Anne Pigalle, la muse des stars n’a pas dit son dernier mot

Anne Pigalle, artiste aux multiples talents

Anne Pigalle est une icône underground qui a choisi l’Angleterre pour patrie. C’est une artiste avec un A comme Amour, une muse discrète mais que l’on a vu partout. Vous l’avez peut-être rencontrée sans le savoir, au détour d’une publicité pour du parfum, sur une couverture de magazine, dans une exposition, derrière des lunettes de soleil, chez Ardisson ou à un concert.

 

Jimmy Sabater : Bonjour Anne Pigalle. Vous vous définissez comme artiste “multimédia” pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Anne Pigalle : Bonjour ! Je suis primordialement une chanteuse , c’est a dire que la voix et l’émotion est mon intérêt principal (même si je fus brièvement guitariste dans un groupe de filles punk a l’époque) . Après vient l’écriture des chansons, leur production, musicienne, vidéaste, poète, peintre, photographe, performeuse, et j’en oublie. Je commence le film pour mon prochain album en janvier en tant que cinéaste, interprète et chanteuse, évidemment. Je me mets en scène, je fais mon cinéma. Je n’aime pas tellement cette expression de multi média artiste, alors parfois, je me fais aussi appelée The last Chanteuse, pour rappeler l’opposé de multi media artiste et peut être sa complémentarité dans non travail. S’y retrouve qui pourra ou qui voudra. Mon travail a regroupé et développé toutes ces techniques ces 15 dernières années, je peux même dire que quand j’ai commencé à peindre, il y avait peu de chanteurs/chanteuses qui le faisaient, donc toujours un peu a l’avant garde, votre chanteuse. Mais toutes ces facettes sont reliées à mon travail de performeuse, jamais séparées, pour créer the big picture. Je pourrais m’étaler sur ce chapitre de ma vie mais tout ce travail se culmine dans le projet sur lequel je travaille actuellement, donc, a suivre…

Anne Pigalle, artiste aux multiples facettes

Jimmy Sabater : Vous avez récemment fêté vos 40 ans d’exil à Londres à la Blasé Gallery. Vous ne regrettez rien du pays des mangeurs de grenouilles ?

Anne Pigalle : Je regrette presque tout de ce pays, et compte bien y venir plus souvent dorénavant . Que voulez-vous ? Je me sens comme en mission sur cette terre… En anglais ils disent “ I want my cake and eat it “. Sans fausse modestie, j’aurais pu être la plus grande chanteuse française actuelle, mais il était primordial pour moi d’établir mon travail a l’étranger. Je suis jusqu’à ce jour la première et seule chanteuse française signée directement à un label anglais. Rome ne sait pas fait en un jour, et je compte bien savourer mon pays d’origine sous peu. On dit nul n’est prophète en son pays… à suivre…

 

Jimmy Sabater : Vous avez connu un parcours artistique exceptionnel, car vous avez croisé les personnalités les plus en vue de la scène internationale (David Bowie, Andy Warhol, Nick Knight, Iggy Pop, Johnny Depp, Tim Burton…), vous auriez sans doute pu choisir une carrière plus commerciale, pourtant vous avez toujours préféré vous réinventer et sortir des sentiers battus :

Anne Pigalle : Oui, jusqu’à présent. Je n’ai jamais voulu avoir tout tout de suite, parce que après, il reste quoi? Construire tout doucement pour déguster l’apothéose finale m’intéresse beaucoup plus. Je ne me suis jamais sentie aussi satisfaite de mon travail qu’a l’heure actuelle. Je recherche une vérité artistique pour pouvoir la partager avec mes fans et mes amis. Cela a pris du temps mais j’y suis finalement arrivée. Ce n’est pas une démarche très a la mode dans ce monde devenu si superficiel, mais c’est mon chemin a moi, verra qui rira le dernier. Je ne considère pas non plus mon travail non commercial puisque les chanteuses corporates commerciales américaines m’ont toutes copiées 😉 elles avaient juste un peu plus d’argent derrière, mais ne m’ont jamais égalées dans l’authenticité de la création, car il n’y a vraiment que le précurseur qui peu donner le sens a l’intention. Comme je dis, verra bien qui rira le dernier…

 

Jimmy Sabater : Votre collaboration avec Trevor Horn (producteur de Robbie Williams, Seal, Texas, Lisa Stansfield, Belle and Sebastian, Tina Turner, Grace Jones,  Frankie Goes to Hollywood…) vous a offert une exposition internationale immédiate, comment avez-vous vécu ces années de gloire ?

Anne Pigalle : Le chapitre Trevor Horn n’était pour moi qu’un chapitre d’apprentissage dans mon parcours, les années de gloire sont encore à venir, il y avait un peu de presse, c’est vrai, mais la maturité a ses avantages, si on arrive a garder la fraîcheur artistique. J’ai rencontré pas mal de stars c’est vrai, mais cela s’est plus passé a travers le club que j’avais créé à Londres, qui fut le club le plus célèbre que Londres n’est jamais vu (Les Nuits du Mercredi au Café de Paris), non pas grâce à Trevor Horn. La personnalité qui m’a le plus influencée fut Donald Cammell (responsable pour le film performance avec Mick Jagger et James Fox) , que j’ai rencontré dans les années 90 a L.A., donc après mes années 80 a Londres, car il était véritablement un artiste. Il me respectait comme je le respectais, ce fut un vrai encouragement. Mon film, que nous avions commencé, lui sera dédié, ainsi qu’a ma mere.

