Critique L’Amour en Cage de Taram Boyle

Voici le troisième roman de Taram Boyle. Comme les deux opus précédents, le texte est bien écrit, les descriptions sont aussi très détaillées aussi bien au niveau des sentiments qu’au niveau des sensations au cours des (nombreuses) scènes érotiques.

Tout démarre par la vision sur un site de rencontres vidéos d’un jeune homme blond nu étendu sur un lit dans une pièce vide. Il tient dans sa main un amour en cage, ce fameux fruit de la passion dont la chair délicieuse est prisonnière de ses feuilles desséchées. Cette image presque un tableau, va obséder Julien qui va y déceler une beauté et une pureté à l’opposé de ce qu’il a l’habitude de croiser sur ce site. Dès lors, il sera obsédé par ce bel inconnu, si différent, qui incarne une sorte de perfection inaccessible. Évidemment, l’un des clients de Julien (qui est coach d’entreprise) ne va pas voir cet amour d’un bon œil, i va même tenter d’y mettre un terme…
L’originalité de L’amour en cage c’est que l’un des protagonistes, aussi beau qu’il soit, ne supporte pas qu’on le touche, alors que son prétendant est un accro au sexe de premier ordre. Il va donc falloir que chacun d’entre eux fasse de gros efforts pour qu’une relation soit possible.
Pour Valentin c’est presque un travail psychanalytique qui est nécessaire pour surmonter les traumas de son enfance. Heureusement, Julien est doté de suffisamment de charmes pour le faire aller de l’avant.
Le roman est dense car, pour que Valentin soit libéré de son étouffant passé, Julien va lui proposer un pèlerinage aux sources du mal. On s’en doute, le dénouement est à la hauteur de toutes ces espérances. L’Amour en cage se dévore d’une traite. Une excellente romance érotique entre hommes comme on aimerait en lire plus souvent.

 

 

 

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Didier Roth-bettoni, historien de l’homosexualité au cinéma

Didier Roth-bettoni, historien de l’homosexualité sur grand écran. (Photo : Anne Desplantez)

Didier Roth-Bettoni vient de faire paraître “Les années sida à l’écran” aux éditions ErosOnyx, un précieux document qui révèle comment l’histoire de l’épidémie est intimement liée à son traitement dans les médias. Culture Gay a pu interviewer cet historien spécialisé dans les représentations de l’homosexualité, auteur notamment de l’ouvrage “L’homosexualité au cinéma” (éd. La Musardine, 2007).

 

Culture Gay : Bonjour, Didier Roth-Bettoni. Qu’est-ce qui vous a motivé à produire  “Les années sida à l’écran”, qui a dû vous demander un travail de recherches colossal ? Comment vous êtes-vous organisé pour répertorier à la fois les films, mais aussi les livres (car votre livre regorge de références de toutes sortes) ?

Didier Roth-Bettoni : Vous savez, c’est la continuation d’un travail qui m’occupe depuis des années et des années, et qui regroupe deux de mes centres d’intérêt et de recherche : le cinéma (je suis critique de cinéma, c’est mon premier métier) et l’homosexualité. J’écris depuis longtemps sur le cinéma dans la presse gay (d’abord dans Illico, dans Hétéroclite aujourd’hui), j’ai publié en 2007 un gros livre intitulé “L’homosexualité au cinéma” où je tentais de retracer toutes les images des homosexuels depuis les origines du cinéma jusqu’à aujourd’hui dans tous les pays, et depuis, j’essaie d’explorer à travers d’autres livres différents points spécifiques de cette histoire : cela a été le rapport du cinéma français et de l’homosexualité, cela a été des livres sur des cinéastes oubliés (Derek Jarman ou Philippe Vallois), c’est le cas cette fois de la manière dont le sida a été montré, aussi bien au cinéma qu’à la télévision, depuis 36 ans que l’épidémie est apparue. Tout cela pour vous dire, que la documentation, les films, les notes sur ce que je vois, je les accumule depuis très longtemps. Alors après bien sûr, quand je décide de m’attaquer à un sujet, je me replonge dans tout cela, je revois les films, je fouille dans les archives, etc., etc. C’est un travail de longue haleine, car il faut essayer d’organiser toute cette masse, que ce ne soit pas juste un listing de films, mais plutôt quelque chose qui essaie de donner du sens, qui tente de mettre en perspective : pourquoi, en 1993, on filmait les malades du sida comme ça et plus en 2015 par exemple ?, comment les évolutions des traitements ont-elles fait évoluer les films parlant du sida ?… C’est le moment que je préfère quand je me lance dans un livre : ce moment où, face à la masse de ma documentation, à tout ce fouillis qui encombre mon bureau, je commence à organiser tout cela, à voir se dessiner les lignes de force du livre à venir. En fait, je préfère tout ce qu’il y a avant l’écriture… Car écrire, c’est très douloureux.

