Nicolas Robin, la plume du succès

Interview-Nicolas-Robin

Après plusieurs années d’absence Nicolas Robin revient avec «Roland est mort». Ses lecteurs et lectrices l’attendaient avec impatience. Il n’y a qu’à voir un post publié sur Facebook avec la couverture de l’un de ses livres pour évaluer le capital sympathie de cet écrivain à succès. Il nous a accordé un peu de son temps pour répondre à nos questions…

Nicolas Robin par Thierry Rateau (DR).

Nicolas Robin par Thierry Rateau (DR).

Culture Gay : Bonjour, pouvez-vous vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
NR : Bonjour, je suis né près d’une plage landaise en pleine canicule de juillet 76. Aujourd’hui j’ai 40 ans et j’habite à Paris. Après une licence de droit, j’ai quitté les études pour devenir steward, par goût des voyages et de l’aventure. Je suis venu à l’écriture après avoir suivi plusieurs ateliers de théâtre, guidé par l’envie de raconter des histoires. J’écris sur mon temps libre, chez moi ou en escale. « Roland est mort » est mon quatrième roman.

 

Culture Gay : « Roland est mort » raconte l’histoire d’un homme qui hérite de l’urne funéraire et du caniche de son voisin. Dès cet instant, celui-ci aura pour seul but de se débarrasser de ces deux encombrants ? Pourquoi avoir décidé de traiter ce sujet ?
NR : J’avais envie de parler des oubliés, des laissés-pour-compte, de ceux qu’on ne remarque pas. Je lisais tous ces faits divers qui parlent de ces gens qui meurent seuls chez eux et je me suis demandé : qui sont-ils ? Et si demain mon voisin mourrait dans l’indifférence générale, est-ce que je me sentirais coupable d’indifférence ? Autour de ce sujet grave, j’ai élaboré une comédie car j’aime désamorcer le drame avec humour.

CG : Vous n’avez pas peur de vous attirer les foudres des amis des animaux ? Se débarrasser d’un chien, ce n’est pas très sympa. 😉
NR : Au contraire ! Au début, le narrateur veut se débarrasser du caniche mais en fin de compte il le garde. Finalement il devient son compagnon d’aventure, un personnage secondaire qui ne parle pas mais qui observe, il bouleverse le narrateur qui s’y attache. Ce sont deux solitudes qui se rencontrent et se répondent étrangement. Le personnage du chien est un élément clé du livre, il rend le narrateur très humain alors qu’il est un peu taciturne au départ. Il l’aide à s’ouvrir aux émotions et le rend plus sympathique.

Nicolas-Robin-Ecrivain-Roland-est-mortCG : Vos romans ont tous rencontré le succès auprès des lecteurs, avez-vous noué des liens avec eux aux fils du temps ?
NR : Je réponds à tout le monde, à tous ceux et celles qui m’écrivent sur Facebook, les encouragements sont la meilleure des récompenses. On écrit un livre pour le partage donc c’est intéressant d’en parler. Je suis toujours reconnaissant de leur feedback, j’aime ce mot car il est littéralement un « retour nourrissant ».

CG : « Roland est mort » est votre quatrième roman. Pourquoi ne pas en avoir publié davantage, sachant que le public vous suit et attend vos livres avec impatience ?
NR : Je ne voulais pas écrire inlassablement le même livre, alors j’ai pris mon temps. J’ai jeté des idées sur un carnet de notes, regroupé des thèmes, élaboré une histoire. Je cherchais un nouvel éditeur pour lui proposer un sujet grave et décoiffant sur lequel on peut rire et s’émouvoir, un éditeur avec qui je pouvais mettre en place une vraie collaboration. Et puis un jour, Anne Carrière m’a téléphoné !

CG : Y-a-t-il une raison particulière pour que vous utilisiez des photos de vous sur les couvertures de vos ouvrages ?
NR : Ce n’est pas forcément ma volonté au départ… Vous savez, quand on signe un contrat d’édition, on na pas le contrôle sur tout et on doit obéir à une charte. Pour mon ancien éditeur, il fallait un personnage masculin en couverture. Il ma proposé de choisir parmi une banque dimages et il y a eu un malaise de ma part : je me suis senti dépossédé de mon roman. C’était mon histoire, mon récit, et la tête de quelquun dautre qui allait être placardé dessus. Du coup, j’ai préféré faire le figurant et être le représentant de mon livre, même si je ne suis pas Ryan Gosling.
Avec Anne Carrière, j’étais ravi, la charte est une couverture de couleur unie. J’ai choisi le rose car c’est la fantaisie, la couleur de la tendresse. Je n’apparais pas sur la couverture mais sur le bandeau, pour me présenter au lecteur, c’est plus solennel.

