Lectures : Avant que je me réveille d’Eli Easton

Résumé : L’aide-soignant Jonesy a été affecté à Michael, la victime d’un crime de haine, dans le coma et que les parents homophobes ont rejeté. Jonesy reste auprès de Michael à lui faire la lecture et à l’encourager à se réveiller. Jonesy n’est peut-être pas le type le plus intelligent au monde, mais il sait que Michael a besoin de lui. Et s’il pense aussi que Michael est la plus belle chose qu’il ait jamais vue, eh bien, Jonesy sait mieux que quiconque qu’il ne sert à rien d’espérer des choses qui n’arrivent jamais.
Michael est perdu dans un donjon, un endroit sombre et terrifiant. Son seul réconfort est le son de la voix d’un homme. Michael peut-il revenir ? Le désire-t-il ? Peut-être que Jonesy peut le convaincre que des choses valent la peine de vivre.

Notre avis : Le style est soigné et fluide. Si l’exercice de faire parler quelqu’un dans le coma n’est pas aisé, Eli Easton s’en sort très bien en utilisant les rêves de Michael. “Avant que je me réveille” est une nouvelle originale qui donne un peu d’espoir, même si les sentiments et les intentions de Jonesy auraient pu être un peu plus appuyés. Quelques pages supplémentaires auraient également été les bienvenues. Nous vous conseillons vivement de lire “Avant que je me réveille”. 

Avant que je me réveille d'Eli Easton

Avant que je me réveille d’Eli Easton

Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge

Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge

 

Culture Gay : Les Editions Textes Gais viennent de sortir “Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge” pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ?

Textes Gais publie régulièrement des ouvrages de nouvelles en faveur du Refuge, notamment Un cadeau de Noël pour le Refuge, Des vacances pour le Refuge (disponibles aujourd’hui uniquement en numérique) et aujourd’hui Le refuge des cow-boys. Textes Gais apporte ainsi sa petite pierre à l’édifice. Le hasard fait que je suis allé voir cette semaine un film sur les jeunes du Refuge, invité par cette association. J’ai pu discuter avec certains jeunes qui m’ont dit l’importance qu’a le Refuge dans leur vie. Non seulement un lit, un repas, un accompagnement vers le travail, mais un sourire, des bras bienveillants. C’était touchant. Il faut développer des lieux comme cela.

Culture Gay : A quoi peut-on s’attendre en lisant ce recueil de nouvelles. Est-ce plutôt érotique, fantastique, historique ?

Je laisse la parole ici à Nicolas Noguier, président du Refuge qui m’a envoyé un petit mot : « Coucou, je viens de finir de le lire et j’aime beaucoup : c’est tendre et fougueux à la fois. Je valide ! » Les textes érotiques étaient interdits car il s’agit également de la bonne image du Refuge, mais certains auteurs ont réussi à place çà et là quelques scènes de sexe. J’avais bien sûr besoin de l’accord de Nicolas pour les publier. Sinon, chaque texte développe un univers très différent si vous connaissez NM Mass, Jean-Paul Tapie ou Sébastien Monod entre autres, ce sont chacun des pointures avec des styles quelque peu différents. Sébastien cisèle chaque phrase, NM Mass et sa co-auteure Emma Kat laissent aller leur fougue en écrivant juste d’un seul trait.

Culture Gay : “Le refuge des cow-boys” est également un très bel objet, il a été prévu en vue de l’offrir pour Noël ?

Oui, je voudrais d’ailleurs remercier Jimmy Sabater, le maquettiste, qui a fait un superbe travail. Tout le monde adore. Il a fait de ce roman un bijou. Tout est parfait pour en faire un cadeau de Noël : la couverture, les nouvelles et aussi les droits d’auteur qui vont au refuge.

Culture Gay : Les maisons d’éditions LGBT disparaissent de plus en plus. Les Editions Textes Gais est l’une des rares à tenir le coup, c’est grâce à la richesse et la diversité de votre catalogue ?

La lecture a changé, Amazon a laissé la parole aux petits auteurs en leur facilitant la publication. Mais bien avant Amazon, Textes Gais le faisait. Plutôt que publier uniquement que des chefs d’œuvre de littérature, Textes Gais préfère donner leur chance aux jeunes auteurs pourvu que l’histoire et le style se tiennent. D’où un certain éclectisme. Les lecteurs le savent et choisissent un titre en fonction de leur goût. Les auteurs s’y sentent dès lors en famille. C’est ce qui fait sa force. Textes Gais affiche près de 380 titres en numériques, et 60 au format papier.
Ici en numérique :
https://www.7switch.com/fr/list/publisher-1786-editions-textes-gais/page/1/da
Ici en papier :
https://motsbouche.com/46-editions-textes-gais

Culture Gay : Trois raisons pour offrir un livre plutôt que tout autre cadeau à Noël ?

