Charles Grammare, un film brillant contre l’intolérance

Charles Grammare réalise « Je suis une robe », court métrage sensible et juste.

Charles Grammare participe 8ème Nikon Film Festival, sur le thème « Je Suis Un Cadeau ». Il signe un très beau court métrage, tout en sensibilité. Il a accepté de répondre à nos questions.

 

Jimmy Sabater : Pourquoi participé à ce projet ?

Charles Grammare : Je me suis intéressé au Nikon Film Festival l’année dernière en tombant par hasard sur le film gagnant. Après ça je me suis renseigné d’avantage sur le concours et je me suis réellement lancé sur l’écriture du scénario l’été dernier. Le Festival Nikon est un concours très populaire, les films sont vus des milliers de fois. Pour un jeune réalisateur, c’est vraiment très intéressant.

 

Jimmy Sabter : J’ai personnellement beaucoup aimé le sujet de votre film qui touche à l’acceptation d’un fils transgenre par son père. Pourquoi avoir abordé cette thématique ?

Charles Grammare : Depuis un an, la totalité de mes scénarios tournent autour des relations parents/enfants. C’est ce qui m’intéresse et m’inspire. De plus par ma sensibilité, mon admiration et mes influences, l’idée d’un enfant transgenre m’est venue assez rapidement. Je pense réellement que chaque personne doit être la personne qu’elle a envie  d’être. Je me suis donc posé la question de l’acceptation d’un père envers son enfant transgenre.

Cliquez ici pour voir le film sur le site officiel.

Jimmy Sabater : Votre film est monté comme une tranche de vie. On ressent immédiatement la très grande angoisse d’un père, même si on ne sait pas vraiment pourquoi, en tant que spectacteur. Comment avec vous briefé l’acteur (je ne connais pas son nom) pour qu’il joue si justement cette palette de sentiments, sans tomber dans l’excès  ?

Charles Grammare : Nous avons répété plusieurs fois avec tous les comédiens du film avant le tournage. Nous n’avons absolument pas répété les séquences du film. J’ai au contraire fait improviser les acteurs sur des séquence antérieurs aux scènes du films. J’ai donc confronté Rudy Pimbonnet (jouant l’enfant) et Patrick Blandin (jouant le père). L’enfant annonce à son père qu’il veut changer. Son père le repousse. Grâce à cette improvisation, on a réussi à créer une tension. Patrick utilise alors ce background pour jongler sur les sentiments lors des prises.

 

L’acteur Patrick Blandin grâce à qui passent toutes les émotions.

Jimmy Sabater : Toute l’architecture du film tient avec cette phrase « Vous ne croyez pas que vous avez déjà assez merdé comme ça ? » et le spectateur comprend enfin ce qui s’est passé avant, pourquoi ce père est là, qu’est-ce qu’il espère. Faire partager une telle complexité en 2 minutes 20 représentait un challenge pour vous, xar vous deviez pourtant conserver l’aspect esthétique ?

Charles Grammare : La contrainte majeure du concours c’est la durée du film. 2min20 maximum, c’est très court. Moi qui aime prendre mon temps pour construire mes personnages, ce fut, en effet un challenge. Réel amoureux de l’image, je ne voulais pas non plus écrire un long monologue d’explication. C’est à ce moment là que j’ai eu l’idée d’ajouter un personnage. Le petit copain de l’enfant apparait alors comme protecteur et c’est lui qui, en une seule phrase, pourrait faire comprendre aux spectateur, la “gravité” de la situation. Le spectateur sait alors avec cette phrase que le père cherche à se racheter en offrant cette robe. Mais est-ce suffisant ? Pourquoi une robe ? Ca c’est la fin du film qui le dévoile.

 

Bonne chance à ce film !

Jimmy Sabater : Le traitement de la scène avec la robe et celui du reste du film semblent très différents. Le filmage de la robe est parfait, alors que le personnage principal est ensuite suivi caméra à l’épaule. C’est un peu comme si la vie du fils avait un côté féérique, fantastique et celle du père plutôt brute et ennuyeuse 😉

Charles Grammare : Il y a un peu de ça oui. La séquence d’ouverture est clairement pour l’enfant. Elle est belle, surréaliste et lumineuse. On ne voit évidemment pas qui porte cette robe.  La fin du film nous le dévoile. Pour la caméra épaule, cela dégage en effet un côté plus brutal, plus instable. Le père est clairement dans cette situation. Il est angoissé et à l’opposé de son fils. Néanmoins, il veut acheter cette robe pour peut-être changer cela. D’ailleurs tous les personnages du film sont isolés dans le cadre. Le film est fait que de champ-contre champs. A une exception près, le dernier plan du film, lorsqu’on découvre le fils, on observe une amorce du père. Est-ce le début de la réconciliation ?

 

Jimmy Sabater : Comment faire pour voter ou aider votre film à se faire remarquer dans cette compétition ?

Charles Grammare : Alors voici le lien pour visionner le film #nikonfilmfestival festivalnikon.fr

ensuite il faut commenter sur le site, partager et clique sur la mention “soutenir”.

Plus le film est vu, plus le film se fera remarquer !

 

Jimmy Sabater : Quels sont vos 5 films préférés en 2017 ?

Mon petit top 5 des films de 2017  

1) Get out

 

2) 120 BPM

 

3) 1:54

 

4) Mother

 

5) Song to song

 

 

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