Guy : Notre histoire d’amour a duré 44 ans !

Histoireans

 

Guy est loin de la génération Grindr qui, tout en consommant le sexe comme un produit d’alimentation, se plaint de relations dénuées de sentiments. Guy a traversé l’après-guerre, l’homophobie ordinaire et toutes les épreuves de la vie avec son compagnon. Il témoigne pour Culture Gay.

 

Culture Gay : Bonjour Guy, merci beaucoup d’accepter de répondre à nos questions. Vous êtes né en 1938, pourriez-vous nous expliquer comment était perçue l’homosexualité aussi loin que vont vos souvenirs ?
Guy : Je suis né en 1937 à Amsterdam… l’homosexualité était absolument tabou jusqu’en 1960 par-là !

CG : À quel âge avez-vous réalisé que vous étiez homosexuel ? Aviez-vous des amis à qui vous pouviez en parler ?
Guy : Je devais avoir 13 ans … et non je n’avais personne à qui parler du sujet.

 

CG : Comment se comportaient les autres enfants avec vous à l’école ? Vous sentiez-vous discriminé ? Les enseignants ou les adultes venaient-ils à votre aide ?
Guy : Oui, j’étais leur tête de “Turc” … personne venait à mon secours, sauf un seul ami d’enfance, avec qui je suis toujours resté ami … encore aujourd’hui.

 

CG : Comment a réagi votre entourage (famille, amis) lorsque vous avez fait votre coming out à l’âge de 21 ans ?
Guy : Incrédule, ils ne voulaient pas le croire … Ils ont même été jusqu’à m’envoyer chez un “Psy” …

 

CG : Il n’y avait pas d’internet, ni de téléphone rose à cette époque, comment faisaient les gays pour entrer en contact ?
Guy : On draguait dans les lieux publics, comme les parcs, et certains cinémas.

 

CG : Vous vous êtes finalement bien assumé puisqu’à 29 ans; vous vous êtes installé en couple avec un anglais de 22 ans. Comment vous voyaient vos voisins, vos relations ? Votre couple était-il bien perçu ?
Guy : Nous n’avons jamais eu de vrais problèmes, notre propriétaire nous appelait “mes Boys” … et par la suite lorsque nous avions acheté notre maison, nous nous entendions à merveille avec les voisins.

 

CG : Dans le monde professionnel, vos collègues savaient-ils que vous étiez gay. Comment cela était-il perçu ?
Guy : je n’ai jamais eu de problème, j’avais d’ailleurs plusieurs collègues qui étaient “Gay” … je travaillais pour l’aviation civile, et il y a beaucoup de gays dans cette profession…

 

CG : Vous et votre ami avez vécu ensemble pendant 44 ans (félicitations !), quels conseils donneriez-vous un jeune qui rêve de vivre avec un homme ? D’après votre expérience, y a-t-il des pièges à éviter pour que ça dure aussi longtemps ?
Guy : Ah, c’est LA grande question … Il faut faire entière confiance en l’être aimé, être très attentif, lui donner beaucoup de preuves d’amour, prendre des décisions et faire les chose à DEUX, toujours … rester fidèle et ne pas décevoir (c’est la chose la plus difficile) .. j’ai fait des faux pas, mais j’ai eu de la chance, mon compagnon était lui très fidèle et il m’aimait profondément .  Il m’a toujours pardonné mes faux pas … il était la bonté et la douceur même … mais attention il ne faut pas en abuser !

 

CG : Avec le recul, diriez-vous que la société a réellement évolué ou que c’est juste une évolution de surface et que la répression des homosexuels nous pend toujours au nez ?
Guy : Difficile à dire … Il est exact que nous vivons une époque de grande ouverture d’esprit en ce qui concerne l’homosexualité, comparé de ce qui se passait dans un passé pas tellement lointain … Mais il faut rester vigilants, tout peux changer encore dans ce monde instable dans lequel nous vivons … L’intolérance n’a pas été éradiquée, loin s’en faut !

 

CG : Si dans votre jeunesse, vous aviez pu vous marier avec votre compagnon, l’auriez-vous fait ?
Guy : Oui, certainement … D’ailleurs nous l’avons fait en 2005. Nous nous sommes mariés civilement dans l’Hôtel de Ville de Bruxelles, dans la grand salle des mariages…

 

CG : Si vous aviez 20 ans aujourd’hui quel type de garçon rechercheriez-vous pour faire votre vie ?
Guy :
Le même que celui que celui que je me suis “choisi” ce beau jour de juin en 1966  … Grand, mince, d’un grande douceur de caractère, mais volontaire aussi  … Bref, l’oiseau rare !

 

CG : Merci beaucoup, Guy !
Guy : Mais c’est moi qui vous remercie.  Bonne chance avec votre œuvre !

 

Guy s’est raconté à travers un blog et il nous propose de parcourir son histoire plus en détails :

Ma vie de couple, par Guy de Valk

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