Go Fish, le film lesbien culte fait son grand retour !

Chicago, début des années 90. Il y a Camille, alias Max, écrivaine en herbe en quête du grand amour, qui ne cesse de rebattre les oreilles de ses condisciples avec son célibat, particulièrement celles de Kia, sa colocataire. Il y a Kia, enseignante, qui sort depuis trois mois avec Evy, infirmière récemment divorcée. Il y a Evy qui habite chez sa mère tout en essayant de se débarrasser une bonne fois pour toutes de son ex-mari. Il y a Daria, la tombeuse de la ville, qui brise en moyenne un cœur par semaine. C’est facile: elle travaille dans un bar de filles. Enfin, il y a Ely, assistante vétérinaire, dont la copine habite dans une autre ville, qui vit avec Daria. Est-ce que Daria et Ely couchent ensemble ? Non. Mais tout le monde le croit.

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Embrasse-Moi, le 5 juillet au cinéma

EMBRASSE-MOI !, un film de Océanerosemarie et Cyprien Vial

Océanerosemarie déborde de vie, d’amis et surtout d’ex-petites amies. Mais elle vient de rencontrer Cécile, la “cette-fois-c’est-vraiment-la-bonne” femme de sa vie ! Même si elle ne lui a pas vraiment demandé son avis… Il est temps pour Océanerosemarie de grandir un peu pour réussir à la conquérir. En sera-t-elle seulement capable ?

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Didier Roth-bettoni, historien de l’homosexualité au cinéma

Didier Roth-bettoni, historien de l’homosexualité sur grand écran. (Photo : Anne Desplantez)

Didier Roth-Bettoni vient de faire paraître “Les années sida à l’écran” aux éditions ErosOnyx, un précieux document qui révèle comment l’histoire de l’épidémie est intimement liée à son traitement dans les médias. Culture Gay a pu interviewer cet historien spécialisé dans les représentations de l’homosexualité, auteur notamment de l’ouvrage “L’homosexualité au cinéma” (éd. La Musardine, 2007).

 

Culture Gay : Bonjour, Didier Roth-Bettoni. Qu’est-ce qui vous a motivé à produire  “Les années sida à l’écran”, qui a dû vous demander un travail de recherches colossal ? Comment vous êtes-vous organisé pour répertorier à la fois les films, mais aussi les livres (car votre livre regorge de références de toutes sortes) ?

Didier Roth-Bettoni : Vous savez, c’est la continuation d’un travail qui m’occupe depuis des années et des années, et qui regroupe deux de mes centres d’intérêt et de recherche : le cinéma (je suis critique de cinéma, c’est mon premier métier) et l’homosexualité. J’écris depuis longtemps sur le cinéma dans la presse gay (d’abord dans Illico, dans Hétéroclite aujourd’hui), j’ai publié en 2007 un gros livre intitulé “L’homosexualité au cinéma” où je tentais de retracer toutes les images des homosexuels depuis les origines du cinéma jusqu’à aujourd’hui dans tous les pays, et depuis, j’essaie d’explorer à travers d’autres livres différents points spécifiques de cette histoire : cela a été le rapport du cinéma français et de l’homosexualité, cela a été des livres sur des cinéastes oubliés (Derek Jarman ou Philippe Vallois), c’est le cas cette fois de la manière dont le sida a été montré, aussi bien au cinéma qu’à la télévision, depuis 36 ans que l’épidémie est apparue. Tout cela pour vous dire, que la documentation, les films, les notes sur ce que je vois, je les accumule depuis très longtemps. Alors après bien sûr, quand je décide de m’attaquer à un sujet, je me replonge dans tout cela, je revois les films, je fouille dans les archives, etc., etc. C’est un travail de longue haleine, car il faut essayer d’organiser toute cette masse, que ce ne soit pas juste un listing de films, mais plutôt quelque chose qui essaie de donner du sens, qui tente de mettre en perspective : pourquoi, en 1993, on filmait les malades du sida comme ça et plus en 2015 par exemple ?, comment les évolutions des traitements ont-elles fait évoluer les films parlant du sida ?… C’est le moment que je préfère quand je me lance dans un livre : ce moment où, face à la masse de ma documentation, à tout ce fouillis qui encombre mon bureau, je commence à organiser tout cela, à voir se dessiner les lignes de force du livre à venir. En fait, je préfère tout ce qu’il y a avant l’écriture… Car écrire, c’est très douloureux.

 

CG : Le sida a d’abord été considéré comme une maladie qui ne touchait que les gays, ce qui était évidemment une erreur, et Hollywood a traîné des pieds avant de réaliser “Philadelphia”. Pensez-vous que les grands studios ont une responsabilité dans la propagation de cette pandémie ?

