En Algérie, être pénétré c’est très mal, même si c’est un viol.

Rahim : “En Algérie, être pénétré c’est très mal, même si c’est un viol !”

Rahim est un jeune algérien de 27 ans. Il habite Alger et ne supporte plus les mauvais traitements qui sont réservés aux gays. Violé à de multiples reprises pendant des années par le mari de sa sœur, il a décidé de se confier à Culture Gay.

Culture Gay : Salut Rahim, tu habites Alger. Peux-tu nous décrire comment est ton quotidien aujourd’hui en tant que gay ?

Rahim : Actuellement, je me sens menacé au quotidien, surtout quand je me rends dans les lieux de drague gay… Dès que je sors de chez moi et que je traverse ma cité, on m’insulte, on fait des bruits bizarres. Si seulement ce n’était que cela ! À plusieurs reprises on a essayé de m’agresser physiquement. À chaque fois ils étaient plusieurs contre moi.
Ils ont même lancé un chien à ma poursuite. Une fois, alors que j’étais en train de marcher, un mec vient par-derrière moi et me gifle. Je suis tombé par terre et il m’a craché dessus. Ensuite, il a jeté sa cigarette allumée en direction de mes yeux. Heureusement je portais une casquette !

Culture Gay : Comment sont perçus les gays en Algérie ? Est-ce que tous les gays sont persécutés, ou est-ce que certains peuvent avoir une vie normale au grand jour ?

Rahim : Il y a une fausse image des homosexuels. Les gens pensent que tous les gays sont efféminés. Très peu d’homosexuels s’assument car, d’après moi l’homosexualité n’est pas compatible avec l’islam. Bien sûr, je ne peux pas parler à la place de tous les Algériens. En Algérie, être lesbienne est plus accepté…

Culture Gay : Comment les gays font-ils pour se rencontrer. N’est-ce pas dangereux d’utiliser des applications comme Grindr ou Hornet ?

Rahim : Le terme qui revient le plus souvent dans ce genre d’applications, c’est le mot “discret”. Tout le monde a une double vie. Ça peut être dangereux, mais personnellement, je n’ai jamais entendu parler de problème suite à l’utilisation de ces applications. En Algérie, on se rencontre surtout via Facebook. Ou on drague gay dans des lieux connus des homosexuels, des parcs, des stades ou le centre-ville.

Culture Gay : Connais-tu les groupes sur lesquels les gays peuvent se rencontrer ?

Rahim : Oui :

https://m.facebook.com/1851782611537055

Gay d’Alger Information

https://m.facebook.com/229832381093447

Culture Gay : Comment vois-tu l’avenir en tant que gay ?
Rahim : Je ne supporte plus cette mentalité, je ne supporte toute cette hypocrisie. Je souhaite partir le plus rapidement possible d’ici. Je fais mon possible pour.

Culture Gay : Où voudrais-tu vivre ?
Rahim : L’idéal, au Portugal ou en Espagne.

Culture Gay : Sinon, en Algérie, tu n’as pas de moyen d’être défendu ?
Rahim : Non. Quand je me tourne vers la police pour dénoncer les agressions, les flics me proposent des rapports sexuels en échange de leur aide. Si je refuse, ils me répondent par « t’avais qu’à s’habiller autrement ». Pourtant je m’habille le plus normalement possible. Personne ne sait que je suis gay sauf ma sœur et quelques amis très rares en qui j’ai toute confiance.

Culture Gay : Tu es sérieux ? La police te demande des rapports sexuels ?
Rahim : Oui, ça commence par des insinuations. Ensuite ils me font comprendre qu’ils veulent clairement se vider les c********…  Je peux vous parler des viols que j’ai subis ?

Culture Gay : Oui, si tu veux.
Rahim : Alors voilà, j’avais 12 ans. Le mari de ma sœur me considérait comme une « femelle ». Il ne se privait pas de me le répéter lorsque nous étions seuls. Il aimait me dévaloriser pour que je me sente comme un moins que rien. Ma première agression s’est déroulée alors que j’avais  12 ans. Il me faisait peur. Il a commencé en m’intimidant. Et ensuite il a banalisé le sexe. À chaque fois qu’on était tout seul, il abusait de moi…

Culture Gay : Que te faisait-il ?
Rahim : Ça a commencé par des proposition de regarder des film pornos. Ensuite des caresses… Quand je ne voulais pas, il se fâchait et devenait violent. Il me demandait des fellation et même des pénétrations sans aucun lubrifiant ni aucune préparation. Avec lui je me suis vite senti comme un moins que rien. Il a continué à me violer jusqu’à mes 16 ans. Il avait essayé de me violer aussi pendant l’anniversaire de mon neveu… Étrangement, c’est moi qui avais peur que ça se sache…

Culture Gay : Mais lui, il n’avait pas peur ?
Rahim : Lui ? Non !

Culture Gay : Pourquoi ? Si être gay c’est très mal, on tolère la pédophilie en Algérie ?
Rahim : Ce que les gens ne tolèrent pas c’est qu’un homme soit passif. Un actif ne risque rien. Dans l’opinion algérienne, pénétrer l’autre c’est bien, se faire pénétrer c’est très mal. à cause de ce viol, j’ai eu beaucoup de mal a m’accepter. Je culpabilisais.  Je pensais que c’était à cause de lui que je suis devenu gay. Je suis partie chez un psy sa seule réponse a été : « C’est à cause de ta sœur. Elle aurait dû satisfaire son mari, c’est cité dans le Coran. Les femmes doivent faire l’amour avec leur mari à chaque fois qu’il le désire, sinon c’est une mauvaise femme ». Grosso modo, d’après le psy, c’est à cause de ma sœur que je me suis fait violer.

Culture Gay : Tu en as parlé à ta sœur ? Est-elle toujours avec lui ?
Rahim : Oui. Je lui ai tout raconté, mais elle ne l’a pas quitté pour autant.

Culture Gay : Elle n’a pas peur pour ses propres enfants ?
Rahim : Non, elle dit qu’il ne ferait jamais cela, mais je pense qu’il l’a déjà fait. Il a abusé de ses deux filles.

Culture Gay : Pourquoi ne le dénonces-tu pas à la police ? Comme tu l’as dit, les victimes de pédophilie sont marquées à jamais.
Rahim : Je l’ai fait, mais ils s’en sont lavé les mains. Je me suis dirigé vers la gendarmerie la plus proche de chez ma sœur, mais j’attends toujours leur réponse… Pour finir sur une note positive, je voudrais dire que je suis actuellement je suis en couple avec un français. Il est passionné d’Algérie et il veut y vivre. On me dit  que je l’utilise pour les papiers, mais c’est faux. Je l’aime de toi mon cœur, d’un amour sincère !

Culture Gay : Super ! Nous vous souhaitons beaucoup de bonheur !
Rahim : Merci beaucoup !

PS : Nous apprenons aujourd’hui le mariage de Brahim avec son ami français !!! Toutes nos félicitations !

 

 

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