Cinq questions à Paula Dumont

La célèbre biographe, autrice, romancière, Docteur ès lettres, Paula Dumont revient avec la suite de son Dictionnaire de littérature lesbienne. Ce travail de fond indispensable mérite tout notre intérêt, car il nous permet de découvrir les œuvres souvent méconnues.

Culture Gay : Bonjour Paula Dumont. Vous sortez un second tome de votre dictionnaire de la littérature lesbienne, que va-t-on y retrouver ?

Paula Dumont : Bonjour, cher Jimmy. Après avoir publié Entre Femmes en 2015, j’ai reçu de nombreux messages venant de personnes qui me remerciaient de contribuer à la mémoire lesbienne, mais qui regrettaient que j’aie omis des livres importants dans mon recensement. Je me suis remise au travail. J’ai lu les livres dont on m’a signalé l’existence. J’ai à nouveau découvert des textes oubliés, des livres de différentes cultures et aussi de nombreux ouvrages récents. A titre d’exemple, en voici quelques-uns : j’ai découvert avec bonheur l’ancêtre de la littérature de pensionnat, Clemence DANE, autrice de Régiment de Femmes (1917) ainsi que la traduction française en 1936 du drame de Lillian HELLMAN The Children’s Hour.. Surtout je me suis ouverte à d’autres cultures avec la romancière franco-camerounaise Léonora MIANO, les Japonaises Kyoko NAKAJIMA et Ito OGAWA, la Mauricienne Ananda Devi et l’Iranienne Négar DJAVADI. J’ai découvert également des écrivaines d’Italie, d’Irlande, d’Ecosse, du Canada, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, qui ont mis en scène des femmes qui aiment les femmes. Tous ces livres, à l’exception de certaines biographies, ont des femmes pour autrices, même si elles ne sont pas toutes lesbiennes. Quant à l’éventail chronologique, il va de 1902 à 2018.

Culture Gay : Grâce à vous de nombreux textes méconnus sont mis en lumière. Pensez-vous que la littérature lesbienne est méconnue ?

Paula Dumont : Oui, elle est méconnue, ignorée et invisibilisée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je rappelle que de Sappho à Colette, aucune femme n’a eu voix au chapitre sur ce sujet. Pendant vingt-sept siècles, les lesbiennes ont été silencieuses. Encore faut-il ajouter que Claudine à l’école est publié en 1900 avec Willy comme auteur et non avec le nom de son autrice, Colette ! Certes au début du XXe siècle, Natalie Barney et Renée Vivien écrivaient elles aussi des livres lesbiens, mais leurs ouvrages ne touchaient qu’un public très restreint car ils étaient le plus souvent publiés à compte d’auteur. La deuxième raison, c’est que beaucoup de livres ont pour personnages principaux des lesbiennes, mais que l’éditeur n’en dit pas un mot sur la quatrième de couverture, de peur de faire fuir les acheteurs hétérosexuels. C’est le cas des livres de Mireille Best, par exemple. Enfin et surtout, les livres écrits par des femmes suscitent moins d’intérêt que ceux qui ont des auteurs masculins. Je rappelle que l’éditeur des livres de Harry Potter a demandé à leur autrice de ne mettre sur la couverture que l’initiale de son prénom afin de doubler les ventes ! Certes les livres de Joanne Rowling ne sont pas lesbiens, mais les lesbiennes portent la double peine d’être tout d’abord des femmes et ensuite des homosexuelles.

 

Culture Gay : Quelles sont vos autrices préférées ?

Paula Dumont : J’ai vécu dans une telle symbiose avec l’œuvre de Colette que je lui ai consacré mon mémoire de maîtrise, ma thèse et un ouvrage entier, Les Convictions de Colette. Colette est une femme extraordinaire, qui aimait la vie sous toutes ses formes et qui a voulu être pour ses lecteurs et ses lectrices une référence maternelle, une seconde Sido. Pour des raisons très différentes, j’aime beaucoup Marguerite Yourcenar, Annie Ernaux, Sarah Waters, Emma Donoghue, Maud Tabachnik, Patricia Highsmith, etc.

