Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge

Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge

 

Culture Gay : Les Editions Textes Gais viennent de sortir “Le refuge des cow-boys: 10 nouvelles en faveur du Refuge” pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ?

Textes Gais publie régulièrement des ouvrages de nouvelles en faveur du Refuge, notamment Un cadeau de Noël pour le Refuge, Des vacances pour le Refuge (disponibles aujourd’hui uniquement en numérique) et aujourd’hui Le refuge des cow-boys. Textes Gais apporte ainsi sa petite pierre à l’édifice. Le hasard fait que je suis allé voir cette semaine un film sur les jeunes du Refuge, invité par cette association. J’ai pu discuter avec certains jeunes qui m’ont dit l’importance qu’a le Refuge dans leur vie. Non seulement un lit, un repas, un accompagnement vers le travail, mais un sourire, des bras bienveillants. C’était touchant. Il faut développer des lieux comme cela.

Culture Gay : A quoi peut-on s’attendre en lisant ce recueil de nouvelles. Est-ce plutôt érotique, fantastique, historique ?

Je laisse la parole ici à Nicolas Noguier, président du Refuge qui m’a envoyé un petit mot : « Coucou, je viens de finir de le lire et j’aime beaucoup : c’est tendre et fougueux à la fois. Je valide ! » Les textes érotiques étaient interdits car il s’agit également de la bonne image du Refuge, mais certains auteurs ont réussi à place çà et là quelques scènes de sexe. J’avais bien sûr besoin de l’accord de Nicolas pour les publier. Sinon, chaque texte développe un univers très différent si vous connaissez NM Mass, Jean-Paul Tapie ou Sébastien Monod entre autres, ce sont chacun des pointures avec des styles quelque peu différents. Sébastien cisèle chaque phrase, NM Mass et sa co-auteure Emma Kat laissent aller leur fougue en écrivant juste d’un seul trait.

Culture Gay : “Le refuge des cow-boys” est également un très bel objet, il a été prévu en vue de l’offrir pour Noël ?

Oui, je voudrais d’ailleurs remercier Jimmy Sabater, le maquettiste, qui a fait un superbe travail. Tout le monde adore. Il a fait de ce roman un bijou. Tout est parfait pour en faire un cadeau de Noël : la couverture, les nouvelles et aussi les droits d’auteur qui vont au refuge.

Culture Gay : Les maisons d’éditions LGBT disparaissent de plus en plus. Les Editions Textes Gais est l’une des rares à tenir le coup, c’est grâce à la richesse et la diversité de votre catalogue ?

La lecture a changé, Amazon a laissé la parole aux petits auteurs en leur facilitant la publication. Mais bien avant Amazon, Textes Gais le faisait. Plutôt que publier uniquement que des chefs d’œuvre de littérature, Textes Gais préfère donner leur chance aux jeunes auteurs pourvu que l’histoire et le style se tiennent. D’où un certain éclectisme. Les lecteurs le savent et choisissent un titre en fonction de leur goût. Les auteurs s’y sentent dès lors en famille. C’est ce qui fait sa force. Textes Gais affiche près de 380 titres en numériques, et 60 au format papier.
Ici en numérique :
https://www.7switch.com/fr/list/publisher-1786-editions-textes-gais/page/1/da
Ici en papier :
https://motsbouche.com/46-editions-textes-gais

Culture Gay : Trois raisons pour offrir un livre plutôt que tout autre cadeau à Noël ?

Un livre fait toujours plaisir, c’est un cadeau pérenne qu’on aime à partager, c’est une évasion à petit prix. Textes Gais est bien moins cher que n’importe quel grand éditeur.

Youtube et son offre LGBT

Google essaie de reprendre la recette qui a fait le succès de tous ses concurrents, même s’il est difficile d’être bon sur tous les fronts. Après le moteur de recherche, les mails, la suite bureautique, le stockage, la musique…, le géant du net essaie de transformer Youtube en monétisant certains contenus.

Une nouvelle catégorie LGBT pourra vous dépanner pendant une soirée, mais l’offre paraît ridicule (10 films), quand on sait que des dizaines de milliers de titres sont proposés gratuitement par les auteurs gratuitement hors catalogue.

