Abbé de Choisy, l’immortel travesti, par Christine Dauzère

Abbe de Choisy éternel travesti, de Christine Dauzère

Abbe de Choisy éternel travesti, de Christine Dauzère

Résumé : Personnage étonnant qu’est l’abbé de Choisy. Ami d’enfance de Monsieur, frère du Roi, connu pour aimer les hommes, il s’exhibe en vêtements féminins à la Cour de Louis XIV, ainsi que dans les salons littéraires. Il ose être lui-même, à une époque où le « vice italien » est fermement condamné par le Roi-Soleil. Il aime les femmes, mais apprécie également la compagnie des hommes. Ses amours sont aussi tumultueuses que sa foi est grande. Pieux, il l’est, mais jamais austère, ce joueur compulsif est acteur de théâtre dans sa jeunesse. Fin politique, il devient ambassadeur au Siam et apprend l’italien en un temps record pour influencer l’élection du pape Innocent XI. L’abbé de Choisy écrit une vingtaine d’ouvrages sur la religion et les rois de France. Ses talents d’auteur lui ouvrent les portes de l’Académie française, qui se résigne à ses jupons. Il devient le seul Immortel travesti. Son humour, son esprit de tolérance avant-gardiste font de lui le confident du Roi. Sa vie extravagante, hymne à la liberté et à l’amour, mérite d’être racontée.

Christine Dauzère

Christine Dauzère, écrivain.

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Je m’appelle Christine Dauzère. Après avoir travaillé en région parisienne, je m’installe dans le Gers et prends le temps d’écrire. En août 2014, j’envoie l’Esclave du Roi, à une dizaine de maisons d’éditions. Beaucoup m’encouragent par courriel. Ce premier roman fait partie du catalogue des Editions du Mérite jusqu’en septembre 2017.

Je décide de persévérer avec Abbé de Choisy, l’Immortel travesti en octobre 2016. Pierre Ernoult m’a répondu favorablement en quatre jours, nous avons finalisé les corrections en un temps record, je salue son professionnalisme, j’en profite pour le remercier de nouveau.

 

L’Esclave du Roi, quel drôle de titre !

Ce roman s’inspire de l’histoire du roi babylonien Nabuchodonosor II qui offre la septième merveille du monde antique à sa jeune épouse mède en 600 avant J.C. Un jardin suspendu dans les airs, accroché à un palais immense. Halliyan, un cruel roi guerrier tombe éperdument amoureux de Zia, une princesse à peine pubère. Entre ces deux êtres, ce n’est pas seulement un coup de foudre, c’est un choc des cultures, qui questionne sur la place de la femme dans cette société très hiérarchisée, où le souverain ne peut pas faire ce que bon lui semble, mais ce que dictent des lois immuables gravées dans la pierre. Ce roman a eu un petit succès d’estime, puisque des étudiants en histoire veulent se le procurer à tout prix. Comment leur prouver que c’est réellement une fiction ?

 

Abbe de Choisy éternel Travesti, de Christine Dauzere

Abbé de Choisy éternel Travesti, de Christine Dauzère

Pouvez-vous nous parler de votre dernier livre ?

Mon dernier livre est Abbé de Choisy, l’Immortel travesti, paru aux éditions Culture Commune. Après une jeunesse dissolue, François-Timoléon de Choisy devient un brillant séminariste, missionnaire au Siam, homme de lettres, ami d’enfance de Monsieur et Académicien. Ce prêtre travesti en femme bénéficie du soutien indéfectible de Louis XIV. Madame de La Fayette l’introduit dans la bonne société et l’encourage à porter perruque de femme et jupons. Il devient une figure emblématique de Versailles, grâce à l’appui de la famille royale. Mon roman détaille sa relation avec ses contemporains et sa profonde amitié pour Philippe de France, duc d’Orléans. En effet, sa vie pourrait inspirer un film : joueur invétéré et acteur de théâtre dans sa jeunesse, il manque succomber à la rougeole et fait amende honorable en se tournant vers la religion. Il apprend l’italien en un temps record pour influencer l’élection du pape Innocent XI. Il s’entretient avec Dieu, aime secrètement le frère du roi et dédicacera ses mémoires à une femme. Sa vie est un hymne à la liberté et à l’amour, qui mérite d’être racontée. Il assumait pleinement ses choix à une époque où une femme ne pouvait se vêtir d’habits masculins sous peine d’être embastillée.

 

Quelle est votre position par rapport aux publications à compte d’éditeur, à compte d’auteur, aux e-book ?