 

Culture Gay : Quel texte de la littérature lesbienne nous conseillez-vous de lire en priorité ?

Paula Dumont : Je vous conseillerais de lire un roman qui m’a bouleversée au point de me faire remettre en cause, à soixante-douze ans, les idées sur lesquelles je vivais avant de l’avoir lu. Il s’agit de La Désobéissance de Naomi Alderman. Le film qui en est tiré passe à côté de l’essentiel. Lisez le livre, vous ne le regretterez pas. J’ai rendu compte de ce roman dans le deuxième tome d’Entre femmes qui vient de sortir. Je vous livre quelques lignes de mes commentaires. Deux femmes, élevées chez les Juifs orthodoxes de Londres, ont eu une liaison à l’adolescence. Ronit est partie vivre à New York, Esti a épousé Dovid qui est devenu rabbin :

« Comme j’ai été élevée par des catholiques, que je suis athée et que j’ai mis des distances entre ma famille et moi dès que j’ai pu le faire, je me suis identifiée, au début du roman, à Ronit qui a fui aux USA et qui a rejeté sa religion. Mais le personnage est beaucoup plus complexe qu’on pourrait le supposer en ne lisant que les premières pages. Un paragraphe de la fin du roman donne à penser. Ronit déclare qu’elle a réfléchi à ces deux états — être homosexuel, être juif. Ils ont beaucoup de points communs. Premièrement, on ne choisit pas. Si vous l’êtes, vous l’êtes. Elle ajoute qu’on peut choisir de montrer ou de ne pas montrer qu’on est homosexuel ou juif. Elle ne peut pas être une juive orthodoxe, mais elle est marquée par son éducation. En outre, être «un petit peu juif », c’est assez pour être identifié. Ce roman a le mérite de montrer qu’une femme qui a quitté sa famille pour s’exiler aux USA doit avoir recours à une psychiatre pour régler ses problèmes. Quant à Esti, qui aime toujours Ronit, elle a trouvé un équilibre auprès de Dovid, surtout après avoir déclaré devant les membres de la communauté que ses désirs la portaient vers des femmes. Dovid respecte son épouse et, sans jamais élever la voix, la laisse libre de rester avec lui ou de le quitter. C’est parce que ces trois personnages sont montrés dans toute leur complexité que La Désobéissance est un grand roman. »

Après la lecture de ce roman, je me suis interrogée sur tout ce que j’avais perdu en mettant cinq cents kilomètres entre ma famille et moi afin de vivre mon orientation en toute liberté. Certes, je ne regrette rien, mais à qui demande-t-on de faire de pareils choix, sinon aux homosexuels ?

 

Culture Gay : Après avoir publié votre autobiographie et ces dictionnaires de références, quels sont vos projets littéraires ?

Paula Dumont : Je viens de commencer le tome 3 d’Entre femmes. En effet, à peine le tome 2 était-il parti à l’imprimerie que je découvrais des livres qu’il est impossible d’ignorer. Je dois vous avouer que j’aime beaucoup chercher, et encore bien davantage trouver, d’excellents livres que je dévore avec plaisir. Je ne pouvais pas me permettre un tel luxe pendant les trente-neuf années où j’ai enseigné le français et où mes lectures prioritaires étaient les copies des étudiants, leurs mémoires professionnels et les instructions officielles du ministère de l’Education nationale. Depuis que je suis retraitée, je me rattrape ! En outre, j’ai lu des romans tellement riches, tellement denses ces dernières années, que je ne me sens pas capable de faire aussi bien que leurs autrices, dont c’est le métier. Il vaut donc mieux que je continue à enrichir la mémoire lesbienne tant que la grande déesse me prêtera vie.

 

Culture Gay : Merci beaucoup !

Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge

Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge

 

Culture Gay : Les Editions Textes Gais viennent de sortir “Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge” pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ?

