Exposition : God Save The Queen(s)

Emmanuel Barrouyer, Victorien Biet, François Harray et Marc Kiska, exposent à Bruxelles des photographies et des collages sous le titre “God Save The Queen(s)”. Les Queers passent par toutes les couleurs car ces quatre artistes reconnus redéfinissent les codes LGBTQ+ sous leur prisme engagé. Ils ont accepté de répondre à nos questions.

 

Culture Gay : Bonjour, pouvez-vous résumer votre parcours et vos activités artistiques en quelques lignes ?

Bad Angel par François Harray

François Harray : Suite à des études d’histoire de l’art et de photographie (studio) j’ai créé le concept Il était un[e]Q qui détourne des œuvres majeurs de l’histoire de l’art en tableaux photographiques Queer (au sens ou l’être queer est non définisable) Il questionne le déterminisme social et religieux, la notion de genre, le politiquement correct et la vision réductrice hétéronormative. Il s’agit d’une étude empirique revendiquant l’altérité par opposition à l’exclusion. Mon concept résiste à l’ordre moral et la pensée unique. Il en est de même au niveau de mon travail d’écrivain.

Emmanuel Barrouyer : Je suis un artiste pluridisciplinaire autodidacte français. En parallèle à une carrière de comédien, je donne libre cours à ma créativité à travers le collage et la photographie. Dans mes collages, je crée un imaginaire hybride et décalé en donnant vie à des œuvres minimalistes conçues à partir d’images existantes, colorées et pop, découpées dans des magazines, des brochures ou des livres d’art, trouvés au hasard.

Je me plaîs à inventer un univers redéfinissant les codes de la masculinité et de la féminité de manière totalement queer, poétique, voire humoristique.

Hommes et femmes perdent souvent leurs visages au profit de lèvres pulpeuses, de bijoux ou encore de carapaces d’insectes. Ils côtoient comtesses et marquis, héros antiques ou martyrs religieux issus de peintures de Maîtres. Et l’image finale, épurée, où chaque élément nouveau trouve sa juste place, devient le théâtre de tous les fantasmes. Lire la suite…

Théâtre : Un Cœur Sauvage

Casting de Un Cœur Sauvage, Douglas Lemenu, Léa Malassenet et Thomas Violleau

Culture Gay : « Un Cœur Sauvage » revient au théâtre pour 4 mois de représentations au Théâtre Le Funambule – Montmartre. Après presque 15 ans de représentations peut-on parler d’un grand succès ?

Douglas Lemenu : Je ne sais pas si on peut parler de grand succès mais cette pièce qui est le premier volet de la trilogie (Un Cœur en Herbe et Un Cœur de Père sont les volets suivants) écrite par Christophe Botti, est la pièce la plus mise en scène depuis sa création en 2005. Nous sommes heureux de la jouer pendant 4 mois dans le 18ème ! C’est une pièce encore tellement utile aujourd’hui… Nous nous réjouissons déjà de partir jouer les 7, 8 et 9 à Bordeaux au Théâtre La Lucarne.

C’est une pièce qui ne doit pas être pensée comme une nécessité d’être uniquement jouée à Paris et pour laquelle le fait d’être jouée en terrain conquis, à la capitale, serait une fin en soi. Elle doit vivre sur l’ensemble du territoire national. Nous nous attelons tous les jours avec notre chargé de diffusion à organiser des représentations dans des collèges, des lycées, des municipalités !

Culture Gay : La pièce met en scène des adolescents confrontés à la sexualité, à la difficulté de s’accepter en tant que gay et du suicide chez les jeunes. Comment « Un Cœur Sauvage » est-elle perçue par les nombreux lycéens qui viennent la voir ?

Douglas Lemenu : C’est la force de cette pièce et c’est pour cela qu’elle est reprise depuis 14 ans maintenant. Les questions qu’elle soulève, les sujets traités sont intemporels et universels.

J’aime l’intelligence de cette pièce dans sa construction. Tout y est ! Les gens viennent et repartent enchantés. Des larmes, parfois. Des rires, souvent. Les 3 personnages sont des adolescents et cette pièce invite véritablement le public pendant 1h15 à refaire le film de leur adolescence.

La question de l’orientation sexuelle y est centrale mais pas seulement. Le sujet de la frontière entre l’amour et l’amitié à un âge de la vie parfois difficile est à mon sens le fil rouge de cette histoire.

La thématique gay est pour moi un détail même si elle met en avant des problématiques qui sont intrinsèquement liées. Il ne s’agit pas de dénoncer des comportements mais d’amener à une vraie prise de conscience de la question de l’orientation sexuelle qui n’est pas – rappelons le encore une fois – un choix.

