« Les Amazones » découvrez les coulisses d’une histoire d’amour gay qui fait le tour du monde

Les-Amazones-2015-Jean-Marie-Chevret

 

Culture Gay est allé voir pour vous la nouvelle mise en scène des « Amazones », de Jean-Marie Chevret. Nouvelle distribution, textes revus, nouveaux décors… Tous ces efforts se voient couronnés de succès car l’émotion est au rendez-vous et même si on a déjà vu la précédente version des « Amazones» et des « Amazones, 3 ans après », le plaisir reste intact. On se surprend à rire aux éclats, à être ému par certaines situations et même à verser une larme à un moment de la pièce. Les acteurs sont tous formidables. On adore d’emblée ces trois actrices qui donnent toute leur énergie à faire tourner les rouages d’un moteur parfaitement huilé. Les deux jeunes hommes sont crédibles, mignons et l’un d’entre eux ira même jusqu’à se montrer nu sur scène ! Bref, nous avons adoré et nous vous recommandons ce spectacle, même si vous l’avez vu à la télévision. Il y a ici  beaucoup de travail mis en œuvre, mais surtout, du talent, à chaque étape de cette superbe création.

Jean-Marie Chevret.

Jean-Marie Chevret.

CG : Bonjour Jean-Marie Chevret, vous qui êtes l’auteur de cette pièce,, comment vous est venue l’idée d’écrire « Les Amazones » ?
Jean-Marie Chevret : C’était il y a quinze ans. J’étais en week-end avec des amies célibataires ou divorcées et au cours d’une soirée elles ont commencé à faire une sorte de vœu pieux « Nous allons nous installer toutes les quatre en collocation, sans mec et nous pourrons manger, et profiter de la vie ». Nous partions aussi du constat que passé un certain âge, il devient de plus en plus difficile de se caser. Et en écrivant la pièce, je me suis dit qu’un beau garçon d’une trentaine d’années allait tout chambouler dans l’équilibre de ce trio féminin. Je ne pouvais en aucun cas le faire finir avec l’une des filles. C’était impossible. D’où l’idée du petit voisin gay…

 

CG : Est-ce qu’au tout début des « Amazones » vous vous êtes sentis « soutenus » par la communauté gay ?
JMC : Le public gay est très exigeant car c’est un public de qualité. La plupart des gays sortent, lisent… Ce qui les a séduits dans « Les Amazones », ce n”est pas tellement l’aventure entre les deux garçons, mais c’est le rire, la rapidité des dialogues, les échanges avec les comédiens. Mais, pour répondre à votre question, les gays ne sont pas tous venus spontanément voir la pièce. Cela s’est fait petit à petit… D’ailleurs nous faisons le constat, à chaque représentation, que c’est assez clairsemé. Et c’est bien car ce qui me fait plaisir, c’est l’idée qu’avec une pièce de théâtre on peut faire passer beaucoup de choses. Quand nous avons joué cette pièce en tournée dans des villes comme Angoulême, Bordeaux, Besançon, Nancy, etc, c’est que l’ensemble du public applaudit quand les deux garçons s’embrassent.

 

CG : Nous avons aussi trouvé, à travers votre écriture, un certain respect, une émotion dans les sentiments des trois femmes.
JMC :
Ça c’est la qualité des actrices !

 

CG : La pièce est jouée à nouveau depuis février 2016, qu’est-ce qui a changé par rapport à la précédente version ?
JMC :
Douze ans après, j’ai simplement adapté les dialogues à la société d’aujourd’hui, changé les expressions de dialogues du quotidien qui évoluent aussi.
CG : Au cours de ses 1200 représentations, la pièce a connu de multiples castings, est-ce que le public s’attache à différents personnages, suivant chaque distribution ?
JMC :
Non, car ce sont les personnages qui priment sur la distribution. Chaque actrice est formidable à chaque fois. Prenez Sonia Dubois (qui l’a joué le plus), Fiona Gélin, Virginie Pradal, Chantal Ladesou, Certains spectateurs sont venus voir la pièce 5 ou 6 fois, toujours avec le même plaisir, quel que soit le casting.