Textes Gais publie régulièrement des ouvrages de nouvelles en faveur du Refuge, notamment Un cadeau de Noël pour le Refuge, Des vacances pour le Refuge (disponibles aujourd’hui uniquement en numérique) et aujourd’hui Le refuge des cow-boys. Textes Gais apporte ainsi sa petite pierre à l’édifice. Le hasard fait que je suis allé voir cette semaine un film sur les jeunes du Refuge, invité par cette association. J’ai pu discuter avec certains jeunes qui m’ont dit l’importance qu’a le Refuge dans leur vie. Non seulement un lit, un repas, un accompagnement vers le travail, mais un sourire, des bras bienveillants. C’était touchant. Il faut développer des lieux comme cela.

Culture Gay : A quoi peut-on s’attendre en lisant ce recueil de nouvelles. Est-ce plutôt érotique, fantastique, historique ?

Je laisse la parole ici à Nicolas Noguier, président du Refuge qui m’a envoyé un petit mot : « Coucou, je viens de finir de le lire et j’aime beaucoup : c’est tendre et fougueux à la fois. Je valide ! » Les textes érotiques étaient interdits car il s’agit également de la bonne image du Refuge, mais certains auteurs ont réussi à place çà et là quelques scènes de sexe. J’avais bien sûr besoin de l’accord de Nicolas pour les publier. Sinon, chaque texte développe un univers très différent si vous connaissez NM Mass, Jean-Paul Tapie ou Sébastien Monod entre autres, ce sont chacun des pointures avec des styles quelque peu différents. Sébastien cisèle chaque phrase, NM Mass et sa co-auteure Emma Kat laissent aller leur fougue en écrivant juste d’un seul trait.

Culture Gay : “Le refuge des cow-boys” est également un très bel objet, il a été prévu en vue de l’offrir pour Noël ?

Oui, je voudrais d’ailleurs remercier Jimmy Sabater, le maquettiste, qui a fait un superbe travail. Tout le monde adore. Il a fait de ce roman un bijou. Tout est parfait pour en faire un cadeau de Noël : la couverture, les nouvelles et aussi les droits d’auteur qui vont au refuge.

Culture Gay : Les maisons d’éditions LGBT disparaissent de plus en plus. Les Editions Textes Gais est l’une des rares à tenir le coup, c’est grâce à la richesse et la diversité de votre catalogue ?

La lecture a changé, Amazon a laissé la parole aux petits auteurs en leur facilitant la publication. Mais bien avant Amazon, Textes Gais le faisait. Plutôt que publier uniquement que des chefs d’œuvre de littérature, Textes Gais préfère donner leur chance aux jeunes auteurs pourvu que l’histoire et le style se tiennent. D’où un certain éclectisme. Les lecteurs le savent et choisissent un titre en fonction de leur goût. Les auteurs s’y sentent dès lors en famille. C’est ce qui fait sa force. Textes Gais affiche près de 380 titres en numériques, et 60 au format papier.
Ici en numérique :
https://www.7switch.com/fr/list/publisher-1786-editions-textes-gais/page/1/da
Ici en papier :
https://motsbouche.com/46-editions-textes-gais

Culture Gay : Trois raisons pour offrir un livre plutôt que tout autre cadeau à Noël ?

Un livre fait toujours plaisir, c’est un cadeau pérenne qu’on aime à partager, c’est une évasion à petit prix. Textes Gais est bien moins cher que n’importe quel grand éditeur.

365 fois Anthony

 

 

Anthony dévoile sa vie dans un journal intime très intéressant où il partage les secrets et les moments intimes de sa vie. On ne peut pas juger un journal sans juger la personne qui l’écrit, mais au fil des jours, Anthony se révèle intéressant, attachant, passionné, aimant, touchant. A une époque où les internautes deviennent de simples consommateurs et se contentent de liker des posts, il est bon de rappeler qu’un blog est un merveilleux outil de partage, de réflexion et d’autothérapie. Interview du mystérieux auteur de cette expérience littéraire 2.0.

