que je lui demande pourquoi.

— Qu’à cela ne tienne ! Je ne voulais pas renter dans son piège non plus.  Il faisait tout pour me faire parler ; mais, c’était mon jeu.

— Je ne te connais pas même pas. Il me donna la réponse que je n’ai même pas demandé. Il est si prévisible en plus d’avoir une belle tête de con.

— Parce que tu veux me connaitre ?

— Qui es-tu ?

— Tu peux me créer et je serai ce que tu voudras que je sois.

— Si je disais que tu es une hirondelle ?

— Alors je volerais dans le ciel

Encore une fois le jeu changeait de tournure. De nouvelles règles sont établie : maintenant on pouvait être ce que l’autre voulait que l’on soit et tout ça pour fuir la vérité, pour rester des inconnus.

Malgré tous, je brulais. J’étais consumé de l’intérieur par une envie folle de connaitre la saveur de ses lèvres. De le sentir plus proche de moi encore et encore. Bientôt 3 mois que l’on se voit tous les jours et nous nous somme pas encore touché ; pas même une poigner de mais pour se saluer. Il y a toujours cette barrière qui nous séparer.

Un jour il voulait m’emmener en dehors de la taverne. Il eut l’idée originale de louer un vélo, me bander les yeux et m’emmener à un endroit surprise. L’idée était  folle mais j’ai accepté car c’était excitant d’aller vers l’inconnu pour une fois.

Quand j’ai enlevé le tissu qui cachait mes yeux j’étais étonné de voir l’endroit où il m’a emmené.

— Un cimetière ?

— C’est la seul chose que je nous ai trouvé en commun. 

— C’est-à-dire ?

— Nous avons des proches ici et nous finiront un jour ici.

On y a passé tout la journée dans cet endroit. Le temps passe et une chose en entrainant une autre, il finit par m’embrasser. En même temps la pluie commence à tomber mais, on s’en fichait royalement.

Dos à terre je me suis appuyé contre une pierre tombale et lui, parcourait mon corps en quête de mes zones les plus sensibles. En partant de ma bouche, ses lèvres chaudes descendaient lentement dans mon coup, mes hanches puis dans mon entre-jambe pour s’attarder un instant sur ma masculinité et revenir sur mes lèvres. Pendant ce temps, ses main s’assuraient que je reste immobile. La pluie devenait de plus en plus forte avec les coups de tonnerre. Le froid était infernal, mais l’acte était tellement ardant que l’orage m’empêchait de me consumer dans ses bras. Quand je sentis sa virilité visiter mon être, j’avais pris conscience d’une douleur tel un poignard qui me transperça le corps et l’âme. J’avais mal mais je ne voulais pas qu’il arrête au contraire je voulais qu’il aille plus loin. Dans un mouvement plus   rythmé. C’était insupportablement divin. Quand tous c’est arrêté je senti une lumière traversant mon être tout entier. Et au même moment l’orage s’arrêta. Ce n’était pas que du sexe ; non plus de l’amour c’était au delà de toutes ces chimères.

A suivre…

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