 

CG : Est-ce que vous avez un droit de regard sur la casting de la pièce ?
JMC :
La décision a été prise de façon collégiale avec les deux metteurs en scène. La décision a été facile. Sonia Dubois, bien sûr ! Marie-Bénédicte Roy avait déjà joué la pièce en remplaçant Fiona Gélin dans « Les Amazones », Nicolas Vitiello et Anthony Marty sont deux jeunes qui apportent un nouveau dynamisme à la pièce. Nous leur avons fait passer un casting et ils ont été choisis.

 

Les-Amazones2CG : Le fait qu’une pièce comme « Les Amazones » connaisse un tel succès a probablement changé votre vie…
JMC :
Oui, c’est vrai. Je viens d’ailleurs d’aller voir la pièce à Rome. Dans la version italienne, les actrices sont plus âgées. Il y a d’ailleurs Corinne Clery qui a joué dans le film « Histoire d’O ». Ce sont des couguars de 60 ans avec un homme de 35 ans.

 

CG : Peut-on vous poser des questions plus personnelles ?
JMC :
Si je suis gay ? Oui ! (rires)
CG : À partir de quel âge avez-vous commencé à écrire ?
JMC :
À dix-huit ans j’étais au cours Simon, dans la même classe que Chantal Ladesou et j’ai commencé à avoir des idées. Mais j’étais jeune… Pendant douze ans, j’ai fait tout autre chose. J’ai travaillé sur des paquebots, histoire d’élargir un peu mes horizons. J’avais des choses en gestation et c’est vers la trentaine que je me suis vraiment mis à écrire. Il y a ensuite eu ma rencontre avec les Vamps. Pendant douze ans j’ai collaboré avec elles deux pour l’écriture des textes et des spectacles. Ensuite j’ai écrit le « Squad », ma première pièce… Je dois en être à une vingtaine de spectacles écrits.

 

CG : Pourquoi avoir choisi l’écriture de pièces de théâtres et de spectacles plutôt que des romans ou des scénarios de films ?
JMC :
Parce que je suis un bavard impénitent et qu’écrire une pièce de théâtre c’est déjà écrire des dialogues. Dans cet univers, je suis comme un poisson dans l’eau.

 

Culture G : Quels sont vos projets ?
JMC :
Je viens d’écrire une pièce qui devrait sortir en septembre 2016 et qui s’appelle « Vive le marié » à propos du Mariage pour tous. Je n’ai pas créé une pièce axée principalement sur les deux garçons qui se marient, mais à propos des réactions de leurs parents respectifs… J’ai aussi envie d’écrire une comédie sur la maladie d’Alzheimer. On peut rire de tout. J’ai également une autre pièce qui s’appelle « Le Cri de la cigale » qui vient d’être inaugurée à Rome en italien. C’est sur les familles recomposées, le fait que l’on peut tomber amoureux à cinquante ans, comme on le ferait à dix-sept ans. Malheureusement, lorsqu’il y a de chaque côté des enfants de dix-neuf, vingt ans, ce n’est pas très facile !

 

CG : Merci pour ce scoop ! Culture Gay a justement pris tout son sens au moment de ce débat. Alors pourquoi avoir choisi ce sujet ?
JMC :
J’habitais Barcelone depuis trois ans et quand j’ai vu plus de deux millions de français dans les rues, cela m’a plutôt radicalisé. Je trouvais les propos de certains homophobes incroyables. En Espagne, le mariage est passé les doigts dans le nez alors qu’en France, cela a viré aux émeutes. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire cette pièce.

 

CG : Merci beaucoup d’avoir accepté de partager un peu de votre temps !

 

Les-Amazones3Casting :
Sonia Duboix – Martine
Virginie Pradal – Annie
Marie-Bénédicte Roy – Micky
Hugo Leboeuf – Loïc
Nicolas Van Beveren – Guillaume
Nicolas Vitiello – Metteur en scène
Anthony Marty – Metteur en scène

LES AMAZONES
Du mardi au samedi à 20h30
Matinée le samedi à 17h00

Théâtre DAUNOU
7, rue Daunou
75 002 PARIS

Location : 01.42.61.69.14
de 14h à 18h le lundi,
de 13h30 à 20h du mardi au samedi,
fermée le dimanche

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