 

Jimmy Sabater : Avez-vous été en contact avec ces artistes prestigieux ? Avez-vous des anecdotes à partager avec nous ? Qui vous a laissé les meilleurs souvenirs ?

Anne Pigalle : Tellement d’anecdotes et de gens fascinants ! C’est parfois dur de s’en souvenir. Lors de ma rencontre avec Leonard Cohen, j’en suis tombée de ma chaise, car j’étais tellement impressionnée…Par exemple…. Ou Johnny Rotten a l’époque Punk qui m’appelait  Fifi (mon anglais s’est amélioré depuis). Johnny Depp voulu m’acheter une guitare lors de son passage a Paris, mais toute les boutiques de musique étaient fermées a Pigalle ! Rien n’est parfait décidément Juste 2/3 choses qui me viennent a l’esprit parmi des centaines. Andy Warhol m’appelait Anne de Pigalle. Barbet Shroeder (metteur en scène de Maîtresse), m’appelait l’ultime maitresse (the ultimate dominatrix) ! La liste est longue…

 

Jimmy Sabater : Votre album “Everything Could Be So Perfect” (ZTT Records, 1985) a fêté ses 30 ans et il a très bien vieilli, contrairement à de nombreux disques de cette époque. On peut dire que la mélancolie de vos chansons à la fois imagées et poétiques s’est bonifiée avec le temps ? Avez-vous participé à cette réédition ?

Anne Pigalle : Je n’ai pratiquement aucun droit sur les enregistrements, tout cela a été fait dans mon dos. Les escrocs dans le business, ce n’est pas nouveau. J’adore ce que disait justement Leonard Cohen a propos de sa chanson Suzane. “Laissez leur la maigre satisfaction de voler et posséder les droits, ils ne pourraient jamais écrire des chansons comme celle-ci “.

 

Jimmy Sabater : Vous avez autoproduit plusieurs albums et EP, pensez-vous que les nouvelles technologies rendent les artistes plus libres et que l’ère des maisons de disques ou des éditeurs se termine ?

Anne Pigalle : Tout se joue à des niveaux différents. Indépendant ou pas, l’important c’est d’avoir quelqu’un qui vous soutienne . J’ai fait beaucoup de choses toute seule, c’était beaucoup de travail, heureusement que j’avais les anciens fans et aussi des nouveaux pour me soutenir. Mais dorénavant, plus de collaboration et plus de soutien des gens du business ! ‘Je sors’ de ma coquille en quelque sorte.

 

Jimmy Sabater : Il y a trois ans vous avez publié le trailer de “Histoire d’Anne Pigalle”, où en est ce projet ?

Anne Pigalle : C’est le film/ album sur lequel je travaille, sous un autre nom.

 

Jimmy Sabater : Aujourd’hui vous exposez vos peintures, vous créez des vêtements, vous chantez et lisez des textes littéraires lors d’happenings dans des expositions. Anne Pigalle est-elle une artiste épanouie ?

Anne Pigalle : OUI, mais va l’être encore plus sous peu.

 

Jimmy Sabater : Vous qui avez connu une époque d’intense créativité où les artistes cherchaient à se démarquer les uns des autres à travers une certaine originalité. Comment voyez-vous la scène musicale actuelle ?

Anne Pigalle, selfportrait

Anne Pigalle : Soyons honnêtes: nulle. Aucune originalité, discours, vision, enfin rien. Cela va changer bien sur car tout est cyclique . Je me souviens d’une interview de Nina Simone lors d’un passage télé dans les années 80 ou on lui demandait ses artistes préférés du moment. Elle a répondu : aucun. Le présentateur lui repose la question sous une autre forme, elle re répond : aucun. Elle avait raison. Nous n’avons pas vu de grandes personnalités et artistes depuis longtemps . Trop d’homogénéité Facebook !

 

Jimmy Sabater : Quelles sont vos coups de cœur musicaux actuels ?

Anne Pigalle : La bande son original de Twin Peaks The Return (and the film series), est mon album préféré de 2017. De loin.. Comme certains le savent, nous avons beaucoup en commun moi et David. Sinon j’écoute surtout des vieux trucs, de jazz a punk, en passant par musiques de films, chanson française, tout quoi.

 

Jimmy Sabater : En tant qu’artiste, si tout devait s’arrêter demain, qu’est ce que vous aimeriez que le public garde de vous comme leg artistique ?

Anne Pigalle : Un sourire en coin de bouche et un clin d’œil complice… Un peu comme Orson Welles…

 

Jimmy Sabater : Merci beaucoup !

Anne Pigalle : MERCI A VOUS !

 

L’histoire d’Anne Pigalle

https://www.youtube.com/watch?v=hifsoLUDN-o&feature=youtu.be

 

Pour en savoir plus :

http://www.annepigalle.com/

https://en.wikipedia.org/wiki/Anne_Pigalle

https://www.discogs.com/artist/59637-Anne-Pigalle

https://fadmagazine.com/2017/03/15/anne-pigalle-celebrates-the-soho-of-dreams-and-desires-les-ptites-femmes-de-soho/

 

Discographie sélective :

Everything Could Be So Perfect… ZTT 1985

The No Title Amerotic II ‎(CDr) Not On Label (Anne Pigalle Self-released) none 2003

The No Title Amerotic ‎(CDr) Not On Label (Anne Pigalle Self-released) none 2003

L’Âme Érotique ‎(21xFile, AAC, Album, 256) Not On Label (Anne Pigalle Self-released) 2011

Madame Sex And L’Âme Érotique ‎(CDr, Album) Not On Label (Anne Pigalle Self-released) 2013

 

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