Les sacrés Bons Dieux de Jean-Marc-Brière

Sacrés bons dieux de Jean-Marc Brière

Les romans de Jean-Marc Brière jalonnent les bibliothèques numériques comme de délicieuses pâtisseries dans la devanture d’un salon de thé. Tout le monde adore ce littéraire dont la plume précise glisse souvent dans l’érotisme le plus exacerbé. Mais on sait peu de choses de l’homme derrière ses livres. Il a accepté notre interview.

 

Culture Gay : Bonjour Jean-Marc Brière, pourriez-vous lever le voile sur qui vous êtes dans la vie ? (Où vivez-vous, quels sont vos auteurs favoris, que faites-vous dans la vie, quelles sont vos passions ?)

Jean-Marc Brière : Je vis en Angoumois (Angoulême). Je vis de mes rentes après environ 34 ans de travail acharné (pas que…) et une vie mouvementée mais pas trop dissipée au cours de laquelle j’ai connu le bonheur auprès d’un homme (aujourd’hui décédé) pendant 33 ans. Enfant oublié par sa famille, j’ai vécu en pension jusqu’à l’âge de 18 ans. Serveur de restaurants, j’ai suivi des cours de droit pour devenir conseiller juridique et fiscal puis expert comptable. Exclusivement gay depuis toujours, je m’en suis trouvé très heureux. J’estime que parler de sexe est aussi normal que de parler de son boulot.

J’adore lire, la musique Classique ou non, visiter des musées, voir des spectacles mais surtout errer dans des régions ou des pays que je ne connais pas.

Culture Gay : Vous êtes l’un des écrivains gays les plus prolifiques de votre génération avec près d’une quarantaine de romans à votre actif. D’où vous vient cette source d’inspiration considérable ? A quel âge avez-vous commencé à écrire ? Avez-vous des anecdotes ou des titres préférés dans toute votre production ?

Jean-Marc Brière : Une anecdote ? Mon homme et moi lisions souvent des textes érotiques gays. Un jour, il m’a mis au défi d’en écrire un pour lui. Il l’a adressé à Textes gais, après l’avoir lu. Voilà comment cela a commencé au début des années 2000. J’avais 56-57 ans. J’ai continué pour qu’il s’amuse à les lire. Je continue bien qu’il ne soit plus là : j’avais promis d’en écrire une centaine…

L’inspiration ? Nos propres expériences, celles d’amis. Des idées piochées dans mes lectures, voire dans des films.

Mes titres préférés : Omar & les autres, Nous deux la vie, Profession régulateur.

 

Culture Gay : Avez-vous beaucoup de contacts avec vos lecteurs ? On sait que les romans gays attirent énormément les femmes, sont-elles friandes de vos textes où l’érotisme masculin est quasi-permanent ?

Jean-Marc Brière : Je n’ai aucun contact avec mes lecteurs, L’éditeur et les diffuseurs ne m’ont jamais transmis de message de leur part. En outre, je ne lis jamais les critiques publiées sur les sites de ces diffuseurs. Il m’est donc impossible de dire si les femmes aiment ma prose toute relative.

Une seule fois j’ai lu une critique d’un lecteur. Il déclarait n’avoir jamais rien lu de moi parce que j’étais nul (authentique). Ce qui nous a fait beaucoup rire d’ailleurs. Mais je compte m’adresser aux lecteurs, prochainement, à l’occasion d’un récit. Je leur dois une certaine reconnaissance pour leur patience à me lire. 

 

Culture Gay : “Sacrés bons dieux” commence comme une véritable autobiographie. Le roman fourmille de détails qui semblent trop crédibles pour être inventés. Qu’elle est la part de vérité dans ce livre ?

Jean-Marc Brière : Chaque récit part d’une réalité vécue. C’est l’idée de départ, en quelque sorte. Ensuite, je brode autour. Ici, c’est mon athéisme le point de départ. S’agissant des détails, il suffit de les prendre dans la vie courante de tout un chacun. 

 

Culture Gay : Noé est un jeune gay  issu d’une famille nombreuse et modeste. Grâce à un heureux concours de circonstances, il devient riche et décide de partir seul pour un long voyage en bateau. Il va faire la connaissance de Gregorio et de beaucoup d’autres. Finalement “Sacrés bons dieux”, c’est un roman de rencontres ? 

Jean-Marc Brière : Effectivement. Mais beaucoup de ces rencontres sont “involontaires”. C’est aussi une histoire sur les aléas des rencontres.

 

Culture Gay : Gregorio est très attachant, mais il est, comme beaucoup de personnages de ce livre, victime de sa sexualité. Il a honte de son attirance pour les hommes alors qu’il vit avec une femme. Cependant, les scènes de sexe sont torrides. Le sexe coupable est-il encore plus jouissif que l’amour libéré ?

Jean-Marc Brière : Il faut croire que oui, mais modérément selon moi. Le sexe coupable peut apporter un plus à l’amour libéré, le valoriser. Cependant, l’amour libéré reste le summum dans la vie.

 

Culture Gay : Dès les premières lignes, on remarque chez vous un style pointu, maîtrisé, une facilité à décrire des débats multiples mais jamais rébarbatifs. Les scènes érotiques sont nombreuses et imaginatives. Lorsque Noé rencontre Ivan et qu’il pénétre dans la fameuse chambre, l’intrigue bascule dans le fantastique. Il s’en suit une scène fantasmagorique incroyable. Avez-vous déjà songé à écrire un roman entièrement fantastique, gay ou pas ?

 

Jean-Marc Brière : J’écris des historiettes pour me distraire les jours de grand froid, de canicule, ou de grande fatigue. Je n’écris pas de livre. Écrire un livre, c’est tout autre chose, qu’il soit ou non érotique. Cela dit, j’aime trop la SF pour me lancer dans une telle aventure. Mais cela ne m’empêchera pas de recommencer, à mon niveau.

 

Culture Gay : “Sacrés bons dieux” fera un très bon cadeau de Noël, mais quels sont les trois livres que vous pourriez offrir à un ami gay ?

Jean-Marc Brière : S’il s’agit de ma production, voir les histoires citées plus haut. S’agissant de la littérature en général, la liste est bien trop longue tant il y a d’oeuvres pour lesquelles j’ai une préférence. En choisir une plutôt que l’autre me paraît impossible.

 

Culture Gay : Merci beaucoup !

 

Résumé officiel :

Roman de 320 000 caractères, 54 000 mots, 266 pages en équivalent papier.

« … S’approche du lit un jeune homme, vingt, vingt-deux ans, guère plus. Un sourire resplendissant laisse apparaître une solide dentition sans défaut, éclatante. Le visage franc, à l’ovale des plus élégants attire l’attention. Deux yeux rieurs, brillants de malice, ne cachent pas leur bleu profond dans lesquels une personne avisée distinguerait une grande mélancolie. Le corps élancé, musclé, n’a rien d’un bodybuildé. J’apprécie d’autant que j’en admire tous les recoins puisque l’arrivant est totalement nu, avançant tout en effectuant un tour sur lui-même afin de se montrer entièrement. J’applaudis, reçois mon visiteur qui s’affale sur moi avant de coller ses lèvres aux miennes… »

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