Un livre fait toujours plaisir, c’est un cadeau pérenne qu’on aime à partager, c’est une évasion à petit prix. Textes Gais est bien moins cher que n’importe quel grand éditeur.

Youtube et son offre LGBT

Google essaie de reprendre la recette qui a fait le succès de tous ses concurrents, même s’il est difficile d’être bon sur tous les fronts. Après le moteur de recherche, les mails, la suite bureautique, le stockage, la musique…, le géant du net essaie de transformer Youtube en monétisant certains contenus.

Une nouvelle catégorie LGBT pourra vous dépanner pendant une soirée, mais l’offre paraît ridicule (10 films), quand on sait que des dizaines de milliers de titres sont proposés gratuitement par les auteurs gratuitement hors catalogue.

On aimerait vraiment un service qui propose une grande partie de l’immense culture LGBT. Netflix propose du contenu (en grande partie américain), mais cette catégorie fait encore figure de parent pauvre comparée . Le site Sens critique recense plus de 120 films on aimerait trop les avoir tous à portée de télécommande ou de tablette

Films gays et LGBT sur Youtube

La culture est l’un des droits fondamentaux de l’homme. Les LGBT sont encore très en retard sur cette question, un comble quand on sait que nous sommes dans les plus grands consommateurs de culture !

 

365 fois Anthony

 

 

Anthony dévoile sa vie dans un journal intime très intéressant où il partage les secrets et les moments intimes de sa vie. On ne peut pas juger un journal sans juger la personne qui l’écrit, mais au fil des jours, Anthony se révèle intéressant, attachant, passionné, aimant, touchant. A une époque où les internautes deviennent de simples consommateurs et se contentent de liker des posts, il est bon de rappeler qu’un blog est un merveilleux outil de partage, de réflexion et d’autothérapie. Interview du mystérieux auteur de cette expérience littéraire 2.0.

 

EXTRAIT :

Guy me serra dans ses bras. Dans la nuit noire, il brisa le silence en se mettant à parler tout seul. Symboliquement. À ma mère décédée.
« Marie-Jo. Je vous promets de prendre soin de votre fils toute sa vie. Je ne lui ferais plus jamais aucun mal. Personne ne pourra lui faire du mal. Plus jamais. Je le protègerai toute ma vie… »
J’en tremblais.
À ce moment là, le piège s’était refermé sur moi.
La passion destructrice est arrivée. La jalousie s’est installée. Le doute. Pour toujours.
Je n’étais plus la jeune personne insouciante. Libre. J’étais devenu sa petite chose. Et je me complaisais dans ce rôle.
Plus il mentait plus je le détestais. Plus il me trompait plus je l’aimais. Plus il me repoussait plus il m’aimait. Plus je me détestais.
« Tu as le choix Antho… Soit tu pars et tu l’oublies. Soit tu restes. Mais si tu restes, il faut l’assumer. En silence. Tu ne pourras plus venir te plaindre. Il faut que tu prennes une décision ! »
Je suis resté.
Anthony

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Le diable est magnifique de Nicolás Videla

Le chien qui aboie présente, avec l’association pour la promotion et la diffusion du cinéma en amérique latine, Le diable est magnifique de Nicolás Videla

Le diable est magnifique – du réalisateur chilien Nicolás Videla retrace le parcours de Manu à Paris. Jeune chilienne, transgenre et séductrice, celle-ci bataille au quotidien pour vivre comme elle l’entend.

El Perro que Ladra a projeté ce film hybride – docu-fiction – aux mois de mars et mai derniers en présence de sa protagoniste: la sulfureuse Manuela Guevara qui a échangé avec le public parisien sur cette oeuvre en partie autobiographique.

La prospection de films colombiens pour le Panorama, fût également la découverte de Señorita María, la falda de la montaña: un portrait magique, douloureux et poétique d’une femme Trans dans le monde rurale du petit village de Boavita dans le département de Boyacá, région montagneuse, froide, peuplée de paysans introvertis et conservateurs dans le centre de la Colombie.

La section parallèle de cette année dévoile un monde fantastique et vous propose un voyage latino-américain dans la vie nocturne des rues de San José du Costa Rica avec Véronica, travailleuse du sexe; des spectacles de Linn da Quebrada à Saô Paulo, la «terroriste du genre» qui combat préjugés sexuels et raciaux avec son arme anti-machiste: sa voix, son corp et ses compositions funk; et pour finir 4 personnages trans à Santiago du Chili, à la recherche de liberté, de respect et de dignité.

Le chien qui aboie est ravi de mettre en lumière la trans-identité et son refus de se voir imposer des rôles genrés avec les atteintes aux libertés, aux rêves, à l’épanouissement personnel et aux projets de vie de chaque individu, que cela implique.

http://www.lesecransdeparis.fr/

B-Class d’Aline Khor une pentalogie romantique en première classe

Aline Khor sort une saga en 5 tomes (pentalogie) autour de deux garçons que tout oppose. On passe un très bon moment en compagnie d’Icare et Riùn, et Aline Khor nous rappelle que lorsque les histoires sont bien écrites, on peut les suivre sans fin.