On aimerait vraiment un service qui propose une grande partie de l’immense culture LGBT. Netflix propose du contenu (en grande partie américain), mais cette catégorie fait encore figure de parent pauvre comparée . Le site Sens critique recense plus de 120 films on aimerait trop les avoir tous à portée de télécommande ou de tablette

Films gays et LGBT sur Youtube

La culture est l’un des droits fondamentaux de l’homme. Les LGBT sont encore très en retard sur cette question, un comble quand on sait que nous sommes dans les plus grands consommateurs de culture !

 

B-Class d’Aline Khor une pentalogie romantique en première classe

Aline Khor sort une saga en 5 tomes (pentalogie) autour de deux garçons que tout oppose. On passe un très bon moment en compagnie d’Icare et Riùn, et Aline Khor nous rappelle que lorsque les histoires sont bien écrites, on peut les suivre sans fin.

Culture Gay : Bonjour Aline Khor. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Aline Khor : Bonjour Culture Gay, je tiens tout d’abord à vous remercier pour cette demande d’interview. Je suis touchée de l’attention que vous me portez.

En quelques mots, j’aurais du mal à me présenter car faudrait-il déjà que je parvienne à me comprendre. Mes sentiments et mes émotions sont un tourbillon dans lequel je me laisse entraîner, tourbillon qui entretient sûrement ma créativité. Souvent j’ai l’air d’un tyran sans empathie, d’une personne forte, insensible et inébranlable. J’ai le sang chaud et le parler franc, j’ose tout pour cacher des insécurités et des angoisses qui me pourrissent la vie. Je suis beaucoup plus sensible qu’il n’y paraît et je n’ai pas la confiance en moi que mon humour noir et mes sarcasmes s’efforcent de feindre.

Ma sensibilité et mes fragilités doivent sûrement ressortir dans B-Class, puisque le personnage d’Icare est ma copie conforme. À cela près que j’ai moins de barbe et que je suis de gauche, mais ses piques cinglantes, ses dépressions et la pression qu’il s’inflige sont totalement miennes. Je suis sûrement un peu borderline quelque part, mais bon on s’y fait et on vit avec. Les artistes sont tous dérangés de toute façon.

Culture Gay : Vous commencez votre carrière d’auteur par une œuvre monumentale, véritable saga en 5 tomes ! Comment vous est venue cette rage d’écrire et ce besoin d’une si longue histoire ?

Aline Khor : Disons que la rage d’écrire, je l’ai toujours plus ou moins eue. Dès l’enfance je créais des histoires et je commençais des romans à la pelle, qui en général ne dépassaient pas les trois chapitres (rire).

À l’âge de quatorze ans je m’y suis mise sérieusement et l’habitude d’écrire presque tous les jours ne m’a jamais quittée. Créer permet de m’exprimer, de dénoncer et de faire rêver des dizaines de personnes, pourquoi je m’en priverais ? C’est la seule chose qui me fait me sentir bien, utile, digne d’intérêt. Chaque chapitre que je termine, chaque compliment que je reçois me procurent une fierté immense et font que je ne craque pas.

« Je ne peux pas mourir maintenant, je n’ai pas fini mon roman. », m’étais-je dit en 2013 tandis que mes jambes se balançaient dans le vide qui séparait le toit du sol. Aujourd’hui c’est toujours d’actualité et même si l’art ne m’a pas encore sauvée, la rage d’écrire rime pour moi avec la rage de vivre.

Quant au besoin dont vous parlez, ce n’était pas tant un besoin d’écrire « une longue histoire » sinon « d’écrire B-Class ». Quand j’ai commencé le roman en mai 2017, je ne savais pas trop dans quoi je me lançais. J’avais juste laissé cogiter mes idées pendant un an et demie et je ne pouvais plus attendre de commencer. J’avais quelques grandes lignes au brouillon et le reste est venu tout seul, avec sa dose de doutes, de crises de nerfs et de questions existentielles. C’est ça l’inspiration.

Si l’œuvre est longue c’est parce que c’était nécessaire qu’elle le soit, je n’ai décidé de rien. Ce n’était pas un challenge d’écrire mille-deux-cent pages, ce n’est pas spécialement une fierté, c’est juste B-Class.


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Ce que j’ai subi est et restera impardonnable, David Vigrid

Après notre chronique à propos de “Des trucs de grands”, excellente biographie romancée de David Vigrid, l’éditeur nous a permis d’entrer en contact avec cet auteur qui nous a ému et tant donné envie d’en savoir plus.