 

CG : Le sida a d’abord été considéré comme une maladie qui ne touchait que les gays, ce qui était évidemment une erreur, et Hollywood a traîné des pieds avant de réaliser “Philadelphia”. Pensez-vous que les grands studios ont une responsabilité dans la propagation de cette pandémie ?

Didier Roth-Bettoni : Non, je ne dirais pas cela. La responsabilité, c’est celle des politiques qui n’ont pas fait leur travail (on connaît le désintérêt absolu du gouvernement Reagan sur la question du sida par exemple), celle des laboratoires pharmaceutiques et de leurs politiques de tarifs qui rendaient les traitements inaccessibles, celle des médias qui n’aimaient rien tant que désigner des bouc-émissaires… Alors certes, Hollywood a mis longtemps avant de faire Philadelphia, mais quand ils l’ont fait, en 1993, cela a eu un très grand retentissement : plusieurs Oscars, des millions de spectateurs aux Etats-Unis et dans le monde, etc. Certes, après ce film, Hollywood considèrera avoir fait sa BA et ne reviendra plus sur la question du sida : on verra encore des personnages secondaires, mais plus de grosse production sur ce sujet. Pour être tout à fait juste et répondre complètement à votre question, je voudrais quand même indiquer qu’avant Philadelphia, le grand public (américain et international) avait déjà été un peu sensibilisé à cette question grâce à plusieurs téléfilms qui avaient obtenu de gros succès d’audience, en particulier Un printemps de glace, réalisé dès 1985, et qui appelle déjà à la tolérance et au soutien envers les séropositifs et les malades du sida.

 

CG : A la lecture de votre livre, on a l’impression que le sida a aussi été un révélateur, une machine à coming-outs, car plus les acteurs révélaient leur homosexualité et leur séropositivité, plus l’opinion prenait conscience du problème et plus on investissait dans la prévention et la recherche.

Didier Roth-Bettoni : Il est certain que la maladie puis le décès très médiatisés de certaines personnalités et de stars ont été des éléments essentiels de la prise de conscience par la société tout entière de ce qu’était le sida. Je pense bien sûr en particulier à la mort de Rock Hudson en 1985, qui est vraiment un événement fondateur : j’en veux pour preuve qu’outre son retentissement sur le moment et le mouvement de solidarité qu’elle déclenche, cette mort est utilisée comme un marqueur dans d’innombrables films. Elle sert à faire comprendre aux personnages (et aux spectateurs !) de la réalité qu’il vont devoir affronter. Par ailleurs, vous avez raison de dire que cette mort, comme celle d’innombrables anonymes, s’accompagne de la révélation en parallèle de l’homosexualité de ces personnes. C’est vraiment une des spécificités du sida à ce moment terrible de l’épidémie : dire sa séropositivité, c’était aussi très souvent dire son homosexualité, dans une sorte de double coming out souvent très violent. Mais autant je suis d’accord avec vous pour dire que ces coming out forcés de gens connus à la lumière de leur maladie ou de leur mort a aidé fortement à la prise de conscience de la réalité du sida, autant je ne crois pas que cela ait eu de répercussions sur les investissements dans la prévention et la recherche. Face, pendant des années, au désintérêt des politiques, face aux politiques iniques de laboratoires pharmaceutiques de privilégier leurs profits plutôt que la santé des malades, ce qui a été important, essentiel même, c’est la mobilisation de la communauté gay, ce sont les luttes acharnées des associations de lutte contre le sida.

 

CG : Aujourd’hui le problème du sida semble être résolu et de nombreux jeunes ne se protègent pas, comment parle-t-on du sida aux jeunes en 2017 ?

Didier Roth-Bettoni : Je ne suis pas le mieux placé pour vous répondre, je ne suis ni un médecin, ni un politique, ni un activiste de la lutte contre le sida, je suis juste un historien du cinéma qui s’intéresse à ces questions. Je n’ai donc pas toutes les clés. Pour autant, ce que je peux dire, c’est que si on a l’impression que le sida est un problème résolu, on se trompe. Sans parler de ce qui se passe en Afrique et qui est dramatique, si l’on s’en tient à la France et aux pays comparables, on est très loin d’avoir résolu le problème. Certes, les avancées médicales font qu’aujourd’hui le sida est traité comme une maladie chronique et n’est plus mortel à moyen terme comme il a pu l’être, mais tout de même, on n’en guérit toujours pas. Et on constate un peu partout en Occident un relâchement de la protection,une recrudescence des contaminations (en particulier chez les gays), un retour des pratiques à risques, etc., le tout alors qu’il n’y a quasiment plus de campagnes de prévention de la part de l’Etat. Certains films d’ailleurs prennent cette réalité en compte. Je pense notamment à Théo et Hugo dans le même bateau, l’an dernier, qui raconte la rencontre de deux jeunes hommes dans une backroom où ils font l’amour sans capote, et où ils filent à l’hôpital pour bénéficier d’un traitement post-exposition. C’est à ma connaissance le seul film à raconter cette réalité nouvelle.

