Interview : Anthony Frontenac pour Mon Corps à la séance

Anthony Frontenac nous livre un témoignage puissant et très bien écrit. Il nous explique comment et pourquoi il a loué son corps sans honte à de riches hommes d’affaires ou d’autres qui économisaient pour pouvoir assouvir leurs fantasmes. Un livre très intéressant !

 

Culture Gay : Anthony, tu as raconté dans un roman autobiographique Mon corps à la séance ta vie d’escort, à quel âge as-tu commencé et quel est le moment déclencheur ?

Anthony Frontenac : On m’avait déjà proposé de l’argent à 20 ans, mais je n’étais pas assez mature pour passer le cap, et je n’étais pas dans le bon endroit non plus. Sur la Côte d’Azur, ça me semblait plus naturel. Ça s’est passé comme dans le roman. J’avais 26 ans. C’était sur un site de drague ordinaire. On m’a écrit. J’ai eu envie d’essayer, par pure curiosité.

 

Mon Corps à la séance

Culture Gay : Comment se constitue-t-on un réseau de clients ? Le bouche à oreille ou les réseaux sociaux ?

Anthony Frontenac : Le bouche à oreille, ça existe finalement sur les réseaux eux-mêmes. Les gens lisent les livres d’or. C’est comme pour les appartements sur Airbnb. S’il y a des bonnes critiques, on a envie de réserver. Mais c’est rare que les gens se conseillent des escorts entre amis.

 

Culture Gay : Tu dis que tu préparais une thèse de doctorat en même temps. Avais-tu besoin de cet argent pour la préparer ou tu voulais vivre la dolce vita avec l’argent gagné ?

Anthony Frontenac : Je n’étais pas vraiment en manque de fric, j’avais un boulot à côté, même s’il ne restait jamais rien à la fin du mois. Je ne voulais pas non plus vivre au-dessus de mes moyens. Parfois, j’ai presque l’impression que l’argent n’était pas ma motivation principale. Je mettais beaucoup de côté. J’ai fini par pouvoir financer un appartement.

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Tétraplégique suite à mon coming out

Il y a 6 mois, j’ai dit à mes parents et mon frère aîné que j’étais homosexuel et mon père et mon frère ont très mal réagis. Il ne m’ont plus adressé la parole pendant 2 jours quant à ma mère, elle pleurait souvent depuis mon coming out. Au fil des jours, mon père et mon frère m’adressaient la parole à nouveau pour m’insulter, me faire la morale comme beaucoup d’ homophobes, du style, « tu es honteux, sale pédé » ou encore « c’est pas bien, on ne t’a pas éduqué pour que que tu sois homo ». Mais il ni avait pas que mes parents qui ont mal réagi. Quand je l’ai dis à tous mes ami(e)s, beaucoup d’entre eux m’ont tourné le dos suite à mon homosexualité. Pendant 2 mois entier j’ai subi les remarques désobligeantes de mon père et de mon frère mais aussi de quelques personnes du quartier car certains de mes anciens amis avaient dis que j’aimais les garçons. On m’insultait sans arrêt, à la maison, dans la rue… C’était devenu lourd, à tel point qu’un jour, j’ai tenté de mettre fin à mes jours en prenant plein de médicaments mélangés que j’ai pris avec de l’alcool. C’est ma mère qui a voulu me réveiller et elle a vu que quelque chose n’allait pas, elle a donc appeler le Samu, j’ai eu droit à un lavement d’estomac mais toujours vivant. Je me suis dit que je devais recommencer à vivre avec ces injures. Et rien à changé, je subissais énormément d’injures de la part de mon père et de mon frère et ma mère qui ne disait rien. Je pleurais très souvent le soir, tellement j’étais triste. Je voulais m’endormir et ne plus jamais me réveiller pour être libre. Plus le temps passait, plus je me sentais pas bien, je voulais crever l’abcès avec ma famille, mais ils disaient qu’ils me reparleraient convenablement seulement si j’abandonnais l’idée d’être gay. Je leur ai expliqué plusieurs fois, que ce n’était pas un choix, mais ils ne voulaient rien entendre. Après 2 mois, je n’en pouvais plus. J’ai décidé de remettre fin à mes jours mais en faisant une tentative qui devait réussir. Je voulais me sentir libre, partir loin dans les nuages et ne plus jamais endurer toutes ces insultes au quotidien de la part de mes anciens amis, de ma famille et de voisins et inconnus du quartier… En rentrant du travail, j’ai donc ouvert la fenêtre qui menait au balcon et j’ai déposé une lettre sur la table en disant que je ne voulais plus vivre et endurer toutes leurs méchancetés gratuites. J’ai donc sauté du 3ème étage de l’immeuble. J’ai fini par aller à l’hôpital et les médecins ont réussis à me réanimer. Il a fallu m’opérer d’urgence j’avais plusieurs côtes de cassées, recoudre au crâne et les blessures lors de ma chute. Je me suis réveillé dans mon lit d’hôpital, le médecin m’a appris que j’avais eu de la chance, que j’aurais pu mourir suite à ma chute, mais que je suis paraplégique, j’ai les jambes paralysées. « Il se peut que vous ne remarchiez jamais » : m’a dit le médecin. J’étais déçu d’être encore en vie surtout quand on sait qu’on va finir dans un fauteuil roulant ! Ma famille a eu très peur pour moi. Il a fallu qu’il m’arrive quelque chose de grave pour qu’ils changent complètement et qu’il passent au dessus de leurs préjugés homophobes pour l’amour qu’ils avaient pour moi. Mais les cicatrices demeurent…

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Critique L’Amour en Cage de Taram Boyle

Voici le troisième roman de Taram Boyle. Comme les deux opus précédents, le texte est bien écrit, les descriptions sont aussi très détaillées aussi bien au niveau des sentiments qu’au niveau des sensations au cours des (nombreuses) scènes érotiques.

Tout démarre par la vision sur un site de rencontres vidéos d’un jeune homme blond nu étendu sur un lit dans une pièce vide. Il tient dans sa main un amour en cage, ce fameux fruit de la passion dont la chair délicieuse est prisonnière de ses feuilles desséchées. Cette image presque un tableau, va obséder Julien qui va y déceler une beauté et une pureté à l’opposé de ce qu’il a l’habitude de croiser sur ce site. Dès lors, il sera obsédé par ce bel inconnu, si différent, qui incarne une sorte de perfection inaccessible. Évidemment, l’un des clients de Julien (qui est coach d’entreprise) ne va pas voir cet amour d’un bon œil, i va même tenter d’y mettre un terme…
L’originalité de L’amour en cage c’est que l’un des protagonistes, aussi beau qu’il soit, ne supporte pas qu’on le touche, alors que son prétendant est un accro au sexe de premier ordre. Il va donc falloir que chacun d’entre eux fasse de gros efforts pour qu’une relation soit possible.
Pour Valentin c’est presque un travail psychanalytique qui est nécessaire pour surmonter les traumas de son enfance. Heureusement, Julien est doté de suffisamment de charmes pour le faire aller de l’avant.
Le roman est dense car, pour que Valentin soit libéré de son étouffant passé, Julien va lui proposer un pèlerinage aux sources du mal. On s’en doute, le dénouement est à la hauteur de toutes ces espérances. L’Amour en cage se dévore d’une traite. Une excellente romance érotique entre hommes comme on aimerait en lire plus souvent.

 

 

 

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