Culture Gay : Vous signez un livre-confessions magnifique dans lequel vous dénoncez les abus sexuels dont vous avez été victime de 6 ans à 14 ans. Qu’est-ce qui vous a décidé à vous livrer dans un texte, plutôt que d’en parler à quelqu’un ? Avez-vous envoyé un exemplaire de votre texte à Tom, votre agresseur ?

Premièrement, encore merci pour votre post sur votre site. Ecrire, dessiner, peindre ont toujours été des médias plus simples et plus sibyllin pour moi que de me livrer oralement. Comme je le dit à plusieurs reprises dans mon roman : mon histoire, ma peine, ma souffrance… Ma façon de vivre avec et d’avancer, de positiver. Et non, contrairement à mon alter ego de papier, je n’ai plus jamais revu « Tom ». J’ai tenté de le chercher mais sans succès et sans réelle envie non plus, je dois en convenir, de le retrouver.

Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais
Des trucs de grands de David Vigrid, Éditions Textes Gais

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Culture Gay censurée 3 jours par Facebook

Facebook a de nouveau décidé de bloquer la page Culture Gay (92.000 followers, près de 90.000 fans).

Nous apprenons ce matin que nous ne pouvons plus contrôler la page Facebook Culture Gay. En effet, l’un de nos sondages ludiques a semblé heurté la sensibilité de certains censeurs :

“Préférez-vous les visages lisses ou les visages barbus ?”, aurait enfreint les “règles de la communauté”.

Cette nouvelle censure intervient après des posts à propos du “dérapage” du Pape François qui faisaient un véritable buzz sur la toile et connaissant énormément de réactions et de partages.

L’administrateur principal de Culture Gay à demandé à ce que cette décision soit réétudiée… sans obtenir de réponse pour l’instant.

Un mail a été envoyé mais la requête a été refusée.

Mon coming out a été catastrophique !

Nicolas a attendu la quarantaine avant de faire son coming out. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Peut-être se doutait-il qu’on ne l’accepterait pas si facilement. Ses appréhensions se sont finalement révélées parfaitement fondées. Malheureusement. Il a accepté de répondre à nos questions.

 

C’est le 20 avril 2012 que Nicolas décide de réunir tout son courage pour affronter le regard familial en leur révélant la vérité. Il ne s’attend certainement pas à ce que ses parents l’accueillent à bras ouverts, mais encore moins à des réactions qui vont le marquer pour le restant de ses jours :

-Je voulais vous dire que je suis amoureux d’un homme, leur dit-il, un peu hésitant.

Aussitôt le regard de son père s’assombrit. Il frappe deux fois son poing sur la table si fort que Nicolas se demande si elle ne va pas se casser en deux. Il devient aussitôt incontrôlable. Loin de calmer son mari, la mère en rajoute :

– Tu n’es plus notre fils ! hurle-t-elle aussitôt. Lorsque tu as eu cette bronchite aiguë, à l’âge de 7 ans, j’aurais mieux fait de te laisser mourir !

Nicolas explique aujourd’hui  leur réaction, comme pour les excuser : “Mes parents sont pentecôtiste et Italiens”

-Je veux ma place au ciel, poursuit son père qui ne décolère pas. Je préfère perdre mon fils, plutôt que de perdre ma vie eternelle !!

Nicolas comprend très vite que la situation est irréparable, “Pour eux, je suis mort. Je n’existe plus”, confie-t-il. “Je n’ai plus aucun contact avec eux depuis 6 ans. Ma seule chance a été d’être bien entouré, grâce à mon petit frère et à ma cousine. Parce que je l’avoue, j’ai souvent pensé au suicide, dans ces moments-là. Le stress qui a suivi mon coming out a été extrêmement difficile à supporter.”

Malgré toute la détresse qu’il a connue, Nicolas ne regrette rien :

-Si c’était à refaire, je recommencerais. Le coming out est une véritable libération. D’ailleurs, même si pour moi ça a été horrible, je conseille toujours aux autres de dire la vérité. Mais il faut d’abord bien réfléchir aux conséquences de cette révélation, car elles peuvent être très graves, même si au bout du compte il en ressort toujours quelque chose de positif.