Dimitri Lam : « Je ne mets pas de barrières »

Dimitri-Lam
CG : Bonjour Dimitri, pourriez-vous vous présenter en un seul Tweet ?
DL : Petit artiste gribouilleur Français autodidacte passionné de Manga, de cinéma/musique et amoureux des canards !

CG : C’est Têtu qui vous a révélé en publiant vos dessins sur le site internet du célèbre magazine. Les LBGT sont-ils de grands lecteurs de bandes dessinées ?
DL :Je pense surtout que les LGBT ont besoin de se retrouver dans la culture populaire, quel que soit le média. En ce qui concerne la bande dessinée, au même niveau que la musique ou cinéma, il y en a pour tous les goûts et genres.
Ils ont peut-être la même curiosité qu’un public classique mais je pense qu’ils sont plus ouverts et réceptifs à certains sujets abordés. Mais ce n’est que mon avis. 😉
CG : Vous êtes l’auteur du premier manga gay français. À partir de quel moment vous est venue l’idée de passer du dessin à celle de faire publier votre première bande dessinée ?
DL : Depuis tout petit, je voulais devenir dessinateur, pas forcément auteur BD mais plutôt illustrateur. Etant très réservé, assez sauvage, le dessin m’a toujours permis de m’exprimer, d’extérioriser.
Pendant mes années lycée, je dessinais/gribouillais beaucoup, et même pour une simple illustration que je réalisais, je pensais à toute l’histoire autour et ce que je voulais faire ressortir sur le papier.
Cela s’est fait naturellement et le besoin de raconter des histoires est devenu important pour moi et m’a amené petit à petit à réaliser des bande dessinées. J’avais envie de partager quelque chose avec les gens et les divertir.
La BD est donc devenue une évidence !
CG : Vous dessinez mais écrivez également le scénario et les dialogues. Comment procédez-vous  pour préparer votre travail et vous y retrouver ?
DL : J’écris souvent et beaucoup. En général, pour un chapitre, je pose sur le papier les bases avec la ligne directrice à suivre, les moments importants en quelques phrases.
Il m’arrive aussi de rédiger des répliques/actions qui me viennent à l’esprit pour chaque personnage.
Puis je détaille mon scénario sur mon PC, scène par scène, plans, répliques…etc. Ensuite, je dessine le storyboard planche par planche avec les indications des répliques etc… et le tour est joué !
CG : Travaillez-vous d’abord sur un support papier avant de numériser vos dessins ou travaillez-vous directement sur palette graphique ? Vous arrive-t-il d’utiliser des photos pour travailler vos images ?
DL : Je commence toujours par travailler sur le papier. Je dessine chaque case séparément avant de les numériser et nettoyer les images. Je fais la mise en couleur de chaque case (tramage en niveaux de gris) avant de faire le montage de ma planche avec le texte (lettrage). Je fais toutes ces étapes à la souris, travaillant beaucoup plus facilement et plus rapidement ainsi. Je possède une palette graphique mais il faudra que je m’y mette quand j’aurai un peu plus de temps !
Il m’arrive de m’inspirer d’une photo pour dessiner quand je veux avoir un rendu satisfaisant d’une musculature, d’un objet/décor.
CG : Pensez-vous qu’il est plus difficile de faire publier une bande dessinée avec des personnages gays chez les éditeurs traditionnels (Dupuis, Delcourt, Casterman, etc) ?
DL : Je pense qu’il est certainement beaucoup moins difficile à notre époque qu’il y a 10 ans d’avoir un récit contenant des personnages gays. Après tout dépend du style, public visé etc… Le marché de la bande dessinée est en constante évolution.
CG : Vous fixez-vous des limites ou un cadre, sachant que la bande dessinée offre des possibilités infinies ?
DL : Je ne me fixe aucune limites du moment qu’il sert mon propos comme je le désire.
Par contre, il m’arrive parfois de me réfréner un peu, plus parce que je trouve une approche maladroite dans le récit et que j’estime que je peux faire mieux.
Mais en aucun cas ne mets pas de barrières.
CG : Les japonais sont extrêmement prolifiques en matière de Yaoi, pouvez-vous citer quelques ouvrages de référence pour celles et ceux qui voudraient découvrir cet univers ?
DL :Ah ah mais je ne lis pas de Yaoi ! Je peux éventuellement vous citer des titres dont l’ambiguïté sexuelle des protagonistes rend un récit trépidant et à mon goût plus intéressant comme “Tokyo Babylon”, “RG Veda” des CLAMP.
Il y a “La Tour Fantôme” que j’ai beaucoup aimé et qui aborde l’identité sexuelle d’une jolie manière dans une histoire qui mêle chasse au trésor et enquête policière à la sauce fantastique, mais malheureusement je ne pourrai pas vous conseiller de titres purement Yaoi !
CG : Avez-vous une communauté de lecteurs qui vous aide, vous donne des conseils, vous apporte des idées pour vos intrigues ?
DL : Je croise très régulièrement mes lecteurs sur les salons manga auxquels je participe et sur mes dédicaces, et j’essaie d’être autant à leur écoute que je peux. Il est toujours intéressant de comparer votre création et la façon dont quelqu’un d’autre va percevoir votre travail, comment cela l’affecte et va l’interpréter. Un conseil est toujours bon à prendre et on ne peut que s’améliorer en prenant en compte les avis de personnes passionnés. Cela influence consciemment ou non ma façon de travailler ou d’écrire. Il m’arrive parfois dans une de mes planches de faire un petit clin d’oeil à un lecteur en le faisant apparaitre dans le coin d’une case, d’une foule, d’un dessin etc… C’est ma façon à moi de remercier les personnes qui me soutiennent si gentiment.
CG : Y aura-t-il un troisième tome des aventures de Josh ? Avez-vous d’autres projets ?
DL : J’ai achevé le storyboard du troisième volume et ai commencé à en dessiner les planches il y a quelques semaines ! Cela occupe une bonne partie de mon temps mais quelques surprises sont à venir au cours de cette année ! 😉

CG : Merci beaucoup !
DL : Merci à vous !
PartagezShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on PinterestShare on TumblrShare on LinkedInEmail this to someone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *