David, « Plus personne ne m’adressait la parole »

David : « toi qui es sérophobe, ça peut t’arriver, à toi aussi »

 

David, 31 ans, a récemment poussé un coup de gueule sur Facebook et son message touchant a immédiatement remporté l’adhésion de dizaines de fans. Victime de la rumeur à cause de sa séropositivité, il nous explique son parcours.

 

Culture Gay : Bonjour David. À quel âge as-tu découvert ta séropositivité ? Comme as-tu vécu cette annonce ? Tu en as aussitôt parlé à ton entourage ?

David : J’ai découvert ma séropositivité a l’âge de 24 ans le 15 août 2010 pour être très précis. Quand tu apprends que tu es séropositif tu tombes de haut, tu as l’impression que tout s’effondre autour de toi. Je suis resté enfermé chez moi pendant de long mois sans voir personne. J’avais tellement honte de moi et je vivais dans une ville ou les homosexuels sont très mal vus donc je me suis dit si en plus ils savent que je suis séropositif, c’est la fin pour moi. Pendant ces longs mois de silence j’ai voulu en finir avec la vie je ne me voyais pas vivre avec cette foutue maladie. En plus ça m’est tombé dessus sans même que je la connaisse vraiment, sans même savoir si j’allais vivre encore longtemps. Du coup J’ai préféré le cacher à ma famille pendant de longs mois. C’était à la fois égoïste de ma part de pas leur dire de suite, mais c’était aussi pour les protéger de tout ce qui allait se dire sur moi. Je ne voulais pas que ma famille s’inquiète et se rendent malade pour moi   

Culture Gay : Tu as subi des ragots de la part de gays, veux-tu nous en parler ?

David : À la révélation de ma séropositivité j’ai subit pas mal de chose comme quoi j’étais un “nid a saloperies”, que je n’avais “pas seulement le SIDA mais plein d’autres maladies”. C’était surement une manière pour les gens d’essayer de me mettre de côté. Heureusement tous les gay ne réagissent pas comme ça et heureusement !

David : « Je veux laisser un message d’espoir »

Culture Gay : Ta réputation a vite été détruite et les gens t’ont jugé comme un condamné ?

David : Pour les gens je suis devenu comme un assassin, un meurtrier, un voleur. Plus personne m’adressait la parole. On me croisait dans la rue on me dévisageait. On m’a même dit je cite : « Comment peut tu encore sortir de chez toi alors que tu as le SIDA et que tu ressembles a un cadavre ? »

Quand tu entends ça de la bouche des gens qui étaient tes sois disant amis… Ces personnes, je les portais dans mon cœur… Je me suis senti complètement détruit d’un coup. C’était pas possible qu’ils puissent me dire ça alors que quelque mois en auparavant, ils étaient là pour moi, on allait en soirée ensemble, on faisait la fête ensemble. Du jour au lendemain, il y avait plus rien. J’ai été rayé de la liste. Ne parlons même pas du milieu, je ne pouvais même plus y mettre les pieds. J’ai même été interdit de rentrer dans certaines soirées de peur que je les contamine. Ça va très loin ! Les gens étaient parano alors qu’ils connaissaient rien a la maladie.

 

Culture Gay : Pourtant aujourd’hui des traitements existent et on peut se soigner et presque mener une vie normale…

David : J’en suis la preuve vivante. On peut mener une vie normale, aujourd’hui. Avec une personne séropositive qui a une charge virale indétectable et qui prend son traitement correctement, le risque de contamination est minime. On ne peut pas dire zéro, car le risque zéro n’existe pas, mais comme je dis souvent, «si tu tombes sur les 1/100 cours jouer au Loto ! » (humour)

Ce n’est pas parce que t’es séropositif que tout s’arrête. La médecine avance et même plutôt bien. La preuve encore une fois, j’ai eu des relations longues depuis 7 ans et mes ex n’ont jamais rien chopé, ce qui prouve l’efficacité des traitements.  Je suis pas médecin mais sûrement une des personnes les mieux placées pour en parler et pour vous dire que notre espérance de vie est la même que pour une personne qui n’est pas malade.

 

Culture Gay : Tu as décidé de parler car tu voudrais aider les plus jeunes qui ont moins de caractère que toi.

David : Oui, j’ai décidé de révéler ma maladie, parce que je pense avant tout à cette nouvelle génération. J’ai l’impression de me voir en eux quand j’avais leurs âge. J’étais naïf, j’avais peur de tout, mais je croyais tout connaître. J’ai envie de leur montrer que ce qui se dit à la télé n’est pas toujours la vérité. Il faut arrêter de se cacher, arrêter de donner raison à toutes ces personnes qui nous jugent sans nous connaître. J’ai envie que mon histoire soit un message d’espoir à leurs yeux. Je voudraient qu’ils se retrouvent dans mon témoignage et qu’ils disent STOP à cette sérophobie, STOP à cette méchanceté.

Le caractère que j’ai, c’est parce que j’ai décidé de me faire violence et aussi d’accepter la maladie et d’avancer avec. Se cacher n’est vraiment pas la meilleure solution. Plus tu te cacheras plus la maladie te tueras. Accepte la maladie et tu verras que tu te sentiras beaucoup plus libre en toi.

 

Culture Gay : Tu penses que la sérophobie est encore très présente de nos jours, alors qu’on ne meure pratiquement plus du sida en France ?

David : La sérophobie existera toujours malheureusement car les gens sont mal informés. Les médias n’expliquent pas vraiment ce que signifie SIDA. Le SIDA c’était dans les années 80. On en mourrait, car il n’y avait pas de traitement efficace.

Aujourd’hui, grâce au traitement, le virus ne se propage plus dans le corps. Il est bloqué par le médicament. Du coup, peu de risques de contamination et une espérance de vie tout à fait normale. Si aujourd’hui les médias expliquaient vraiment que le SIDA et le VIH avait deux significations différentes alors la sérophobie n’existerait plus et nous serions plus victimes de ces méchancetés gratuites.

 

Culture Gay : Voudrais-tu faire passer un message particulier aux sérophobes ?

David : S’ils lisent un jour cet article, pensez avant tout aux gens qui vous entourent. Imaginez si c’était un vos proches qui était malade. Vraiment très proches parents, mari, père, mère, enfants, comment réagiriez-vous ? Comme une personne avec un cœur ou sans cœur ? Personne n’est à l’abri de voir ça lui tomber sur la tête un jour. Oui, oui, toi qui es sérophobe, ça peut t’arriver, à toi aussi. Tu seras   bien content de pouvoir compter sur tes proches et tes amis, alors réfléchi bien car si tu continues à être comme ça, le jour où tu seras malade pas spécialement du SIDA comme tu dirais mais d’une autre maladie  «  Je te le souhaite pas ou qui sait, vas savoir » bah tu pourras compter que sur toi-même car au final personne sera là pour toi et là tu pourras bien te remettre en question. Alors réfléchis bien. Lis bien et relis bien mon témoignage. Je suis sûr que cela te fera beaucoup de bien et j’en suis sûr, t’es pas CON, alors tu changeras ton opinion sur les personnes atteintes du VIH Et tu seras le premier à venir me faire la bise. Comme je dis toujours, la vie est courte aimons-nous pour une vie meilleur 😊 On est tous pareils.

 

Culture Gay : Merci beaucoup pour ton témoignage, David !

David : Merci a vous a toutes l’équipe de m’avoir consacré du temps pour parler de ce sujet qui me tient à cœur et qui, j’espère, aidera beaucoup de jeunes séropositifs à avancer malgré la maladie. Gardez p la tête haute et surtout restez forts. Je veux laisser un message d’espoir… Encore merci a tous vous faite un super travail !

 

Pour entrer en contact avec David, cliquez sur ce lien.

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3 thoughts on “David, « Plus personne ne m’adressait la parole »”

  1. Bonjour ,
    Je suis Niçois ,tous et toutes copines gays (et lesbiennes moins ) ont été emportés par cette saloperie ,je n’est jamais fait de différence ,le bonjour la bise le diner chez moi , la seule peur que j’avais sait que mes amis s’en aillent dans la souffrance , j’ai eut beaucoup de chance, ni mon ami et moi avons été contaminées , que le vide est affreux lorsque les amis que nous avons aimés partent ,a l’époque ils souffrait ,je ne suis plus un jeune homme ,mais ATTENTION jeunes gens cette maladie est toujours là ,protégez vous ,vous protègerez les amours d’un soir ” BISES A TOUTES ET TOUS “bonne et heureuse Année a 2018 BISES A TOUTES ET TOUS

  2. Très beau témoignage david ca me touche , malheureusement la société d,aujourd’hui fait tout pour ne pas vraiment explique ce qu es cette maladie c’est vraiment malheureux. Quand tu parle du milieux gay ben c’est des hypocrites ils te juge alors que c’est les premier a prendre des risques sans ce protéger. Pour les autres je pense qu ils devraient ce documenter. Merci de ton courage et ton message pour les generation future . Courage a toi

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