Dans tous les cas, la qualité doit être au rendez-vous. Il faut que le style soit irréprochable, quitte à se faire corriger par un professionnel si l’éditeur ne le propose pas. En effet, rien n’est plus rédhibitoire qu’un ouvrage bourré de coquilles, de fautes d’orthographe ou de maladresses. Le lecteur devient correcteur, ce qui est très désagréable ! Personnellement, j’ai eu la chance de décrocher un contrat à compte d’éditeur, et je le savoure pleinement ! Le compte d’auteur s’adresse à ceux qui veulent se faire éditer à tout prix. Gardons les pieds sur terre… Pourquoi dépenser une fortune, quand l’imprimeur au coin de sa rue vous propose le même service à moindre coût ? En effet, la distribution du compte d’auteur est souvent inexistante, vous devez acheter vos propres romans au prix fort… Sans oublier les éditeurs qui vous demandent de formater votre texte en BAT, cherchez l’erreur. Les juristes sont là pour nous conseiller, certains le font gratuitement sur leurs sites internet.

L’e-book a sa place dans le paysage culturel français, preuve en est 50 nuances de Grey, qui est au départ un e-book téléchargé des millions de fois, avant d’être adapté au cinéma. L’idéal est de trouver une maison d’édition qui propose à la fois le livre papier et sa version électronique. L’e-book peut conduire au succès. On reste songeur quand on sait que la BNF a déjà numérisé plus de trois millions de documents via son système Gallica.

 

Quel est le conseil le plus important que vous ayez reçu ?

Avoir confiance en soi et le reste suivra. Ne pas chercher une reconnaissance ou la gloire, mais faire ça pour le plaisir de partager.

 

Comment écrivez-vous ?  

Dès que j’ai un moment de libre. Parfois, cela me réveille la nuit, un film se déroule dans ma tête, et je n’ai plus qu’à l’écrire le lendemain matin, après avoir déposé mes enfants à l’école…

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Les idées me viennent en écoutant les informations, en visionnant un film ou en lisant. Une histoire germe dans ma tête, je la laisse mûrir, et soudain les personnages et les dialogues s’imposent. Je n’ai plus qu’à les coucher sur papier, du moins dans le disque dur de mon ordinateur portable, en attendant mieux…

Pour l’Esclave du Roi, j’ai visionné la série américaine la Bible sur W9 en avril 2014. Une semaine après, j’avais rédigé les trois-quart des 207 pages A5. Pour Abbé de Choisy, l’Immortel travesti, je recherchais un personnage extravagant, je l’avais sous les yeux puisque Françoise Chandernagor en parle brièvement dans l’Allée du Roi.

J’ai écrit un roman fantastique tiré d’une histoire vraie, Esprit chéri, je vais le soumettre à mon éditeur. Croisons les doigts… Je réfléchis à une histoire d’amour qui se déroulerait durant la seconde guerre mondiale, dans les îles grecques. En effet, la résistance a été féroce en Grèce, les nazis bombardaient des villages entiers, la collaboration ne faisait pas partie du vocabulaire grec. L’un des cousins de ma mère s’est battu contre les Allemands, au péril de sa vie. Même les popes prenaient les armes et cachaient les gens dans les monastères. Pour moi, ce sera une façon de leur rendre hommage.

Un journaliste de la Dépêche du Midi aime mon style et attend impatiemment Abbé de Choisy, l’Immortel travesti.

 

Comment construisez-vous vos intrigues, vos personnages ?

Pour l’intrigue, j’essaie de passionner le lecteur dès le début et de mettre une scène importante au milieu du roman. Je trouve qu’une touche d’érotisme ne nuit pas à l’ensemble, bien au contraire. Mon auteur préféré est Régine Deforges. Beaucoup l’ont critiquée, mais son roman sur Jeanne d’Arc, La Hire ou la Colère de Jehanne est excellent, même si certaines scènes font frémir. Régine suggère une relation amoureuse entre la Pucelle d’Orléans et Gilles de Rais, j’en suis encore bouleversée.

 

Quel conseil donneriez-vous aux amateurs d’écriture ?

Faire lire son manuscrit à ses proches, accepter les critiques. Si un éditeur refuse, persévérer. On cherche toujours la perle rare. Ne jamais se censurer, cf le marquis de Sade et son manuscrit inachevé Les 120 journées de Sodome ou l’école du libertinage, retrouvé dans sa cellule à la Bastille en 1789. La passion, la patience et une certaine culture ouvrent beaucoup de portes.

 

Que lisez-vous en ce moment ?

L’oiseau dans un autre ciel, Gilles-Marie Baur, Editions Saint Martin

Le sabotage amoureux, Amélie Nothomb, Le livre de poche

Histoire de la France polissonne, Patrick Caujolle, Papillon rouge éditeur

L’affaire Toutankhamon, Christian Jacq, Pocket

Une éducation libertine, Jean-Bapiste Del Amo, Gallimard.

 

Une autre passion ?

Mes enfants !

 

Votre philosophie de la vie ?

Sans hésiter : carpe diem, car nul ne sait de quoi l’avenir sera fait. Je déteste mettre des gens dans des cases : riche / pauvre, blanc / noir, hétéro / homo, grand / petit, handicapé / bien portant. Un sketch de Coluche me vient à l’esprit…

 

Un dernier mot, en conclusion ?

Je fais entièrement confiance à mon éditeur, son site internet est bien pensé :  http://tg.culturecommune.com/

 

 

 

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