 

EXTRAIT :

Guy me serra dans ses bras. Dans la nuit noire, il brisa le silence en se mettant à parler tout seul. Symboliquement. À ma mère décédée.
« Marie-Jo. Je vous promets de prendre soin de votre fils toute sa vie. Je ne lui ferais plus jamais aucun mal. Personne ne pourra lui faire du mal. Plus jamais. Je le protègerai toute ma vie… »
J’en tremblais.
À ce moment là, le piège s’était refermé sur moi.
La passion destructrice est arrivée. La jalousie s’est installée. Le doute. Pour toujours.
Je n’étais plus la jeune personne insouciante. Libre. J’étais devenu sa petite chose. Et je me complaisais dans ce rôle.
Plus il mentait plus je le détestais. Plus il me trompait plus je l’aimais. Plus il me repoussait plus il m’aimait. Plus je me détestais.
« Tu as le choix Antho… Soit tu pars et tu l’oublies. Soit tu restes. Mais si tu restes, il faut l’assumer. En silence. Tu ne pourras plus venir te plaindre. Il faut que tu prennes une décision ! »
Je suis resté.
Anthony

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B-Class d’Aline Khor une pentalogie romantique en première classe

Aline Khor sort une saga en 5 tomes (pentalogie) autour de deux garçons que tout oppose. On passe un très bon moment en compagnie d’Icare et Riùn, et Aline Khor nous rappelle que lorsque les histoires sont bien écrites, on peut les suivre sans fin.

Culture Gay : Bonjour Aline Khor. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Aline Khor : Bonjour Culture Gay, je tiens tout d’abord à vous remercier pour cette demande d’interview. Je suis touchée de l’attention que vous me portez.

En quelques mots, j’aurais du mal à me présenter car faudrait-il déjà que je parvienne à me comprendre. Mes sentiments et mes émotions sont un tourbillon dans lequel je me laisse entraîner, tourbillon qui entretient sûrement ma créativité. Souvent j’ai l’air d’un tyran sans empathie, d’une personne forte, insensible et inébranlable. J’ai le sang chaud et le parler franc, j’ose tout pour cacher des insécurités et des angoisses qui me pourrissent la vie. Je suis beaucoup plus sensible qu’il n’y paraît et je n’ai pas la confiance en moi que mon humour noir et mes sarcasmes s’efforcent de feindre.

Ma sensibilité et mes fragilités doivent sûrement ressortir dans B-Class, puisque le personnage d’Icare est ma copie conforme. À cela près que j’ai moins de barbe et que je suis de gauche, mais ses piques cinglantes, ses dépressions et la pression qu’il s’inflige sont totalement miennes. Je suis sûrement un peu borderline quelque part, mais bon on s’y fait et on vit avec. Les artistes sont tous dérangés de toute façon.

Culture Gay : Vous commencez votre carrière d’auteur par une œuvre monumentale, véritable saga en 5 tomes ! Comment vous est venue cette rage d’écrire et ce besoin d’une si longue histoire ?

Aline Khor : Disons que la rage d’écrire, je l’ai toujours plus ou moins eue. Dès l’enfance je créais des histoires et je commençais des romans à la pelle, qui en général ne dépassaient pas les trois chapitres (rire).

À l’âge de quatorze ans je m’y suis mise sérieusement et l’habitude d’écrire presque tous les jours ne m’a jamais quittée. Créer permet de m’exprimer, de dénoncer et de faire rêver des dizaines de personnes, pourquoi je m’en priverais ? C’est la seule chose qui me fait me sentir bien, utile, digne d’intérêt. Chaque chapitre que je termine, chaque compliment que je reçois me procurent une fierté immense et font que je ne craque pas.

« Je ne peux pas mourir maintenant, je n’ai pas fini mon roman. », m’étais-je dit en 2013 tandis que mes jambes se balançaient dans le vide qui séparait le toit du sol. Aujourd’hui c’est toujours d’actualité et même si l’art ne m’a pas encore sauvée, la rage d’écrire rime pour moi avec la rage de vivre.