Nicolas-Robin-Bebe-requinCG : De « Bébé requin » à « Roland est mort », quelles sont vos sources d’inspiration ?
NR : Je puise mon inspiration dans la vie au quotidien. J’observe les gens dans les cafés, dans les transports. Je lis la presse, les faits-divers, les témoignages incroyables. Parfois c’est une phrase que j’entends, qui résonne, et mon imagination se délie. J’aime les anti-héros, ceux qui marchent sur une planche pourrie et qui se relèvent, les gens bafoués ou mis sur la touche, ceux qui font tapisserie dans les soirées. Pour moi, ce sont eux qui ont des choses à raconter.

CG : Parmi vos ouvrages, quel est celui qui vous a donné le plus de plaisir et celui qui a demandé le plus d’efforts ?
NR : J’ai eu du plaisir à tous les écrire, cependant avec « Roland est mort », j’ai découvert une nouvelle façon de travailler extrêmement enrichissante, notamment au travers de la collaboration avec l’éditeur. Anne Carrière a posé un regard bienveillant sur le manuscrit, elle n’a pas cherché à le dénaturer mais vraiment à l’améliorer. Elle me l’a fait retravailler plusieurs fois avec quelques directives pour le rendre plus cohérent et plus limpide. J’ai adoré cette période trépidante.

Super-tragiqueCG : Quels conseils donneriez-vous à un jeune gay qui veut se lancer dans l’écriture ?
NR : Écrire des textes, gay ou pas, peu importe, l’essentiel c’est d’aller au bout de son projet, d’écrire, de vibrer. Il faut toujours faire preuve de clairvoyance dans son écriture et s’armer de patience car la route est longue avant de rencontrer un éditeur. Il est capital d’être décomplexé quand on délivre son manuscrit et ne jamais se dévaloriser. Enfin, je dirais que la question fondamentale à se poser c’est « Si jamais personne ne publie ce que j’écris, est-ce que je continue ? » Et la réponse est évidemment « oui » !

CG : Quels sont vos auteurs de chevets ? Quels sont les auteurs ou les romans que vous nous conseillez ?
NR : « Des épines et des roses » de Robert Badinter qui raconte ses combats politiques. « Testament » de Vickie Gendreau, une romancière québécoise partie trop tôt. « L’alchimiste » de Paolo Coelho car c’est ce roman qui m’a mené vers Anne Carrière. « Le lion » de Joseph Kessel est le livre de mon enfance. Tous les romans de Grégoire Delacourt, de l’humour et de la tendresse à foison, je l’aime tellement.

CG : Avez-vous d’autres projets littéraires en tête ?
NR : Ah ah ! Oui ! Mais c’est Anne Carrière qui en aura la primeur. Et j’espère vous en parler bientôt.

 

Nicolas-Robin-Ecrivain2

 

Roland-est-mort-Nicolas-RobinNicolas Robin « Roland est mort »

Roland est mort. Les sapeurs-pompiers l’ont retrouvé la tête dans la gamelle du chien. Ils viennent enlever le corps et se débarrassent du caniche en le confiant à son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul. Roland est mort depuis une semaine. Son voisin ne le connaissait pas vraiment, mais il aurait dû s’en douter : il n’entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur. II écope du chien, puis de l’urne contenant les cendres du défunt. Que faire de ce lourd héritage chargé de poils et de céramique ? Le voisin va tout tenter pour s’en débarrasser, mais en a-t-il vraiment envie ? Ce livre est un ovni. La force des mots, l’immense sensibilité qui s’en dégage font qu’il laisse une trace et qu’on le quitte avec regret.

 

 

 

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1 thought on “Nicolas Robin, la plume du succès”

  1. Ce livre est absolument génial! A lire sans tarder!

    Nicolas a tort sur un point dans les réponses qu’il vous fait: il est beaucoup plus beau que Ryan Gosling!

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