Culture Gay : Bonjour Aline Khor. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Aline Khor : Bonjour Culture Gay, je tiens tout d’abord à vous remercier pour cette demande d’interview. Je suis touchée de l’attention que vous me portez.

En quelques mots, j’aurais du mal à me présenter car faudrait-il déjà que je parvienne à me comprendre. Mes sentiments et mes émotions sont un tourbillon dans lequel je me laisse entraîner, tourbillon qui entretient sûrement ma créativité. Souvent j’ai l’air d’un tyran sans empathie, d’une personne forte, insensible et inébranlable. J’ai le sang chaud et le parler franc, j’ose tout pour cacher des insécurités et des angoisses qui me pourrissent la vie. Je suis beaucoup plus sensible qu’il n’y paraît et je n’ai pas la confiance en moi que mon humour noir et mes sarcasmes s’efforcent de feindre.

Ma sensibilité et mes fragilités doivent sûrement ressortir dans B-Class, puisque le personnage d’Icare est ma copie conforme. À cela près que j’ai moins de barbe et que je suis de gauche, mais ses piques cinglantes, ses dépressions et la pression qu’il s’inflige sont totalement miennes. Je suis sûrement un peu borderline quelque part, mais bon on s’y fait et on vit avec. Les artistes sont tous dérangés de toute façon.

Culture Gay : Vous commencez votre carrière d’auteur par une œuvre monumentale, véritable saga en 5 tomes ! Comment vous est venue cette rage d’écrire et ce besoin d’une si longue histoire ?

Aline Khor : Disons que la rage d’écrire, je l’ai toujours plus ou moins eue. Dès l’enfance je créais des histoires et je commençais des romans à la pelle, qui en général ne dépassaient pas les trois chapitres (rire).

À l’âge de quatorze ans je m’y suis mise sérieusement et l’habitude d’écrire presque tous les jours ne m’a jamais quittée. Créer permet de m’exprimer, de dénoncer et de faire rêver des dizaines de personnes, pourquoi je m’en priverais ? C’est la seule chose qui me fait me sentir bien, utile, digne d’intérêt. Chaque chapitre que je termine, chaque compliment que je reçois me procurent une fierté immense et font que je ne craque pas.

« Je ne peux pas mourir maintenant, je n’ai pas fini mon roman. », m’étais-je dit en 2013 tandis que mes jambes se balançaient dans le vide qui séparait le toit du sol. Aujourd’hui c’est toujours d’actualité et même si l’art ne m’a pas encore sauvée, la rage d’écrire rime pour moi avec la rage de vivre.

Quant au besoin dont vous parlez, ce n’était pas tant un besoin d’écrire « une longue histoire » sinon « d’écrire B-Class ». Quand j’ai commencé le roman en mai 2017, je ne savais pas trop dans quoi je me lançais. J’avais juste laissé cogiter mes idées pendant un an et demie et je ne pouvais plus attendre de commencer. J’avais quelques grandes lignes au brouillon et le reste est venu tout seul, avec sa dose de doutes, de crises de nerfs et de questions existentielles. C’est ça l’inspiration.

Si l’œuvre est longue c’est parce que c’était nécessaire qu’elle le soit, je n’ai décidé de rien. Ce n’était pas un challenge d’écrire mille-deux-cent pages, ce n’est pas spécialement une fierté, c’est juste B-Class.


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Ce que j’ai subi est et restera impardonnable, David Vigrid

Après notre chronique à propos de “Des trucs de grands”, excellente biographie romancée de David Vigrid, l’éditeur nous a permis d’entrer en contact avec cet auteur qui nous a ému et tant donné envie d’en savoir plus.

Culture Gay : Vous signez un livre-confessions magnifique dans lequel vous dénoncez les abus sexuels dont vous avez été victime de 6 ans à 14 ans. Qu’est-ce qui vous a décidé à vous livrer dans un texte, plutôt que d’en parler à quelqu’un ? Avez-vous envoyé un exemplaire de votre texte à Tom, votre agresseur ?

Premièrement, encore merci pour votre post sur votre site. Ecrire, dessiner, peindre ont toujours été des médias plus simples et plus sibyllin pour moi que de me livrer oralement. Comme je le dit à plusieurs reprises dans mon roman : mon histoire, ma peine, ma souffrance… Ma façon de vivre avec et d’avancer, de positiver. Et non, contrairement à mon alter ego de papier, je n’ai plus jamais revu « Tom ». J’ai tenté de le chercher mais sans succès et sans réelle envie non plus, je dois en convenir, de le retrouver.

Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais
Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais

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