Quant au besoin dont vous parlez, ce n’était pas tant un besoin d’écrire « une longue histoire » sinon « d’écrire B-Class ». Quand j’ai commencé le roman en mai 2017, je ne savais pas trop dans quoi je me lançais. J’avais juste laissé cogiter mes idées pendant un an et demie et je ne pouvais plus attendre de commencer. J’avais quelques grandes lignes au brouillon et le reste est venu tout seul, avec sa dose de doutes, de crises de nerfs et de questions existentielles. C’est ça l’inspiration.

Si l’œuvre est longue c’est parce que c’était nécessaire qu’elle le soit, je n’ai décidé de rien. Ce n’était pas un challenge d’écrire mille-deux-cent pages, ce n’est pas spécialement une fierté, c’est juste B-Class.


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Ce que j’ai subi est et restera impardonnable, David Vigrid

Après notre chronique à propos de “Des trucs de grands”, excellente biographie romancée de David Vigrid, l’éditeur nous a permis d’entrer en contact avec cet auteur qui nous a ému et tant donné envie d’en savoir plus.

Culture Gay : Vous signez un livre-confessions magnifique dans lequel vous dénoncez les abus sexuels dont vous avez été victime de 6 ans à 14 ans. Qu’est-ce qui vous a décidé à vous livrer dans un texte, plutôt que d’en parler à quelqu’un ? Avez-vous envoyé un exemplaire de votre texte à Tom, votre agresseur ?

Premièrement, encore merci pour votre post sur votre site. Ecrire, dessiner, peindre ont toujours été des médias plus simples et plus sibyllin pour moi que de me livrer oralement. Comme je le dit à plusieurs reprises dans mon roman : mon histoire, ma peine, ma souffrance… Ma façon de vivre avec et d’avancer, de positiver. Et non, contrairement à mon alter ego de papier, je n’ai plus jamais revu « Tom ». J’ai tenté de le chercher mais sans succès et sans réelle envie non plus, je dois en convenir, de le retrouver.

Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais
Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais

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Pas tous égaux devant l’infidélité – Témoignages

Pas tous égaux devant l’infidélité.

 

Culture Gay a interrogé deux jeunes gays qui ont vécu la même expérience, mais sous des points de vue très différents. Il est toujours plus facile de tromper l’autre que d’accepter d’être trompé.

 

Culture Gay : Bonjour Nathan, tu as été victime de l’infidélité de ton ex, comment cela s’est-il passé ?

Nathan : Bonjour, Culture Gay. Cela s’est passé l’été dernier, pendant que j’étais en vacances. Mon ex petit ami est allé rendre visite à mon sex-friend. Je ne sais pas ce qu’il espérait, mais ils ont fait ce qu’ils avaient envie de faire.

 

Culture Gay : Ton ex avec ton actuel ? C’était par esprit de vengeance ou pour te rendre jaloux ?

Nathan : Non, pas du tout. Je crois que mon copain avait juste envie de sexe et il n’a pas eu la patience d’attendre mon retour.

 

Culture Gay : Comment l’as-tu appris ?

Nathan : Seulement deux semaines plus tard. Nous passions la soirée quand mon copain est allé aux toilettes. À ce moment-là, son téléphone a bipé et j’ai vu qu’il recevait un message de mon ex. J’étais très surpris, alors quand il est revenu je lui ai demandé ce qui se passait. Mon copain s’est mis à bafouiller et à parler une autre langue. Il ne sait pas mentir et j’ai compris qu’il s’était passé quelque chose. Il a fini par m’avouer la vérité.

 

Culture Gay : Tu lui en as voulu ?