 

CG : Vous avez écrit de nombreux ouvrages au sujet de l’homosexualité au cinéma, mais “Les années Sida à l’écran” remporte une franc succès. Comment vivez-vous cette reconnaissance unanime de la presse ?

Zero Patience, le film est inclus dans le livre.

Didier Roth-Bettoni : Cela fait évidemment plaisir. D’abord parce que c’est une reconnaissance d’un travail sur le long terme, d’une démarche un peu solitaire d’aller défricher des terrains que personne d’autre n’avait abordé avant. Ensuite et surtout parce que c’est une reconnaissance, à travers ce livre et le cinéma, de cette partie terrible de l’histoire de notre communauté. C’est quelque chose qui est essentiel pour moi : la reconstitution de notre si fragile mémoire collective.

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Les années Sida sur grand écran, une part de notre histoire

Préfacé par Christophe Martet, président d’Act Up et fondateur de Yagg, « Les années Sida à l’écran», se place d’emblée comme un livre de référence. Didier Roth-Bettoni parcourt au fil des pages 35 ans de sida au cinéma.

Il faut dire que cette maladie a d’abord été honteuse et qu’il en a fallu des morts avant que l’opinion publique se saisisse à demi mot de ce « cancer gay», ce « châtiment de Dieu », cette « peste rose ». Le livre est distribué avec « Zero patience », l’un des premiers films à traiter ouvertement de la future pandémie. Car si la maladie est connue, on peine à la voir sur grand écran. Il faut y déceler le désintérêt des hétérosexuels, qui ne se sentent pas concernés par le sujet, et la lassitude des gays qui ne veulent pas voir dans les salles obscures ce qu’ils subissent au quotidien. La réalité du début des années Sida se résume à une sorte de roulette russe dans laquelle les gays sont fauchés par centaines de milliers. Une aubaine pour les réactionnaires de l’époque qui voient déjà l’homosexualité comme une maladie et le sida comme sa conséquence. Comme l’explique très bien l’auteur, pendant une décennie, on a pas besoin de dire de quoi meurent les gays tant le sida semble intimement lié à l’homosexualité. Roth-Bettoni dissèque ces années-là tel un chirurgien, ravivant des souvenirs trop vite oubliés, des vies gâchées, sacrifiées par des gouvernements qui ne voulaient pas investir dans les recherches à propos d’une maladie ne touchant que des hommes aux moeurs déviants.
De « Philadelphia» à « 120 battements par minute » en passant par « Les Nuits fauves » ou « Jeffrey », Roth-Bettoni exerce les arrêts sur images nécessaires d’une histoire cinématographique brouillonne, passée trop vite, que chacun a chassé de son esprit pour passer à autre chose. À la lecture de « Les années Sida à l’écran », on réalise que ce livre est non seulement nécessaire, mais qu’il est également un témoin important d’une époque où les homosexuels risquaient leur vie au quotidien en vivant simplement leur sexualité. Les jeunes générations n’ont peut-être pas toujours conscience qu’il fut un temps où la médecine n’apportait aucune réponse à ce mal. Il a fallu surmonter la culpabilité, la honte, avant que le colère n’éclate et que les autorités commencent à montrer un peu d’humanité face à un fléau qui s’étendait peu à peu à toutes les couches de la société.
Outre le DVD du film « Zero patience », le livre comporte un très intéressant index des titres de films classés par ordre alphabétique, un outil précieux pour qui voudra enrichir sa culture sur ce sujet.

 

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Arthus et Nico : Notre Interview par Culture Gay


 

Nous voulons remercier Culture Gay pour nous soutenir à chaque fois que nous recevons des messages homophobes. Nous avons encore reçu des tonnes de commentaires homophobes suite à une vidéo publiée sur des sites de malaisance et encore plus récemment avec notre vidéo sur Cyril Hanouna et son canular homophobe.
Voici les questions :
– Comment vivons-nous les commentaires homophobes ?
– Nous serions pour certains les mauvais gays qui donnent une mauvaise image de la communauté, qu’en pensons-nous ?
– Comment reconnait-on les gays homophobes ?
– Nos conseils sexuels seraient-ils trop osés pour Youtube ?
– Comment lutter contre cette forme d’homophobie sur le net et comment nous aider ?

On rappelle qu’il n’y a pas de bon ou mauvais gay, qu’être efféminé, parler de sexe sur Youtube, être ouvert sur sa sexualité, ne donne pas plus le droit aux autres d’êtres homophobe !

 

La page de Culture Gay : https://www.facebook.com/culturegay/

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