Didier Roth-Bettoni : Non, je ne dirais pas cela. La responsabilité, c’est celle des politiques qui n’ont pas fait leur travail (on connaît le désintérêt absolu du gouvernement Reagan sur la question du sida par exemple), celle des laboratoires pharmaceutiques et de leurs politiques de tarifs qui rendaient les traitements inaccessibles, celle des médias qui n’aimaient rien tant que désigner des bouc-émissaires… Alors certes, Hollywood a mis longtemps avant de faire Philadelphia, mais quand ils l’ont fait, en 1993, cela a eu un très grand retentissement : plusieurs Oscars, des millions de spectateurs aux Etats-Unis et dans le monde, etc. Certes, après ce film, Hollywood considèrera avoir fait sa BA et ne reviendra plus sur la question du sida : on verra encore des personnages secondaires, mais plus de grosse production sur ce sujet. Pour être tout à fait juste et répondre complètement à votre question, je voudrais quand même indiquer qu’avant Philadelphia, le grand public (américain et international) avait déjà été un peu sensibilisé à cette question grâce à plusieurs téléfilms qui avaient obtenu de gros succès d’audience, en particulier Un printemps de glace, réalisé dès 1985, et qui appelle déjà à la tolérance et au soutien envers les séropositifs et les malades du sida.

 

CG : A la lecture de votre livre, on a l’impression que le sida a aussi été un révélateur, une machine à coming-outs, car plus les acteurs révélaient leur homosexualité et leur séropositivité, plus l’opinion prenait conscience du problème et plus on investissait dans la prévention et la recherche.

Didier Roth-Bettoni : Il est certain que la maladie puis le décès très médiatisés de certaines personnalités et de stars ont été des éléments essentiels de la prise de conscience par la société tout entière de ce qu’était le sida. Je pense bien sûr en particulier à la mort de Rock Hudson en 1985, qui est vraiment un événement fondateur : j’en veux pour preuve qu’outre son retentissement sur le moment et le mouvement de solidarité qu’elle déclenche, cette mort est utilisée comme un marqueur dans d’innombrables films. Elle sert à faire comprendre aux personnages (et aux spectateurs !) de la réalité qu’il vont devoir affronter. Par ailleurs, vous avez raison de dire que cette mort, comme celle d’innombrables anonymes, s’accompagne de la révélation en parallèle de l’homosexualité de ces personnes. C’est vraiment une des spécificités du sida à ce moment terrible de l’épidémie : dire sa séropositivité, c’était aussi très souvent dire son homosexualité, dans une sorte de double coming out souvent très violent. Mais autant je suis d’accord avec vous pour dire que ces coming out forcés de gens connus à la lumière de leur maladie ou de leur mort a aidé fortement à la prise de conscience de la réalité du sida, autant je ne crois pas que cela ait eu de répercussions sur les investissements dans la prévention et la recherche. Face, pendant des années, au désintérêt des politiques, face aux politiques iniques de laboratoires pharmaceutiques de privilégier leurs profits plutôt que la santé des malades, ce qui a été important, essentiel même, c’est la mobilisation de la communauté gay, ce sont les luttes acharnées des associations de lutte contre le sida.

 

CG : Aujourd’hui le problème du sida semble être résolu et de nombreux jeunes ne se protègent pas, comment parle-t-on du sida aux jeunes en 2017 ?

Didier Roth-Bettoni : Je ne suis pas le mieux placé pour vous répondre, je ne suis ni un médecin, ni un politique, ni un activiste de la lutte contre le sida, je suis juste un historien du cinéma qui s’intéresse à ces questions. Je n’ai donc pas toutes les clés. Pour autant, ce que je peux dire, c’est que si on a l’impression que le sida est un problème résolu, on se trompe. Sans parler de ce qui se passe en Afrique et qui est dramatique, si l’on s’en tient à la France et aux pays comparables, on est très loin d’avoir résolu le problème. Certes, les avancées médicales font qu’aujourd’hui le sida est traité comme une maladie chronique et n’est plus mortel à moyen terme comme il a pu l’être, mais tout de même, on n’en guérit toujours pas. Et on constate un peu partout en Occident un relâchement de la protection,une recrudescence des contaminations (en particulier chez les gays), un retour des pratiques à risques, etc., le tout alors qu’il n’y a quasiment plus de campagnes de prévention de la part de l’Etat. Certains films d’ailleurs prennent cette réalité en compte. Je pense notamment à Théo et Hugo dans le même bateau, l’an dernier, qui raconte la rencontre de deux jeunes hommes dans une backroom où ils font l’amour sans capote, et où ils filent à l’hôpital pour bénéficier d’un traitement post-exposition. C’est à ma connaissance le seul film à raconter cette réalité nouvelle.

 

CG : Vous avez écrit de nombreux ouvrages au sujet de l’homosexualité au cinéma, mais “Les années Sida à l’écran” remporte une franc succès. Comment vivez-vous cette reconnaissance unanime de la presse ?

Zero Patience, le film est inclus dans le livre.

Didier Roth-Bettoni : Cela fait évidemment plaisir. D’abord parce que c’est une reconnaissance d’un travail sur le long terme, d’une démarche un peu solitaire d’aller défricher des terrains que personne d’autre n’avait abordé avant. Ensuite et surtout parce que c’est une reconnaissance, à travers ce livre et le cinéma, de cette partie terrible de l’histoire de notre communauté. C’est quelque chose qui est essentiel pour moi : la reconstitution de notre si fragile mémoire collective.

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