Nathan : Sur le coup non, car il ne se sentait pas coupable. Mais après réalisé la peine que j’ai ressenti, il a commencé à regretter. Puis il m’a dit que ce n’était pas un drame et que je devais l’accepter… Il ne m’a jamais vraiment rassuré en me disant qu’il ne recommencerait pas, même quand je lui demandais… J’ai essayé de lui pardonner, mais au fil des semaines on s’est vus de moins en moins. Nous n’avions plus grand chose à nous dire. Nous avons finalement décidé de mettre fin à notre relation. Je crois que même s’il ne m’avait pas trompé nous aurions rompus. C’est la raison pour laquelle je ne lui en veux pas tellement.

 

Culture Gay : C’est important pour toi la fidélité ? Quand on te trompe tu considères cela comme une trahison ?

Nathan : Pour moi  la fidélité c’est important, mais en fait, la fidélité est une branche de ce qui est le plus important dans un couple : Le plus important c’est LA CONFIANCE. Sans cela, aucun couple ne peut fonctionner ! Quand on me trompe, je dirais exactement qu’on brise la confiance et après cela y a trois possibilités:
–  On est un couple fort (c’est très difficile) et on recolle les morceaux de la confiance même si ça prend beaucoup de temps,
–  On arrête tout,
–  Le couple continue de croire que ça va s’arranger, mais l’échafaudage finira par s’écrouler.

 

Culture Gay : Merci !

 

Culture Gay : Bonjour Esteban, tu as trompé ton copain, alors que vous n’êtes pas dans une relation livre, que s’est-il passé ?

Esteban : Je suis en couple depuis plusieurs années avec le même garçon et je l’aime profondément. Mais un jour je suis tombé sur mon ex sur un tchat. On a un peu discuté et la conversation a vite dévié autours du sexe. Nous avons échangé des photos hots et cela nous a beaucoup excité. Mon ex m’a dit qu’il avait très envie de moi et c’était réciproque. Nous nous sommes retrouvés un peu plus tard il est venu me chercher pour m’emmener chez lui et nous avons pris un super pied.

 

Culture Gay : Sexuellement, c’était mieux qu’avec ton copain ?

Esteban : Étrangement c’était plus câlin. On s’est revus cinq fois pour faire la même chose et puis j’ai décidé d’arrêter car je me sentais trop mal.

 

Culture Gay : Mal vis-à-vis de ton copain ?

Esteban : Oui, j’avais trop l’impression de le trahir. On en n’a jamais parlé et il a jamais rien su de ces aventures.

 

Culture Gay : Tu n’as jamais eu envie de recommencer ?

Esteban : Non, c’est du passé. J’ai oublié ce passage. Je suis heureux avec mon copain.

 

Culture Gay :  Comment réagirais-tu si tu apprenais que lui te trompait.

Esteban : Je ne sais pas. Mal. Je pense que je partirais.

 

 

 

Paula Dumont coup de cœur littéraire de Culture Gay

Paula Dumont, coup de cœur littéraire de Culture Gay !

 

Auteure de nombreux ouvrages à propos de l’homosexualité, Paula Dumont sort aux éditions de l’Harmattan un ouvrage captivant. Dans “Autobiographie, Féminisme, homosexualité, écriture, milieu social, profession”, Paula Dumont livre un véritable témoignage que beaucoup devraient lire, tant elle sait montrer les embûches semées sur le chemin des femmes qui vivent souvent seules. En effet, dans la France de la fin des années 60, elle a dû  faire sa place dans un pays où les femmes étaient souvent reléguées aux tâches ménagères. Courageuse, tenace et volontaire, la petite fille qui pensait qu’elle était seule à aimer les femmes, va connaître un destin intellectuel dense et enrichissant. Nous lui avons demandé de répondre à nos questions et “Déesse merci !” elle a accepté notre invitation. Paula Dumont est notre coup de cœur littéraire.

 

Culture Gay : Bonjour Paula, comment allez-vous ? Pouvez-vous vous décrire en quelques mots ?

Paula Dumont :  Je vais bien, merci ! J’ai 71 ans, je suis retraitée de l’Education nationale depuis 11 ans, j’étais professeur de lettres. Depuis mon départ à la retraite, je publie des livres sur l’homosexualité. A ce jour, j’en ai publié dix.

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