Si les gens repartent en se disant « Peut-être que je ne me suis pas toujours bien comporté quand j’étais au collège ou au lycée » ou « J’ai peut-être pas voulu voir ce qui se passait », alors le pari est gagné ! Le théâtre a précisément dans ce cas là une portée éducative, pédagogique.

C’est un âge de la vie compliqué et l’inconnu effraie.  L’âge de l’adolescence c’est véritablement le rendez-vous de tellement de premières fois !

Culture Gay : Frédéric Maugey, ainsi que tout le casting, se distinguent en mettant un point d’honneur à se mettre au niveau des jeunes. Les problèmes des jeunes d’il y a quinze ans de ceux d’aujourd’hui sont-ils les mêmes ? Sentez-vous une évolution des LGBTQ ces dernières années ?

Douglas Lemenu : Comme je le disais plus haut, ce sont des thèmes universels et intemporels et de toute évidence les problématiques sont les mêmes. Ce qui a cependant évolué en presque 15 ans c’est la prise de conscience majeure par une bonne partie de la population du rejet des minorités. Je parle là de toutes les minorités.

Nous travaillons avec SOS Homophobie, Urgence Homophobie, Le Sidaction et nous saluons leurs initiatives pour faire reculer toutes les formes de violences que beaucoup ont à subir encore aujourd’hui du fait de leur orientation sexuelle.

Le mariage pour tous a suscité de vives tensions dans tout le pays pendant plusieurs mois. Aujourd’hui, les gens qui souhaiteraient le remettre en cause sont à la marge.

Tous les jours, les associations font un travail extraordinaire pour mettre en lumière les actes de violences, les agressions, le harcèlement scolaire etc.

Il y a 15 ans, les réseaux sociaux n’étaient pas un vecteur de communication aussi omniprésent qu’aujourd’hui et je reconnais bien volontiers que les réseaux sociaux ne présentent pas que des avantages ! Ils sont aussi le terrain de bien des lynchages ici ou là…

Mathan, adolescent de 17 ans que j’interprète dit d’ailleurs une chose très juste : « Il y aura toujours un crétin pour crier « Sale Pédé », mais le jour où il y aura une loi contre la bêtise, je promets que je porterais plainte » !

 

Douglas Lemenu

Culture Gay : Vous jouez donc le personnage de Mathan, rôle titre de la pièce « Un Cœur Sauvage », c’est pour vous le moyen d’aider les jeunes gays en souffrance ?

Douglas Lemenu : Le personnage de Mathan est extraordinaire ! Il est le personnage central autour duquel qui gravitent Virginie (Léa Malassenet) et François (Thomas Violleau). Un adolescent de 17 ans profondément attachant. Tantôt solaire, tantôt plus sombre. Tantôt interrogatif, tantôt affirmatif. Tantôt ami, tantôt amant. « Un Cœur Sauvage » c’est la mise en lumière d’un questionnement intérieur et de ce qui peut être tragiquement vécu par beaucoup de gays lorsque vient la révélation de son homosexualité. Une pièce profondément optimiste !

C’est effectivement un moyen d’aider les jeunes (et les moins jeunes !) gays en souffrance, bien sûr.

Je crois qu’il est assez aisé de s’identifier aux épreuves que traversent Mathan. C’est là le super travail de Christophe Botti dans l’écriture. Il n’y pas eu de tricherie. C’est simple d’accès et c’est ça qui la rend aussi pure, je crois.

On ne parle de rien d’autre que d’amour et le texte porte ce sentiment dans un véritable écrin du début à la fin. La mise en scène de Frédéric Maugey est au service du texte et renforce encore davantage ce que je viens de dire.

Mais cette pièce à un double objectif : aider, accompagner les gays dans leur coming-out bien sûr, mais aussi sensibiliser et amener à réfléchir sur des comportements qui n’étaient pas acceptables il y a quelques années, qui ne le sont pas plus aujourd’hui et qui ne le seront davantage demain.

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La casa de las flores, une série addictive et gay friendly

 

Quel est donc le mystère de cette série qui nous rend accro dès le première épisode ?

Netflix créée une fois encore la surprise avec La casa de las flores, une série mexicaine au rythme trépidant. Utilisant les codes des télénovelas, La casa de las flores est une sorte de Plus Belle La Vie puissance 10, comprenez qu’il se passe plus de chose en un épisode de La casa de las flores qu’en toute une saison de la célèbre sitcom de France 3.

