Interview Nicolas Henri, Antinoüs, quand le mythe devient chair

Interview exclusive de Nicolas Henri.

Interview exclusive de Nicolas Henri.

Antinoüs; Quand le mythe devient chair…

Si Zeus avait eu le choix, ce n’est pas Ganymède qu’il aurait choisi… Cette déclaration d’amour d’Hadrien, empereur d’une Rome à son apogée, marque le début d’une relation exceptionnelle dont l’histoire ne garde pour toute trace qu’une des plus importantes statuaires de l’histoire de l’humanité, hommage au destin tragique de l’être aimé.
Si le parcours d’Hadrien est aujourd’hui bien connu et a fait l’objet de nombreuses fictions, celui de son amant restait à imaginer.
Car l’on sait très peu de chose du petit berger de Bithynie, sinon que rien ne laissait présager sa rencontre avec l’homme le plus puissant du monde d’alors, ni la fin dramatique de leur relation… C’est à cette découverte touchante et sensuelle que nous invite Nicolas Henri dans son nouveau roman.

Qui êtes-vous Nicolas Henri ?

Ce  que je suis n’a pas tellement d’importance. J’ai mené en parallèle une carrière d’enseignant et de bibliothécaire dans une commune rurale de Haute Ardenne en Belgique.  Les livres ont donc occupé une place majeure dans ma vie. Et depuis que je suis retraité je ne me contente plus de lire, j’écris aussi. Antinoüs est mon 6° roman.

Pourquoi Antinoüs ?

L’homosexualité a toujours occupé une place prépondérante dans mes romans. Avec une connotation érotique certaine. Et Antinoüs me semblait répondre à cette double perspective.

antinousQui est Antinoüs ?

Historiquement on ne sait pas grand chose d’Antinoüs, sinon qu’il fut le favori de l’empereur Hadrien et périt noyé dans le Nil. Cela laisse beaucoup de liberté au romancier en ce qui concerne les relations entre l’homme le plus puissant d’une Rome à son apogée et un garçon de Bithynie (actuelle Turquie) que rien ne prédestinait à entrer dans le cercle très restreint des amis de l’empereur, si ce n’est sans doute, sa jeunesse, sa beauté, sa sensualité… Cette liberté est toutefois balisée par la vie d’Hadrien dont on sait à peu près tout contrairement à celle d’Antinoüs. Les biographies d’Hadrien ne manquent pas. Antinoüs n’y occupe qu’une place marginale sauf dans ce monument littéraire du XX° siècle que sont “Les mémoires d’Hadrien” de Marguerite Yourcenar qui m’ont servi de fil rouge pour écrire ce roman.

S’il n’a joué aucun rôle particulier, pourquoi s’intéresser à Antinoüs ?

Antinoüs n’a joué aucun rôle sur le plan politique ou culturel. Mais il a dû jouer un rôle capital dans la vie sentimentale de l’empereur sinon comment expliquer que celui-ci, à la mort de son amant, en fasse un Dieu, bâtit des villes qui portent son nom, multiplie les temples dédié à Antinoüs, bat de la monnaie à son effigie…Comment expliquer qu’il y ait aujourd’hui davantage de statues et de bustes d’Antinoüs  que de son mentor ?  Et il est assez remarquable de constater que les cinq ou six années pendant lesquelles  Antinoüs vécut avec Hadrien correspondent à des années particulièrement sereines sur plan politique et fastes sur le plan culturel. Un climat qui se dégradera sensiblement après la mort d’Antinoüs.

Mais encore ?

Antinoüs  est très jeune quand il croise la route de l’empereur. Un empereur féru de culture grecque qui voit immédiatement en ce garçon l’éromène idéal. L’éromène, pour ceux qui l’ignorent, est un adolescent pris en charge par un éraste. Une prise en charge non dénuée de sa part d’érotisme. Une vision qui choquerait sans doute aujourd’hui. Même si la majorité sexuelle est fixée à quinze ou seize ans, on voit mal aujourd’hui un homme dans la quarantaine s’afficher ouvertement avec un amant de cet âge sans provoquer de scandale. Pourtant ce fut le cas de ce couple mythique.

Pourtant cette relation exceptionnelle n’était-elle pas condamnée ?

 Si. Et, paradoxalement, c’est parce que Antinoüs allait passer d’éphèbe à adulte qu’elle l’était.  C’est pourquoi la mort d’Antinoüs à la veille de ses vingt ans permettra au couple de survivre au-delà des siècles . L’histoire ne dit pas si cette mort relève de l’accident, du crime ou du suicide. Libre donc au romancier de choisir l’hypothèse qui lui paraît la plus plausible.

Et où peut-on se procurer ce roman ?

Ce roman est paru aux éditions H&O (ho-editions.com) mais il sera disponible en librairies dans les prochains jours  et sur de nombreux sites de vente en ligne.

 

À propos de Nicolas Henri

Nicolas Henri a obtenu le « Prix du roman gay 2004 » pour son premier ouvrage, “Bleu Caraïbes” (H&O poche). On lui doit trois autres romans, tous publiés par H&O : “La nuit de Mortefagne”, “Le prince de Kazarkhan” et “Les garçons d’Acapulco”.

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