Chaque personnage est soigneusement dessiné et avec une complexité psychologique qui les rend étonnamment crédibles et attachants. Comme dans toutes ces séries familiales, les personnages ont des problèmes, beaucoup de problèmes, d’énormes problèmes ! On se délecte à les voir tenter de se sortir de ces ennuis si compliqués.

Des personnages ancrés dans la réalité

On adore évidemment Darío Yazbek Bernal qui joue le rôle de Julián de La Mora. Dès sa première scène, le fils de la maison est surpris en train de faire l’amour à sa compagne (montrant à l’occasion de très jolies fesses). Nous sommes scotchés à notre fauteuil quand, dans sa seconde apparition, il déclare sa flamme à un homme fou de désir qui lui offre une fellation en plein coeur du domaine familial. Ce personnage, à la fois, esclave de son désir et tant désireux de se stabiliser, est diablement romantique et on accroche tout de suite. Paulina, sa soeur (Cecilia Suárez), qui parle au ralenti car elle est sous anti-dépresseurs, dissimule également un passé tumultueux. Son ex mari, dont elle a un fils, a changé de sexe, mais il demeure entre eux des sentiments très forts.

Une intrigue sombre et complexe

Lors d’une grande réunion de famille, le corps d’une femme est retrouvée pendue au milieu de la boutique florale La casa de las flores. On apprend bien vite que c’est la maîtresse du chef de famille. Celle-ci travaillait dans la respectable boutique tout en gérant une autre maison du nom de La casa de las flores, cabaret de travestis… Ensuite tout va très vite s’enchaîner sous nos yeux stupéfaits, défilés de beaux gosses, sextape, trafic, prison, coups de foudre, sexe, tromperies, etc.

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Netflix nous régale avec The Windsors

Le casting de The Windsors

Netflix a eu la bonne idée de mettre la famille royale d’Angleterre en scène dans une parodie britannique digne de la cultissime série québécoise “Le Cœur a ses raisons”. Nous retrouvons donc le Prince Edward, le Prince Andrew, Sarah Ferguson, Pippa Middleton, le Prince Harry, le Prince Charles, Camila, Wills, Kate, Beatrice et Eugenie à travers des situations de plus en plus loufoques au fil des épisodes. Pippa et Camila qui font un travail de sape remarquable. Le Prince William se rêve en ambulancier et nettoie les sols d’un fast food incognito pour vivre comme le commun des britanniques. Kate a des racines gitanes cachées et ce passé ne va pas tarder à remonter à la surface. Le Prince Harry ne sait ni lire ni écrire et passe son temps à boire, fumer et coucher avec toutes les filles. Bref, si vous êtes abonné à Netflix, fous rires garantis (patientez au moins jusqu’au troisième épisode pour vous laisser convainque 😉 ).

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Anne Pigalle, la muse des stars n’a pas dit son dernier mot

Anne Pigalle, artiste aux multiples talents

Anne Pigalle est une icône underground qui a choisi l’Angleterre pour patrie. C’est une artiste avec un A comme Amour, une muse discrète mais que l’on a vu partout. Vous l’avez peut-être rencontrée sans le savoir, au détour d’une publicité pour du parfum, sur une couverture de magazine, dans une exposition, derrière des lunettes de soleil, chez Ardisson ou à un concert.

 

Jimmy Sabater : Bonjour Anne Pigalle. Vous vous définissez comme artiste “multimédia” pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Anne Pigalle : Bonjour ! Je suis primordialement une chanteuse , c’est a dire que la voix et l’émotion est mon intérêt principal (même si je fus brièvement guitariste dans un groupe de filles punk a l’époque) . Après vient l’écriture des chansons, leur production, musicienne, vidéaste, poète, peintre, photographe, performeuse, et j’en oublie. Je commence le film pour mon prochain album en janvier en tant que cinéaste, interprète et chanteuse, évidemment. Je me mets en scène, je fais mon cinéma. Je n’aime pas tellement cette expression de multi média artiste, alors parfois, je me fais aussi appelée The last Chanteuse, pour rappeler l’opposé de multi media artiste et peut être sa complémentarité dans non travail. S’y retrouve qui pourra ou qui voudra. Mon travail a regroupé et développé toutes ces techniques ces 15 dernières années, je peux même dire que quand j’ai commencé à peindre, il y avait peu de chanteurs/chanteuses qui le faisaient, donc toujours un peu a l’avant garde, votre chanteuse. Mais toutes ces facettes sont reliées à mon travail de performeuse, jamais séparées, pour créer the big picture. Je pourrais m’étaler sur ce chapitre de ma vie mais tout ce travail se culmine dans le projet sur lequel je travaille actuellement, donc, a suivre…

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